Les Chakras (çakras)

Dossier de Daniel Robin


1) Comment définir les chakras (çakras) ?


Le terme chakra est dérivé du sanskrit, mais nous préférons utiliser l’orthographe çakra. Notons tout de suite que nous ne saurions épuiser dans ce modeste dossier toutes les significations et toutes les réalités contenues dans le concept de çakra. Nous ne faisons que « survoler » ce sujet qui est vaste et complexe. De façon générale le terme çakra désigne des « objets subtils » ayant la forme d’un disque ou d’une roue. Il peut aussi être assimilé à un « sceau ». Aujourd’hui, ce terme est plus connu comme un équivalent de « centre spirituel » ou de « centre d’énergie ». Selon la tradition la plus répandue, il y a sept çakras majeurs dans le corps humain et de nombreux çakras secondaires. Un çakra est un centre ou un foyer d’énergie subtile, il est aussi le lieu où s’opère la jonction des canaux d’énergie appelés nadis. La médecine occidentale moderne ne reconnaît pas l’existence des çakras car les moyens d’investigation du corps dont elle dispose ne sont pas capables de mettre en évidence leur existence. Cette incapacité est révélatrice du fait que notre technologie n’est pas adaptée (et ce n’est d’ailleurs pas son but) pour détecter les réalités fines et subtiles de l’être humain. Mais ce n’est pas parce que notre technologie est inopérante que les réalités subtiles n’existent pas. Toutes les grandes traditions spirituelles de l’Humanité (orientales et occidentales) connaissaient l’existence de ces réalités subtiles et ne disposaient pourtant pas de nos moyens techniques modernes très sophistiqués. Alors comment faisaient-elles pour les appréhender ? L’approche se faisait par la connaissance de soi en utilisant des techniques de méditation et d’observation interne par la conscience (le contraire de la méthode scientifique occidentale moderne). Les méthodes et les exercices (souvent transmis lors d’initiations) étaient enseignés par des maîtres spirituels (représentants réguliers d’une tradition spirituelle) qui avaient une maîtrise parfaite de toutes ces techniques. « Le yogin, maître de ses énergies grâce à la Kundalini, révèle que l’homme détient en lui-même la source et le réservoir inépuisable de sa souveraineté, de sa félicité comme de son efficience » (Lilian Silburn). Connaît-toi toi-même (Gnothi seauton), et tu connaîtras toute chose (précepte gravé à l’entrée du temple de Delphes). Selon Alain Boudet (voir son site Internet), « les çakras sont des centres de transformation et de régulation de l’énergie de vie. Ils reçoivent et émettent aussi bien par la sushumna (canal central) et les autres canaux que par leur rayonnement propre, tout autour du corps. Ils agissent comme des antennes et des centres de communication avec les organes du corps. Mais aussi, ils nous mettent en communication avec la Terre et sa grille énergétique et avec le ciel ». Chaque çakra occupe une place précise dans le corps humain, mais il n’est pas une partie physique de ce corps. Les çakras ne sont pas matériels. Ils existent seulement dans la réalité subtile du corps humain. Selon Christophe Allain, les çakras représentent des niveaux de conscience et des degrés d’évolution spirituelle aussi bien pour l’être humain individuel que pour l’ensemble de l’Humanité. Christophe Allain est l’auteur de « Journal d’un éveil du 3ème Œil », publié aux Editions Interkeltia. Le site Internet très intéressant de Christophe, « Evolution spirituelle ».

2) 1 er çakra : MULADHARA ou « çakra racine ».


