Ovnis et atome


L’analyse détaillée de l’histoire contemporaine des ovnis montre que le phénomène a, dès l’explosion de la première bombe A en 1945, coïncidé avec l’ensemble des activités humaines relatives à l’énergie nucléaire. Reste à savoir avec quelles intentions…

À propos de l’auteur

Fabrice Bonvin est un spécialiste du phénomène ovni et plus particulièrement+ du rapport entre ovnis et écologie. Ses études en psychologie l’ont conduit à étudier l’impact psychologique des apparitions ovnis sur les témoins. Il a mené ses enquêtes en Suisse, en Australie et au Brésil. Il est l’auteur de Ovni - Les Agents du changement et Ovnis : Le Secret des secrets, publiés chez JMG Éditions, respectivement en 2005 et 2006.


Il y a moins d’une année décédait Paul Tibbets, le pilote du bombardier B-29 qui largua une bombe atomique sur Hiroshima le 6 août 1945. Anecdotique, ce fait divers a le mérite de rappeler à l’opinion publique que l’atome à usage militaire fait encore partie de notre quotidien et que l’ombre d’un cataclysme nucléaire continue à planer, plus de soixante ans après l’explosion de la première bombe atomique.
Ce rappel de l’irruption de l’atome dans l’odyssée humaine n’est pas un luxe. À force d’agiter l’épouvantail des « armes de destruction massive » à tout va, l’administration Bush Jnr a fatigué les esprits, tout en banalisant la question du danger lié au nucléaire. Au-delà de ce phénomène de banalisation, ces gesticulations verbales répétées ad nauseam à l’encontre des « États Voyous » sur leur capacité à posséder, acquérir et déployer de telles armes s’avérèrent n’être qu’un tissu de mensonges, ce qui contribua à l’épuisement de l’attention de l’opinion publique. Or, de nombreux observateurs considèrent que notre arsenal nucléaire constitue présentement le risque le plus important pour l’avenir de l’espèce humaine.


Parmi ceux-ci figure Robert McNamara, ministre de la Défense de 1961 à 1968, qui s’est récemment exprimé ainsi : « Nous devons, sans attendre, procéder à l’élimination totale de notre arsenal nucléaire. Beaucoup continuent à s’accrocher aux doctrines et stratégies de ces quarante dernières années, ce qui représente une grave erreur débouchant sur des risques inacceptables pour le concert des nations » ou encore Hans Blix, ancien responsable des inspections sur les armes de destruction massive en Irak en 2003, selon lequel « il existe un risque élevé, qu’un jour ou l’autre, une arme nucléaire soit utilisée intentionnellement ou par accident ».

L’Iran très visité depuis 2004


Pendant ce temps, l’Iran fait face à un nombre croissant d’apparitions d’ovnis aux alentours de ses installations nucléaires, par exemple près de Natanz où se situe une importante usine d’enrichissement d’uranium. En effet, les apparitions d’ovnis se sont multipliées dans les deux provinces accueillant des sites nucléaires, Bushehr et Isfahan, depuis 2004.

Au mois d’avril 2004, la télévision iranienne a diffusé une vidéo d’un objet discoïdal au-dessus de Téhéran. L’Agence de presse de la République islamique (IRNA) a également, à plusieurs reprises, rapporté des objets non-identifiés tirant des rayons rouges, bleus ou violets près des villes de Tabriz et de Ardebil dans la province du Golestan, au sud de la mer Caspienne.

Pour calmer les esprits, le général de l’Armée de l’Air iranien, Karim Ghavami a donné l’ordre de détruire tout objet volant illégalement dans l’espace aérien et a multiplié les déclarations, en affirmant par exemple au quotidien Resalat que « l’armée de l’air est sur ses gardes et prête à prendre les mesures qui s’imposent ».

Apparition au Mexique en 2007


Fin décembre 2007, c’est à Mezcala, une ville de l’État de Guerrero, au Mexique, que s’est produite une manifestation d’ovni remarquée. L’objet, lumineux et de la forme d’une soucoupe, a d’abord survolé la ville à vitesse réduite et a atterri sur une colline, d’où il a émis des flashes durant plus de trente heures.

Observé par des dizaines d’individus, l’ovni a irrité les yeux de témoins pourtant à bonne distance. Le journal local, La Cronica Vespertina, rapportait dans son édition du 10 janvier 2008 des coupures d’électricité coïncidant avec l’augmentation de l’intensité lumineuse de l’ovni, qui allait de la couleur bleue au blanc avec des teintes jaunes, rouges et oranges.

La zone d’atterrissage de l’ovni, surnommée « Pie de Minas », est une région riche en uranium, cobalt, or, argent et cuivre (d’où son nom). Or, nous savons que l’uranium, et particulièrement l’isotope U-235, est la matière première pour l’industrie nucléaire civile ou militaire.