Le Mûlâdhârâ çakra ou « çakra racine » est situé entre les organes génitaux et l’anus ou au niveau du coccyx. Le mantra pour éveiller cette roue énergétique est la monosyllabe « LAM » qui est représentée à l’intérieur d’un triangle pointe vers le bas. Etymologiquement, le terme Mûlâdhârâ est un dérivé de « mûla » (racine en sanskrit) et de « adhâna » (support). Il est la racine de toutes les nadis et notamment de la principale, la sushumna, où repose la Kundalini figurée sous la forme d’un serpent enroulé et endormi symbolisant l’énergie féminine fondamentale de l’être humain, qu’on assimile de façon superficielle à la libido (désirs et énergie sexuelle). Le Mûlâdhârâ çakra est encore appelé Braham çakra, la « roue de Brahma ». Ce çakra est la demeure de Ganesha le seigneur des commencements qui comme Janus préside au « seuils ». Son attribut est le svastika. La planète associée est Saturne. Des techniques physiques et de méditations peuvent être utilisées pour éveiller la Kundalini, l’énergie originelle, en mettant le corps en état de relaxation. Nous avons publié un dossier sur le thème de la Kundalini intitulé « Kundalini et Petits Mystères » que vous pouvez télécharger ICI. Les écrits tantriques expliquent que l’éveil érotique ou les rapports sexuels à visées initiatiques, doivent se faire sans émission de sperme et sans orgasme. Ce centre coordonne les fonctions d’excrétions vésicales et anales et les fonctions génitales, commandent l’érection de la verge ou du clitoris. Au niveau anatomo-physiologique, il serait le correspondant du complexe ortho-parasympathique sacré dans la moelle épinière et d’une partie des formations rhinencéphaliques de la région pré-optique et des corps mamillaires. Le « cakra racine est en rapport avec l’élément « Terre » (le carré, le cube, le chiffre 4, le socle, la base solide) symbolisé par un éléphant (un éléphant avec sept trompes) emblème de la force, de la fermeté et de la solidité. C’est à ce niveau que ce situe la « parole cachée » ou la « parole perdue » qui est aussi la « parole suprême », la « vibration première » et la racine du Verbe. Ce çakra est aussi en rapport avec l’odorat. On représente dans ce centre la syllabe sacrée « klim » symbolisant le désir et un phallus, symbole du pouvoir générateur. Ce centre est représenté par une fleur de lotus à quatre pétales de couleur cramoisie, chacune représentant une forme de béatitude. Le chiffre 4 symbolise l’effort d’équilibre basal (les 4 points cardinaux, les 4 tempéraments). Sur chaque pétale, sont figurées les « lettres d’or » : « vam » (va), « scham » (scha), « sham » (sha), et « sam » (sa) qui sont des manifestations grossières du « son subtil » produit par la vibration des forces de ce centre. La couleur du fond de ce çakra est jaune, couleur symbolisant la joie et la plénitude des sentiments, le bonheur ou l’attente du bonheur, l’espoir de la délivrance.

Ci-dessus : six représentations de MULADHARA ou « çakra racine ». Le triangle figuré dans la représentation de ce çakra est le « trikona », ou « sanctuaire triangulaire », parce que fait des trois énergies divines : volonté, connaissance, et activité.

Le çakra racine correspond à la conscience physique qui nous rattache à la réalité matérielle de notre monde. C’est ce qui fait que nous sommes en adéquation avec cette réalité et que nous y sommes ancrés. Cette conscience physique fait que nous sommes à l’aise dans le monde concret. Ce çakra est lié au système de survie qui implique que nous ayons peur du lendemain et que nous aspirions à la sécurité. L’activité de ce 1er çakra nous permet d’aller chercher l’énergie brute de la vie. C’est normalement le stade de l’enfant qui est préoccupé par sa survie. A ce niveau de conscience, l’objectif est de maintenir le plus longtemps possible en vie la structure individuelle égotique, car la survie de l’égo est prioritaire dans notre forme humaine. Notre évolution spirituelle passe par la survie de la structure de l’ego ou plus exactement des egos, car nous avons de nombreux egos qui se manifestent continuellement les uns après les autres. Chaque égo cherche à s’imposer dans notre vie psychique au détriment des autres. Lorsque l’Humanité, telle que nous la connaissons aujourd’hui, est apparue sur notre planète, l’être humain de cette époque reculée vivait au niveau du 1er çakra. Cela a été l’activité de l’homme pendant des milliers d’années. Cette activité était centrée sur la survie de l’individu et de l’espèce. Elle imposait aux hommes de se battre, de tuer, et d’éviter d’être tué. MULADHARA ou le « çakra racine » est le çakra du corps, de la réalité corporelle physique. C’est la base et le point de départ obligé de tout développement spirituel ultérieur. Il est indispensable d’éveiller cette base sinon nous ne sommes que de doux « rêveurs » ou des « planeurs ». Ceux qui prétendent suivre une voie spirituelle et qui n’ont pas éveillé le « çakra racine » sont plongés dans l’illusion. Ce çakra correspond à l’indispensable ancrage dans la réalité de notre monde et dans la matière pour suivre ensuite l’ascension vers les niveaux de conscience supérieurs. Nous sommes obligés de faire l’expérience du çakra du corps si nous souhaitons progresser sur le chemin de la réalisation spirituelle. A ce niveau, nous faisons l’expérience de la Nature. La survie est une activité prioritaire dans note culture occidentale moderne. Ce çakra correspond aussi à l’« ancien cycle » de développement de l’Humanité qui fut essentiellement marqué pas des guerres, des massacres de populations, des révolutions, des combats incessants pour le pouvoir et la possession des richesses, la domination sur les faibles, l’exploitation des hommes dans des buts purement égoïstes. Ce cycle est caractérisé par le manque et l’excès. Le « çakra racine » est situé en bas, vers la Terre, qui est le lieu de manifestation de l’instinct pur et dur. Le premier çakra nous ancre dans l’incarnation corporelle, dans la réalité de ce monde. A ce niveau, il faut aller chercher l’énergie brute de la vie. Logique du 1er çakra : nous sommes dans une logique de compétitivité au niveau individuel et au niveau des groupes humains. Nous avons constamment sous les yeux des exemples de son activité. Exemples : la façon dont fonctionnent les entreprises modernes, la finance, l’économie de marché incontrôlée.

Ci-dessus : une illustration montrant des combats de gladiateurs dans une arène au temps de l’empire romain. Cette scène illustre parfaitement le principe de survie qui caractérise le MULADHARA ou « çakra racine ». A ce niveau de conscience, l’objectif est de maintenir le plus longtemps possible en vie (et à tout prix) la structure individuelle égotique, car la survie de l’égo est prioritaire dans notre forme humaine. Pour les gladiateurs, leur survie dépendait de leur capacité à tuer leurs adversaires. Ils n’avaient pas d’autres choix que de tuer ou être tués. C’est une logique de guerrier où l’ancrage dans l’énergie du corps et la force corporelle sont déterminantes. 

« C’est dans ce centre radical que gît, avant l’éveil, la lovée (la Kundalini), inerte et inconsciente, semblable à une personne empoisonnée. Elle y est enroulée trois fois et demie autour du bindu, point d’efficience qui symbolise Shiva, et essence de la virilité. Avec sa tête, la lovée bloque l’entrée du canal médian (Sushumna). Son sommeil constitue la servitude de l’ignorant qu’il aveugle en lui faisant prendre son corps pour son véritable soi » (Lilian Silburn).

3) Qu’est-ce que la Kundalini ?


La Kundalini est définie comme étant une énergie, mais la nature exacte de cette énergie reste assez mystérieuse. Elle est indifféremment désignée comme étant une « énergie vitale », une forme d’« énergie subtile », une « force cosmique » ou une « énergie divine ». « L’éveil de la Kundalini est, en quelque sorte, l’éveil de l’énergie cosmique qui gît, latente, en chaque être humain, une telle énergie étant la source de tous les pouvoirs, de toute la force, de toutes les formes de vie dont il est capable » (Lilian Silburn). La Kundalini est cette « énergie cosmique qui git, latente, en chaque être humain (…) qui n’est que vibration, ondulation vibrante de l’émanation, vibration de plus en plus subtile de la résorption, vibration de haute fréquence » (Lilian Silburn). « Toutes ces formes de vibration aux fréquences variables sont les manifestations de l’énergie Kundalini dans sa forme cosmique aussi bien que dans sa forme individuelle. Lors de son éveil, en effet, c’est en tant que puissantes vibrations dans le corps qu’elle se manifeste » (Lilian Silburn). 

« L’énergie (Kundalini) qui rampe souterraine et obscure, s’élance, et tel un pilier immobile et vibrant, ayant ouvert l’espace, elle enracine le Ciel dan la Terre » (Lilian Silburn). Ce qu’il faut retenir c’est que la Kundalini est associée à Shakti dont elle est un aspect, et on utilise même le terme de Kundalini Shakti. Cette association n’est pas fortuite et permet de comprendre la véritable nature de Kundalini. Dans l’indouisme, le terme Shakti désigne un « pouvoir », une « force » ou une « énergie » de nature féminine et dynamique. Dans le tantrisme, la Shakti est directement associée à Kundalini qui est représentée sous la forme d’une déesse-serpent. La Kundalini est d’ailleurs figurée par un serpent replié sur lui-même et lové à la base l’os sacrum (elle est d’ailleurs appelée la lovée). A noter que le sacrum est un os impair, médian et symétrique, formé à l’âge adulte par la soudure des cinq vertèbres « sacrées » ou sacrales. Le sacrum a une forme pyramidale et sa base est appelée le « promontoire sacré ». 