Le site d’atterrissage au Mexique et les installations sensibles en Iran ont en commun d’abriter la matière première et la technologie indispensables à la fabrication d’armements nucléaires. Doit-on voir dans les ovnis iraniens des satellites militaires, des avions espions ou encore une technologie révolutionnaire gardée secrète ? Dans le cas mexicain, s’agirait-il d’une méprise causée par le choc de fils à haute tension qui se seraient emmêlés à cause de forts vents, comme l’a suggéré péremptoirement la police locale ? Ou ces manifestations relèveraient-elles de véritables phénomènes ovnis témoignant un intérêt pour nos activités nucléaires ?

Une abondance de preuves…


À la lecture des documents officiels déclassifiés en vertu de la Freedom of Information Act (FOIA), on ne décompte pas moins de trente-sept observations d’ovnis au-dessus des périmètres du centre d’enrichissement d’uranium de Oak Ridge et de la base de Clarksville, hauts lieux de la recherche nucléaire, entre 1947 et 1952. Les apparitions d’engins non-identifiés ont également eu lieu au-dessus des complexes de Los Alamos et des installations de fabri-cation de plutonium de Hanford. Bref, les observations se concentrent autour des usines fabriquant et stockant les matières fissiles des armes nucléaires.

Évidemment, dans les sphères de décision et du commandement américain, cette situation inquiète au plus haut point. En décembre 1952, Marshall Chadwell, assistant directeur du renseignement, informe le directeur de la CIA, Walter Smith que – sur la base des éléments récoltés - les « observations d’engins non-identifiés dans les environs des principales installations de défense américaines sont d’une telle nature qu’elles ne sont pas attribuables à un phénomène naturel ou à un type de véhicule connu ».

Ces survols des installations sensibles ne sont pas circonscrites aux États-Unis mais semblent se déployer dans le monde entier, comme allait le constater… la CIA. Toujours en 1952, selon un rapport de l’agence, deux ovnis ont survolé les mines d’uranium de l’ex-Congo belge, dans le district d’Élisabethville. Le commandant de la base aérienne de Elisabethville, note le mémorandum, a poursuivi l’un des objets, de la forme d’une soucoupe et d’un diamètre estimé entre 12 et 15 mètres, et a pu s’en approcher à une distance d’environ 120 mètres avant de le perdre de vue. Et c’est de ces mines congolaises, et plus précisément du gisement de Shinkolobwe, que fut extrait l’uranium destiné aux Américains pour leur programme nucléaire du Projet Manhattan, dès 1942.

Wycliffe Well, capitale australienne des ovnis


À travers le monde, les gisements d’uranium semblent attirer les manifestations de phénomènes aériens inconnus. Dans le cas de l’Australie, les territoires du Nord sont continuellement le théâtre d’observations d’ovnis. La ville de Wycliffe Well, connue pour être l’un des endroits les plus actifs en apparitions au monde, a d’ailleurs été désignée comme « la capitale australienne des ovnis ». Cette année, dès mai 2008, de nombreuses observations se sont produites, les ufologues locaux ayant même parlé d’une « vague d’ovnis » avec des témoignages d’engins de forme triangulaire ou cylindrique. Or, cette région abrite une part importante des réserves mondiales d’uranium. Le parc naturel de Kakadu, par exemple, dispose de 10% de ces réserves.

D’un point de vue scientifique, plusieurs études statistiques, menées par des acteurs gouvernementaux et privés ont montré, avec plus ou moins de succès, une corrélation entre le nucléaire et les ovnis. Parmi les plus récentes, mentionnons celle de Jean-Jacques Velasco, l’ancien responsable du SEPRA/CNES, qui s’est essayé à prouver la corrélation entre les cas d’observations aéronautiques d’ovnis (visuel/radar) et les explosions nucléaires. Aux États-Unis, le Dr Donald Johnson a mis en évidence « une corrélation significative entre la présence d’installations nucléaires et la fréquence d’observations d’ovnis sur le territoire américain entre 1945 et 2001».

Comment expliquer les pannes ?


Au-delà des statistiques, le personnel en charge du fonctionnement, de l’entretien et de la sécurité des installations atomiques témoigne de la présence de phénomènes aériens non-identifiés aux alentours de celles-ci. Non seulement des ovnis planent au-dessus des sites sensibles, mais ils montrent un intérêt prononcé pour notre arsenal, allant jusqu’à intervenir contre des silos ou ogives nucléaires. Si ces témoignages peuvent sembler fantastiques, il faut garder à l’esprit qu’ils sont livrés par des individus qui bénéficièrent de la confiance des plus hautes instances gouvernementales et de la nation, engagés dans d’énormes responsabilités et entraînés à l’observation ainsi qu’à la discipline. À la retraite ou désormais actifs dans le civil, ces témoins peuvent enfin témoigner de ces incroyables événements, sans crainte de sanctions professionnelles. Encouragés par des récits similaires, ils sont de plus en plus nombreux à délier leurs langues. Si nul ne recherche l’attention ou le profit, tous veulent se libérer d’un mutisme lourd et pesant.