Ci-dessus : le sacrum chez l’être humain est un os impair, médian et symétrique, formé de la soudure de cinq vertèbres sacrées (ou sacrales). Le sacrum a une forme pyramidale inversée. Sa face supérieure est appelée le promontoire sacré et sa face inférieure l’apex. La Kundalini est figurée par un serpent replié sur lui-même et lové à la base l’os sacrum.
« Le serpent que son poison rend redoutable symbolise toutes les forces maléfiques, de même, tant que la Kundalini repose inerte en nous, elle correspond à nos énergies inconscientes, obscures, à la fois empoisonnées et empoisonnantes. Eveillées et maitrisées, au contraire, ces mêmes énergies deviennent efficientes et confèrent une véritable puissance (…) Ainsi dès que la Kundalini déroule ses anneaux et se dresse - raide comme un bâton - jusqu’au sommet de la tête, elle devient non seulement inoffensive mais, sa puissance maléfique changeant de nature, elle se révèle le plus précieux des biens » (Lilian Silburn). Dans l’hindouisme, le mot Shakti s’applique à des réalités différentes et peut donc vouloir dire la puissance, la force, l’énergie, mais aussi le pouvoir divin, la force consciente du Divin, la manifestation d’un pouvoir de la Conscience et de la Force suprêmes (selon Sri Aurobindo), la Mère divine source de tout pouvoir, le Parèdre ou la Puissance de manifestation et d’action d’un Dieu particulier représentée sous la forme d’une Déesse. La nature de Kundalini est décrite comme étant à la fois lumineuse et sonore. La luminosité est considérée comme caractérisant l’état subtil, et le son, ou la vibration, joue un rôle primordial dans le processus cosmogonique. La vibration renvoie à la fréquence vibratoire : plus la fréquence est élevée et plus la réalité est subtile, moins elle est élevée et plus la réalité est « grossière » (proche de la matière). « La pratique de la Kundalini tend à réunir toutes les énergies du corps, de la pensée et de la parole afin d’en faire un seul courant d’intenses vibrations qui les entraine jusqu’au centre » (Lilian Silburn). La Kundalini, tant qu’elle demeure dans son état de repos, réside dans le Muladhara çakra ou « çakra racine » qui est le centre localisé à la base de la colonne vertébrale et qui est aussi la racine des trois principaux nadis (Sushumna, Ida et Pingala). Comme un serpent, Kundalini est enroulée trois fois et demie autour du Linga noir (bindu), le Svayambhu Linga, symbolique de Shiva. Nous pouvons noter l’analogie entre les trois tours et demi de l’enroulement de la Kundalini et les trois jours et demi pendant lesquels l’esprit demeure lié au corps après la mort et qui représente le temps nécessaire au « dénouement » de la force vitale demeurée à l’état « non-éveillé » chez l’homme ordinaire (R. Guénon, KundaliniYoga). Le Linga de la base, de couleur noire, est vu comme une pierre oblongue, édifiée vers le haut. Il contient tout ce qui existe sous son aspect inconscient et inconnu. Linga signifie « phallus » ou plus généralement « signe distinctif », et encore plus fondamentalement la « singularité ». Svayambhu signifie « né de lui-même » ou « auto-engendré », à savoir quelqu’un qui n’a pas de parents, n’a pas d’origine connue, ou plus fondamentalement qui n’est pas conditionné par quelque chose qui lui serait extérieur. Pendant la phase d’éveil de la Kundalini, les caractéristiques et les tendances profondes de la personne sont exacerbées. Tout son univers psychique se met en mouvement et ce mouvement puissant est incontrôlé. Les sentiments intérieurs de l’individu, ceux du domaine inférieur et ceux du domaine supérieur, sont en quelque sorte « brassés » avec force. C’est donc une phase dangereuse qui peut gravement perturber l’équilibre intérieur de la personne. Un éveil de Kundalini est un événement d’une force inouïe dont la maîtrise n’est pas à la portée de tout le monde. Kundalini-Shakti fait en quelque sorte ressurgir de leurs gangues les plus profondes les tendances enfouies de l’âme (Vâsanâ) qui se mettent alors en branle et résonnent ou ravivent la trace vibrante des existences inconscientes passées et à venir. Il est important de rappeler que la pratique de l’éveil de la Kundalini n’est pas exempte de dangers. « L’énergie mystérieuse qu’éveille le yoga de la Kundalini se révèle cependant d’une violence inouïe et ne peut être manipulée sans faire encourir un réel danger (au néophyte non préparé) » (Lilian Silburn). « Il faut aborder ses secrets avec l’aide d’un maitre issu lui-même d’une lignée spécialisée en ce domaine et d’une expérience à toute épreuve (…). On ne peut se livrer à cette pratique sans un maitre averti et sans avoir eu accès à l’intériorité ; car si une vie mystique profonde peut se développer sans la connaissance ou sans la pratique de l’ascension de la Kundalini, il n’y a pas de pratique pleine et entière de cette ascension sans une vie mystique réelle » (Lilian Silburn).

« L’aventurier en quête de vie originale n’a ni la pureté requise ni l’humilité qui le rendraient soumis au maitre, il s’illusionne trop facilement sur une prétendue expérience d’éveil de sa Kundalini et sur le rôle que l’union sexuelle ordinaire peut jouer à cet égard » (Lilian Sylburn). « Le kulayàga lui est donc inaccessible en raison d’un double obstacle, l’un d’ordre technique : l’absence de maitre et de connaissance, l’autre d’ordre intérieur : l’absence de pureté du cœur » (Lilian Silburn). Soulignons enfin qu’il est possible d’établir une correspondance étroite entre la montée de la Kundalini dans les çakras et la réalisation des « Petits Mystères ». Le symbole du caducée et la tradition hermétique occidentale permettent ce rapprochement. Sur ce sujet, télécharger notre dossier, « Kundalini et Petits Mystères » ICI.

4) 2 ème çakra : SVADHISHTHANA ou « çakra sacré ».


SVADHISHTHANA ou « çakra sacré » correspond à la création et il fonctionne sur le mode de la création. Il se situe au niveau du sacrum. Il a pour correspondant anatomo-physiologique le plexus prostatique et serait lié au sens du goût. Son réceptacle contient un croissant de Lune blanc avec la syllabe-germe principale « VAM » symbole de l’eau. Ce lotus possède six pétales où sont figurées les « lettres pareilles à la foudre » : « bam », « bham », « ham », « yam », « ram », « lam ». Le chiffre 6 symbolise l’attraction multiple qui polarise, puis disperse toute fécondité. Au lieu d’une force allant vers le centre (centripète), nous avons un rayonnement qui s’échappe du centre et qui se disperse dans toutes les directions (centrifuge). L’être est pris dans le jeu des multiples possibilités matérielles, mentales et affectives et ne sais plus retrouver son centre intérieur. La couleur blanche de ce çakra est signe de « pureté, d’espérance, de vérité, d’innocence et de sagesse divine, lumière éternelle qui englobe les ténèbres primitives et fait éclore le monde au sein du chaos ».
Ci-dessus : trois représentations de SVADHISHTHANA ou « çakra sacré ». 
Sur le plan psychologique, il correspondrait au désir sexuel, à la fatigue, l’aversion, la honte, la langueur, la soif physique et spirituelle. Dans la vie d’un individu il est en rapport avec le stade de l’adolescence. L’activité du 2ème çakra permet de se connecter à son pouvoir personnel. Il se distingue par la créativité, la sexualité, la création de la famille, l’imagination, la procréation et le rapport à autrui. Ce çakra tente de répondre à des interrogations : qu’est-ce que tu veux créer en toi en priorité ou sur quel « terreau » (sur quelles bases) tu souhaites construire ta réalité ? A ce niveau de conscience, les êtres humains cherchent à construire leur propre réalité (Christophe Allain). Construire sa réalité, c’est construire son expérience de la vie et rentrer complètement dans sa vie. C’est le niveau de l’éducation et du « dressage ». Il suscite des expressions comme : « il faut que tu sois ainsi », « tu dois faire ceci ou cela », « il faut te couler dans le moule ». Le second çakra est en rapport avec les commandements, les devoirs, les règles, les lois et les interdits. C’est le niveau des religions anciennes encore présentes aujourd’hui. Il est en lien avec l’appartenance à un groupe constitué et officiel : religions, institutions, sociétés savantes, associations, partis politiques, syndicats, entreprises. Autrefois, si l’individu n’était pas intégré à un groupe il mourrait. Il était condamné. Le second çakra pose le rapport à l’autre (Christophe Allain).
Ci-dessus : les officiers de l’académie militaire de Saint-Cyr défilent sur les Champs-Elysées le 14 juillet. L’appartenance à une institution (militaire, religieuse, politique) correspond au niveau de conscience du SVADHISHTHANA ou « çakra sacré ». C’est le niveau de l’éducation et du « dressage » qui sont nécessaires pour pouvoir faire partie d’un groupe constitué et officiel. Ce niveau marque une étape importante dans le développement spirituel d’un individu.