Aux États-Unis, le chercheur Robert L. Hastings a consacré plusieurs années de sa vie à récolter les témoignages du personnel militaire à la retraite concerné par ces incidents. Il est arrivé à la conclusion que « notre programme d’armement nucléaire est une source d’intérêt continuel pour une intelligence d’une grande supériorité technologique (…). La présence remarquée du phénomène ovni depuis le fin de la Deuxième Guerre mondiale est la conséquence directe de notre entrée dans l’Âge nucléaire ».

Pour expliquer les graves dysfonctionnements des installations nucléaires, certains commentateurs font l’hypothèse d’effets électromagnétiques involontaires générés par les ovnis. D’autres estiment que ceux-ci visent délibérément les complexes atomiques, en guise d’avertissement sur notre conduite irresponsable en matière de gestion du nucléaire : les cas de Walker, Vandenberg et Bentwaters AFBs militent en faveur de cette interprétation. Quoiqu’il en soit, ces incidents furent d’une extrême gravité en termes de sécurité nationale puisqu’ils mettaient les États-Unis dans un état de vulnérabilité face à l’ex-URSS, dans le contexte tendu de la Guerre froide. On se souviendra que le gouvernement américain clôtura son enquête officielle sur les ovnis – le Projet Blue Book – en 1969, en arguant que la continuation du projet « ne peut pas être justifiée sur la base de la sécurité nationale ». Ces incidents montrent l’étendu du mensonge du discours officiel…

La situation en Europe


Afin d’avoir une vision de la connexion ovni/nucléaire qui ne soit pas limitée aux États-Unis, j’ai effectué un travail de mise en perspective de l’activité ovni en Europe avec le déploiement des armes nucléaires par l’OTAN sur le Vieux continent. Il faut signaler que la mise à disposition dans le domaine public de l’histoire de ce déploiement est récent et a été rendu possible par la FOIA.

À l’origine, les États-Unis ont déployé les armes nucléaires en Europe en raison de la menace d’une invasion sovié-tique. Les armes sont stockées sous terre à l’intérieur de « Weapons Storage Vaults » (WSV) situés dans des abris appelés « Protective Aircraft Shelters » (PAS).
Le terme de « Weapon Storage and Security System » (WS3) est utilisé pour qualifier le dispositif dans son intégralité.
Le déploiement d’armes nucléaires en Europe commence en septembre 1954, quand les premières bombes sont li-vrées sur les bases de l’OTAN au Royaume-Uni.

C’est également en septembre 1954 que démarre la première grande vague d’ovnis sur l’Europe, avec des centaines d’observations en France et dans une moindre mesure, en Italie. Cette vague d’observations, la plus importante qu’ait connue l’Hexagone jusqu’à ce jour, dénombre plus de 150 cas d’atterrissages répartis sur quelques mois seulement.

De nombreux occupants d’ovnis sont également observés et moults effets sur les témoins et l’environnement sont signalés.

En 1971, le déploiement connaît son paroxysme avec plus de 7 300 têtes nucléaires disposées à travers l’Europe. Dès 1975, on enregistre un premier déclin du stock, avec la réduction de plus de 1’000 ogives entre 1975 et 1980.

En 1983, l’OTAN décide de la réduction de 1 400 armes supplémentaires. En mai 1990, l’Alliance atlantique annonce que le stock a passé de 6 000 ogives en 1980 à 4 000 en 1990, soit une réduction du tiers des armes nucléaires, sur une période de dix ans.

En 2005, les documents révèlent que les États-Unis déployaient encore 480 armes nucléaires en Europe, alors que les observateurs estimaient ce chiffre à sa moitié. Ces 480 bombes sont stationnées sur 8 bases aériennes dispersées sur 6 pays membres de l’OTAN (Belgique, Allemagne, Italie, Pays-Bas, Turquie et Royaume-Uni). C’est en 1993 que fut décidé de maintenir ce niveau de 480 bombes nucléaires tactiques (B61), et ce jusqu’à nouvel avis. A lui seul, cet arsenal est plus important que celui détenu par la Chine.

Cas avérés de bases aériennes survolées par des ovnis


Actuellement, la distribution des armes à travers l’Europe est la suivante : sur les 480 bombes, 300 (62 %) sont stockées dans des pays du Nord de l’Europe. L’Allemagne est la nation européenne la plus nucléarisée avec 3 bases aériennes (Büchel, Nörvenich et Ramstein AFBs) qui pourraient détenir plus de 150 ogives. La base de Lakenheath, au Royaume-Uni, stocke plus de 130 ogives. L’Italie et la Turquie (Incirlik AFB) détiennent chacune 90 bombes, alors que 20 ogives sont stockées en Belgique et au Pays-Bas.

Sous l’angle ufologique, nous tenons pour certain que plusieurs de ces bases ont été concernées par des manifestations d’ovnis. Il s’agit de Bentwaters (RU), Lakenheath (RU) et Aviano (Italie).

L’incident de « Rendlesham Forest » qui s’est déroulé du 27 au 30 décembre 1980 à Bentwaters et Woodbridge AFBs est le cas le mieux documenté, le plus spectaculaire et le plus médiatisé de l’histoire des ovnis au Royaume-Uni. Il est donc inutile de le détailler ici mais il me semble toutefois pertinent de souligner que le mémorandum établi par le commandant adjoint de la base, le lieutenant-colonel Charles Halt, précise que l’un des ovnis « tirait des rayons en direction du sol », et plus précisément sur les entrepôts d’ogives nucléaires de Woodbridge, ce qui fut confirmé par les meilleurs enquêteurs de l’affaire (Nick Pope, Peter Robbins et feu Georgina Bruni).

Le cas de la base d’Aviano, en Italie


En Europe continentale, c’est l’Italie qui est le théâtre de manifestations d’ovnis au-dessus de ses sites sensibles. Dans la nuit du 30 juin au 1er juillet 1977, à 3 h 00 du matin, la base d’Aviano reçoit la visite d’un objet discoïdal et lumineux, d’un diamètre de 50 mètres. L’engin plane au-dessus de la base durant 1 heure, provoquant une coupure d’électricité à large échelle. Bien que l’incident ait fait l’objet de tentatives de cover-up (comme tant d’autres), plusieurs témoins sont sortis de l’ombre pour témoigner de sa réalité : James Blake, un soldat américain stationné à la base, le Colonel Jerry Rolwes de l’US Army et Benito Manfré, un témoin civil.

Il y a fort à parier que ces quelques cas ne forment que le sommet de l’iceberg : des incidents supplémentaires feront l’objet de révélations au fur et à mesure que de nouveaux témoins se sentiront libres de parler, en se dégageant de leurs obligations militaires.

Durant les années 90, l’OTAN et les officiels US ont assuré l’opinion publique que l’entreposage d’armes nucléaires en Europe s’entourait de précautions maximales. Or, les programmes de révision et d’inspection ont mis en évidence de graves dysfonctionnements en matière de sécurité. Par exemple, un risque de détonation nucléaire accidentelle s’est présenté en 1997, selon des documents récemment divulgués. En 2003, une inspection de l’Air Force (Nuclear Surety Inspection) a montré que seulement la moitié des inspections ont réussi.

Convergence de dates-clés


L’analyse de la corrélation entre la distribution temporelle des essais atomiques et celle des apparitions d’ovnis donne un éclairage précieux et supplémentaire sur l’étroite relation qu’entretient le phénomène avec l’atome.

De 1945 à 1951, nous ne dépassons pas le chiffre de trois essais atomiques par année. En 1951, nous constatons une augmentation relative importante, avec 16 explosions produites par les États-Unis. Dès 1957, la cadence s’accélère : le commandement américain conduit 32 tests. L’année suivante, en 1958, nous recensons 77 essais atomiques menés par les États-Unis, pour un total de 116 en additionnant les tests conduits par l’ex-URSS. En 1962, nous atteignons le paroxysme, avec 96 tests pour les États-Unis et 82 pour l’ex-URSS, soit un total de 178 explosions atomiques, un champignon atomique tous les deux jours !


En 1992, un moratoire est approuvé par l’ensemble des grandes puissances nucléaires, l’objectif étant la suspension totale des essais nucléaires. Cette année-là, les États-Unis menèrent leurs huit derniers tests tandis que la France effectua ses ultimes tirs en 1995. Depuis 1993, les explosions atomiques ont pratiquement cessé, à l’exception d’une poignée d’essais menés par la Chine, l’Inde et le Pakistan.

Au-delà du nombre d’essais, il est plus pertinent de considérer le mégatonnage des explosions atomiques par année. Le mégatonnage correspond à la puissance (quantité d’énergie) dégagée par une explosion nucléaire et s’exprime en mégatonne (Mt) ou yield. En effet, une augmentation des essais atomiques ne signifie pas forcément un accrois-sement du mégatonnage, puisque les armes testées ont des capacités qui peuvent aller d’un rapport de 1 à 50.