5) 3 ème çakra : MANIPURA ou « çakra du Plexus Solaire ».


Le troisième çakra se situe au niveau de la colonne lombaire et a pour correspondant le plexus épigastrique ou plexus solaire. Il contrôle la fonction digestive. Il est représenté par un lotus à 10 pétales avec les syllabes-germes : « dam », « dham », « nam », « tam », « tham », « dam », « dham », « nam », « pam » et « pham ». Son réceptacle contient un triangle rouge, pointe en bas, avec la syllabe-germe « RAM » comme symbole de l’élément feu. Le nombre 10 symbolise l’amour et la raison, le mariage. « Il exprime l’élan divin se perpétuant à travers le monde, la formation du cosmos, ébranlement successif en perpétuel mouvement et en perpétuel changement ». La couleur rouge correspond à l’excitation de la plénitude de l’expérience et à la volonté de conquête vitale. Il représente l’attrait pour la conquête amoureuse et la productivité, l’action, la compétition. Il correspond à la virilité pleine de force, aux formes épanouissantes et à l’image du feu. Il tend à l’unification par l'intermédiaire de la domination. Ce çakra est en relation avec la force expansive de la matière physique, le sens de la vue, l’organe de la défécation, la fonction d’assimilation et les parties charnues du corps. Au niveau de sa fonction psychologique, « le désir » est ici consumé et transformé en une substance ardente qui resplendit et pénètre tout. Par contre, la stimulation non ménagée de ce çakra peut provoquer la colère, la peur, la stupéfaction, la violence, l’orgueil.
Ci-dessus : deux représentations de MANIPURA ou « çakra du Plexus Solaire ». Son réceptacle contient un triangle rouge, pointe en bas, avec la syllabe-germe « RAM » comme symbole de l’élément feu. 

Le MANIPURA ou « çakra du Plexus Solaire » correspond aux désirs, aux émotions, aux sentiments, à l’affirmation de soi et à l’ambition. C’est analogiquement un niveau égal au « ventre ». Logique : qui mange qui ? Logique des entreprises, dans lequel les gens se « mangent » les uns les autres et cherchent à dominer le groupe par tous les moyens. Non fiabilité à ce niveau. Rien n’est stable, rien n’est solide, rien n’est sérieux. Niveau de conscience de l’homme d’aujourd’hui, de l’homme ordinaire, changeant et versatile. Nous vivons à une époque où les sociétés et les rapports humains sont basés sur des « contrats ». Les contrats sont pris de façon libre. Mais l’homme moderne, n’est pas fiable. Il n’est pas vraiment responsable de ce qu’il fait. A notre époque, aucune responsabilité n’est fiable. Les contrats peuvent êtres dénoncés du jour au lendemain (Christophe Allain). Chaque être humain occupe un niveau de conscience qui lui est spécifique. Le moi ou ego doit s’imposer à ce niveau. Les mois individuels doivent s’imposer. La liberté s’impose à l’être humain. La conscience du moi individuel s’impose à chacun : « moi d’abord », et c’est normal à notre époque. Avant le 4ème çakra il n’y a pas de conscience spirituelle. Les çakras 1,2 et 3, correspondent à la survie, à l’égo qui souffre et qui fuit. L’individu n’est pas encore un Homme (un « Homme Vrai »), ce n’est encore qu’un homme ordinaire. C’est un être soumis à des automatismes qu’il est incapable de contrôler. Comme le disait si justement Gurdjieff, l’homme ordinaire est une machine. Il lui manque une autre dimension (verticale). Il est uniquement dans l’horizontalité.