Jusqu’en 1951, le mégatonnage total des explosions atomiques ne dépassait pas 600 Mt. En 1952, nous constatons une très importante augmentation relative, avec un mégatonnage de 11 000 (provoqué par l’explosion de la première bombe H de 10 400 Mt). En 1954, un nouveau seuil historique est atteint avec 48 000 Mt. Un nouveau record est enregistré en 1958 avec un total de 59 000 Mt (USA, 35 600 ; ex-URSS, 16 200 ; RU, 7 500). Le maximum est atteint en 1962 avec 37 000 pour les USA et 152 200 pour l’ex-URSS, totalisant un mégatonnage de 189 000.

Qu’elles soient exprimées en nombre d’essais ou en mégatonnage, plusieurs années se dégagent de l’ensemble des données : il s’agit de 1952, 1954, 1957-58 et 1962. Dans l’actualité ufologique, ces années sont extrêmement chargées. En 1952, nous assistons à une vague d’ovnis au-dessus des États-Unis, débutant en avril et se terminant en juillet. En 1954, une vague de « soucoupes volantes » sans précédent déferlent sur l’Europe. Pour les années 1957-58, les témoignages abondent d’un continent à l’autre, avec des vagues d’ovnis signalées aux États-Unis, ex-URSS, Brésil et Japon. En 1962, une vague s’abat sur l’Amérique du Sud, les observations se concentrant en Argentine (de mai à août) et au Brésil (en septembre).


Certains pourraient également être tentés par l’approche inverse qui consiste à sélectionner une année riche en ob-servations (vague d’ovnis) pour l’analyser à la lumière des données relatives aux essais atomiques et au stockage de matériau fissile. À nouveau, cette approche livre des informations troublantes : par exemple, en 1966-67 s’est produite une impressionnante vague d’ovnis aux États-Unis, dont de nombreuses observations au-dessus des installations abritant des missiles nucléaires. C’est précisément cette année-là que le stock d’ogives détenues par les États-Unis atteint son paroxysme, avec 32 500 têtes nucléaires.

Prédictibilité des vagues d’ovnis


Confrontées dès l’été 1947 à une vague d’ovnis, les autorités américaines mettent promptement sur pied plusieurs commissions d’enquêtes officielles et groupes de travail officieux. Les militaires et scientifiques chargés de l’analyse des rapports d’observations constatent, dès les premiers mois d’enquêtes, la relation ovni/nucléaire. Il faut dire que le Nouveau-Mexique, berceau de la bombe atomique, est le théâtre d’une multitude d’observations : dès décembre 1948, d’étranges « météores » survolent les bases d’Holloman AFB et de Kirtland AFB, qui abritent les laboratoires de Sandia, voués à la recherche nucléaire.

Au cours de l’année 1948, un groupe de réflexion, travaillant dans l’ombre et composé de scientifiques de haut niveau, fera l’hypothèse que les apparitions d’ovnis sont provoquées par les essais nucléaires. Cette idée sera reprise dans un rapport top secret daté de décembre 1948, rédigé par le Directorate of Air Force Intelligence et l’Office of Naval Intelligence.

Quelques mois plus tard, ce groupe de scientifiques affinera à tel point ses analyses qu’il estimera possible de prévoir, avec plus ou moins d’assurance, l’emplacement géographique et la distribution temporelle des manifestations d’ovnis générées par les explosions nucléaires.

Nous avons vu, plus haut, que la fin de l’année 1951 marque un accroissement relatif important des essais atomiques par rapport aux années précédentes, remontant à la détonation de la première bombe A en 1945. En fait, les tests sont conduits en octobre (opération Buster) et novembre (opération Jangle) 1951. En 1952, les essais reprennent en avril avec l’opération Tumbler-Snapper. Et c’est justement en avril 1952 que les observations d’ovnis démarrent sur la côte ouest des États-Unis, inaugurant une vague d’ovnis qui allait déferler sur le pays jusqu’en juillet.

Ces scientifiques prédirent correctement que l’augmentation des essais atomiques du deuxième semestre de 1951 et de début 1952 allait provoquer une vague d’ovnis courant 1952. Dans son ouvrage The Report on UFOs, paru en 1956, Edward Ruppelt, le responsable du projet Blue Book, rapporte que quelques jours avant les apparitions massives d’ovnis au-dessus de Washington qui eurent lieu le 19-20 et 26 juillet 1952, « un scientifique d’une agence que je ne puis nommer, et moi-même, étions en train de discuter de l’accroissement des rapports d’observation le long de la côte Est des États-Unis. Nous bavardions depuis environ deux heures, et j’étais sur le point de le quitter lorsqu’il me dit avoir un dernier commentaire à faire, en fait une prédiction. De l’enseignement qu’il avait pu tirer d’une étude qu’il avait faite sur les rapports d’ovnis obtenus auprès du Q.G. de l’USAF, et de discussions avec ses collègues sur ce sujet, il pensait que nous étions assis sur un gros tonneau plein à craquer de soucoupes volantes. Il ajouta ceci (…) : “Dans les quelques jours prochains, cela va s’amplifier et vous allez voir se produire le fin du fin en matière d’observation d’ovnis. Cela prendra place à Washington ou New York, prédit-il, probablement Washington” ».

Et quelques jours plus tard se produisit effectivement une spectaculaire vague d’ovnis sur Washington, qui donna lieu à l’une des plus longues conférences de presse jamais donnée par les autorités militaires des États-Unis. Le scientifique cité par Ruppelt faisait probablement allusion au rapport de l’USAF de décembre 1948 qui mettait en évidence une structure (« pattern ») dans ces apparitions. Une structure, bien sûr, liée aux essais atomiques. L’homme de sciences prédit que la vague allait fondre sur une ville de la côte est. Il se trouve que les scientifiques avaient tiré les enseignements de la vague précédente de 1947 (suscitée par les tests menés en 1946 à Bikini et dans les îles Marshall) : celle-ci avait commencé sur la côte Ouest et s’était ensuite étendue sur tout le territoire, en procédant d’ouest en est. La vague de 1952 débutait, elle aussi, sur la côte ouest avant de se propager sur le Midwest et terminer sur la côte Est.

Le Secret des Secrets


Mes propres recherches, basées sur l’analyse de centaines de documents déclassifiés et sur mes correspondances personnelles avec des contacts bien renseignés, m’ont permis de reconstituer la trame suivante des événements qui révèle une étude secrète de dimension mondiale. Fort de ce constat de prédictibilité, il fut décidé de lancer un projet d’étude des manifestations d’ovnis à l’échelle du globe. L’objectif de ce projet était d’étudier le mécanisme des apparitions, dispersions et propagations des manifestations sur l’ensemble de la planète. Le géophysicien Lloyd Berkner, membre du groupe de travail secret et consultant de la commission Robertson de la CIA sur ce sujet, est chargé du pilotage de cette étude mondiale.

Sa prestigieuse carrière de scientifique, ses contacts privilégiés au sein des sphères politiques et du renseignement lui donnèrent les moyens de formuler le lancement d’une étude mondiale, à savoir une « Année Géophysique Internationale » (AGI). L’AGI devait servir de projet-écran (un projet servant à dissimuler un projet secret) à l’étude des ovnis. En effet, cette étude allait nécessiter la mise en place d’un important dispositif de moyens d’observation qui aurait indubitablement éveillé la curiosité des scientifiques et de l’opinion publique. L’AGI fonctionnerait comme la couverture idéale au projet secret.

Après avoir convaincu, en privé, ses confrères américains (James Van Allen, Sydney Chapman, etc.) de l’intérêt d’une telle étude, il en persuade le Conseil International des Unions Scientifiques de l’Académie Nationale des Sciences (NAS). Lloyd Berkner s’envole ensuite pour l’Europe afin de promouvoir ce projet. En mars 1953, le NAS désigne l’US National Commitee (USNC) dirigé par Joseph Kaplan (lui-même déjà impliqué dans la recherche sur les ovnis pour le compte de l’USAF) comme l’instance américaine de l’AGI. Un aperçu de la liste originale des membres de l’USNC montre que les principales branches des forces armées (US Army, Navy, Air Force, Département d’État) y sont dignement représentées.

L’AGI proposait aux scientifiques du monde entier de prendre part à des séries d’observations coordonnées des différents phénomènes géophysiques de la Terre (météo, géomagnétisme, rayons cosmiques, glaciologie) permettant d’obtenir une vue globale des phénomènes terrestres et spatiaux. Plus de 67 nations se joignirent au projet, totalisant la participation de plus de 60 000 scientifiques.

L’AGI justifia la mise en place de moyens d’observation sophistiqués à l’échelle du globe. Plus de 8 000 stations d’observation quadrillèrent la surface de la planète, appuyées par des équipements d’enregistrement dernier cri (théodolites « Sattract », « Phototract » et appareils photographiques

1957-1958 : une année d’observation intense


Le dispositif d’observation en place, le groupe de scientifiques attendait impatiemment que les essais atomiques prévus par l’opération Plumbbob (de mai à octobre 1957) et par les opérations Hardtrack I et II (d’avril à octobre 1958) produisent les vagues d’ovnis. Notons, par ailleurs, que l’opération Plumbbob fut la série de tests la plus grande et la plus longue de l’histoire des États-Unis.

Ainsi, l’AGI débuta le 1er juillet 1957 et se termina le 31 août 1958. Comme prévu, les essais nucléaires provoquèrent une impressionnante vague d’ovnis à travers le monde. Dès septembre 1957, les apparitions se concentrèrent autour des États-Unis, de l’ex-URSS, du Brésil ainsi que du Japon. Aux États-Unis, les fichiers du Projet Blue Book rappor-tent 330 observations pour la seule première semaine de novembre. La vague se distingue par de nombreux cas d’effets électromagnétiques et des rapports d’observateurs à haute crédibilité, comme des agents des forces de l’ordre, des pilotes ou des scientifiques. En ex-URSS, la vague débuta en Pologne et procéda d’ouest en est, en gagnant en intensité alors qu’elle se propageait sur la Russie.
Markowitz Moon » ou « Bowen-Knapp »).

Les instruments de l’AGI purent détecter, suivre et photographier de nombreux ovnis. Walter Webb, un astronome du planétarium Charles Hayden, Boston, se rappelle que « de drôles de traînées figuraient sur les photos extraites du ré-seau des caméras Baker-Nunn (…). Allen Hynek [NdA : le fameux consultant de l’USAF sur les ovnis de 1949 à 1969] fit des commentaires sur les “bizarreries” contenues sur les photos des stations d’observation (…). Nous avons reçu une quantité de rapports des stations d’observation concernant d’étranges lumières qui n’étaient sûrement pas des satellites. De nombreux témoins étaient des astronomes amateurs habitués à observer les cieux».

Évidemment, seuls les commanditaires de cette étude ainsi que le comité scientifique dirigé par le Dr Berkner étaient au fait de l’existence et de la finalité de ce projet, lequel, d’ailleurs, constituait, sous Eisenhower, l’un des 40 groupes de travail ad hoc supervisés par l’Operations Co-ordination Board (OCB), organe du Conseil National de Sécurité.

Si des rapports d’observations parvenaient naturellement au projet officiel sur les ovnis, Blue Book, les rapports les plus intéressants étaient directement envoyés à l’Intelligence Advisory Commitee, un comité consultatif du ren-seignement, appartenant également au Conseil National de Sécurité, qui est l’instance suprême du gouvernement. Cette étude est couverte d’un tel voile du secret qu’il est, pour l’instant, impossible d’en connaître les enseignements.

Divulgation à l’horizon ?


De 1945 à 1992, les nations en possession de l’arme atomique ont procédé à un minimum de 2 000 tests. Autrement dit, un essai nucléaire s’est déroulé tous les 9 jours durant les cinquante dernières années. Ce sont effectivement ces essais nucléaires qui ont donné de la vigueur au phénomène ovni.

Rappelons que dans l’histoire contemporaine du phénomène, la première grande vague d’ovnis touche les États-Unis en 1947 et qu’elle fut précédée d’une vague en Scandinavie en 1946. Tandis que les ingénieurs américains faisaient exploser leur première bombe A dans le désert du Nouveau-Mexique en 1945, les pilotes belligérants rapportaient l’observation de phénomènes lumineux intelligents – surnommés « foo fighters » – au-dessus des théâtres des opérations. Bref, l’apparition du phénomène ovni – sous sa forme contemporaine – coïncide avec notre entrée dans l’ère nucléaire. Temporellement, géographiquement et dans son amplitude, le phénomène ovni est intimement lié à l’atome.

Quant aux 400 usines de fabrication de bombes atomiques, centrales nucléaires et 128 000 ogives nucléaires fabriquées depuis 1945, elles ont assuré la présence active du phénomène tout au long de ces soixante dernières années.

Le moratoire de 1992, qui visait l’arrêt total des essais par l’ensemble des grandes puissances nucléaires, a eu pour effet de les suspendre quasi totalement. Or, les vagues et manifestations d’ovnis ont diminué de façon drastique depuis 1992. La dernière grande vague d’ovnis à caractère transcontinental remonte à 1991, avec des manifestations en Belgique, en Russie et au Mexique. Cela fait maintenant dix-sept ans que nous n’avons pas connu d’observations de grande ampleur, bien que des phénomènes ovnis continuent à se manifester ici et là, de manière sporadique et sous forme de vagues localisées (Israël, 1993 ; Royaume-Uni, 1996).

Moins d’ovnis, moins d’images… réelles


L’accessibilité accrue aux moyens de diffusion d’informations (internet) et la propagation des moyens d’enregistre-ment (appareils photo, caméscopes, téléphones portables) auprès des masses auraient dû déboucher sur des centaines, voire des milliers de documents ovnis de qualité. Or, que constatons-nous sur des sites web comme Youtube, Dailymotion ou encore Google Vidéo ? Parmi la faible quantité de films et de photos disponibles, les documents de qualité sont très souvent l’oeuvre de faussaires férus de logiciels de création d’images de synthèse. Dans le contexte actuel d’interconnexion, d’instantanéité et de libre circulation de l’information, cette pauvreté quantitative et qualitative des documents « online » est une illustration supplémentaire de la raréfaction des apparitions d’ovnis.

Mais il y a encore plus étonnant ! Depuis environ deux ans, nous assistons à une ouverture vis-à-vis du sujet de la part des grandes institutions politiques et médiatiques. Cette ouverture s’exprime par le biais de trois mécanismes :

- les gouvernements de certains pays ont lancé un processus de divulgation de leurs dossiers ovnis auprès du grand public. Il s’agit de nations influentes sur la scène internationale, comme la France et le Royaume-Uni, qui ont emboîté le pas à l’Espagne.

- un accroissement de comptes rendus des « whistleblowers », ces (ex-) employés d’organismes gouvernementaux qui témoignent de ce qui est dissimulé au public.

- une exposition médiatique accrue du phénomène, désormais présenté sous un jour favorable.

Cette conjonction d’événements m’amène à supposer qu’un processus d’acclimatation des masses à l’existence des ovnis a été décidé au plus haut niveau. Ces actions concertées visent probablement à préparer le terrain à une décla-ration officielle des gouvernants sur l’existence des ovnis, prévue d’ici 5 à 10 ans. C’est en tout cas ce que laissent penser les rumeurs sur une réunion secrète qui se serait tenue à l’ONU le 12 février 2008 et qui aurait retenue l’année 2013 comme date butoir.

C’est en particulier le virage à 180 degrés de l’industrie médiatique qui interpelle. Durant plusieurs décennies, ce sont les médias locaux (souvent la presse régionale ou les chaînes de télévision locales) qui ont rapporté les observations d’ovnis, souvent de manière impartiale et sans sarcasme. A contrario, les grands médias, liés aux intérêts politiques et économiques, ont abattu une chape de plomb sur le phénomène ovni quand ils ne l’ont pas tourné en dérision. En effet, il est de notoriété publique que les grandes corporations médiatiques (c’est-à-dire les faiseurs d’opinion) doivent se plier au diktat imposé par les décideurs politiques, militaires et économiques sur les sujets de sécurité nationale s’ils veulent continuer à jouer dans la cour des grands.

Depuis deux ans, ces grandes corporations servent un nouveau discours à l’opinion publique : les ovnis existent, il faut les prendre au sérieux ! Aux États-Unis, les chaînes CNN (Larry King Live) et Fox News consacrent des émissions sur les ovnis en prime time, donnant la parole aux témoins, aux lobbyistes pro-divulgation, en traitant le sujet avec impartialité, voire complaisance.

Il y a cinq ans, les observations d’ovnis à Stephenville, Texas de janvier 2008 n’auraient pas dépassé le cadre de la diffusion locale. Aujourd’hui, elles sont relayées par CNN aux niveaux national et international. Cela n’est pas innocent et cela traduit une volonté politique.

À l’heure où vous lisez ces lignes, il y a plus de 27 000 ogives nucléaires disséminées sur la planète, dont 97 % entre les mains des États-Unis et de la Russie. C’est autant d’assurance que les manifestations d’ovnis ne sont pas prêtes de s’arrêter. Alors, les temps sont-ils réellement propices à la divulgation ?


Notes

1. Robert McNamara, « Apocalypse Soon », Foreign Policy, mai/juin 2005.
2. Dépêche Associated Press, Iranian Alert - 26 décembre 2004 - « Unclear UFO’s worry Tehran », 26 décembre 2004.
3. http://www.wycliffe.com.au/ufo/index.htm
4. Voir http://www.ntnews.com.au/article/2008/05/03/4021_ntnews.html
5. Jean-Jacques Velasco & Nicolas Montigiani, OVNI, L’Évidence, Editions Carnot, « Orbis enigma », 2004.
6. http://www.project1947.com/forum/Do_Nuclear_Facilities_Attract_UFOs.html
7. U.S. Departement of the Air Force, Air Force Inspector General, « DoD and the Air Force Set the Standards High for A Reason – NSI, » TIG Brief, November-December, 2003.
8. Edward J. Ruppelt, The Report on Unidentified Flying Objects, New York, Doubleday & Company, 1956, page 157.
9. Walter Webb, « Allen Hynek As I Knew Him », Intern. UFO Reporter, janv. 1993.

Source :

TEXTE DE FOND DE FABRICE BONVIN