Ci-dessus : MANIPURA ou « çakra du Plexus Solaire » correspond aux désirs, aux émotions, aux sentiments, à l’affirmation de soi et à l’ambition. Dans le monde moderne, l’ambition et la réussite sociale passent par l’acquisition de l’argent. La possession de l’argent est le signe extérieur de votre réussite et donc de votre « valeur » aux yeux des autres. Mais la logique du système actuel est basée sur celle du « ventre » : qui mange qui ? Manger ou être mangé, tout le système des rapports économiques repose sur ce triste dilemme. Comme ce système n’est pas stable, il génère des crises qui entraînent des millions de personnes dans la pauvreté alors que d’autres s’enrichissent dans des proportions exorbitantes. La crise financière de 2008 est un bon exemple de la façon dont fonctionne le système économico-financier actuel. Dans ce système, tout n’est que fluctuations incessantes, instabilité, incertitude du lendemain, non-fiabilité des protagonistes qui le perpétue et incapacité de ces mêmes protagonistes à contrôler quoi que ce soit. Ce système pervers ne peut donc que s’écrouler.

6) 4 ème çakra : ANAHATA ou « çakra du Cœur ».


Le quatrième çakra correspond au plexus cardiaque et se localiserait au niveau des vertèbres dorsales. On l’appelle aussi « le centre du cœur ». Il est représenté sous la forme d’un lotus à 12 pétales portant les syllabes-germes : « kam », « kham », « gam », « gham », « nam », « cam », « cham », « yam », « yham », « nam », « tam », « tham ». Son réceptacle porte un hexagramme couleur de fumée (gris-bleu) avec la syllabe-germe « YAM » symbole de l’élément air ou vent. Ce çakra est en rapport avec le sens du toucher. Le nombre 12, par analogie au cercle zodiacal signifie une fin et une évasion hors de la matière. Le gris est une couleur neutre, libre de toute excitation ou tendance psychique, il signifie humeur égale, point frontière entre tension et solution, il sépare (ou concilie) le mode de l'affirmation et celui de la négation, le mode objectif et le mode subjectif. Le gris fumée est nécessairement en rapport avec le feu qui consume et la synthèse du lumineux et de l'obscur, de la raison et de la passion, du bien et du mal. Le symbole géométrique de ce chakra est représenté par le sceau de Salomon ou étoile à six branches, symbole de la synthèse entre matériel et spirituel. Jung en fait le symbole de l'Art et de la synthèse de l'eau et du feu. Sur le plan affectif. Il correspondrait à l'espérance, l'anxiété, le doute, le remords, la trépidation, l’excitation. Niveau de conscience spirituelle, caractérisé par la clarté de la pensée, la clarté de l’esprit et la clarté de la parole. A ce niveau d’existence il n’y a plus de confusion mentale. Nous possédons le discernement. Liberté intérieure. Manifestation de l’Esprit, de la compassion, de l’amour, de la joie, et de la sérénité. A ce stade d’évolution, nous sommes en contact avec la vraie nature de qui nous sommes réellement. Nous sommes en contact avec l’Esprit que nous sommes réellement. Nous sommes capables de nous éveiller à nous-mêmes. Contact avec l’Esprit que tu es. A ce niveau d’être, nous mettons en avant des raisons morales personnelles pour exercer des responsabilités. Nous prenons conscience que nous sommes des individus libres et que nous sommes capables de prendre des décisions personnelles. Nous ne sommes pas toujours intégrés à des groupes d’humains qui incarnent les institutions, les religions et ce qui est officiel. Nous nous associons librement avec les autres et nous sommes liés ensemble par l’Esprit. A ce niveau, on commence vraiment à être des êtres humains, des « Hommes Vrais ».

Ci-dessus : deux représentations d’ANAHATA ou « çakra du Cœur ». 

A noter qu’il ne faut pas confondre le « çakra du Cœur » avec le centre de l’être humain symbolisé aussi par le cœur. En ce qui concerne le centre spirituel de l’être humain, nous avons publié une étude sur ce sujet à l’adresse suivante :

7) 5 ème çakra : VISHUDDHA ou « çakra de la Gorge ».


Le VISHUDDHA ou « çakra de la Gorge » est situé au niveau de la région bulbo-médullaire et correspond au plexus laryngien et pharyngien. Il est associé à l’élément subtil de l’éther spatial, porteur du son, intermédiaire des vibrations. De couleur blanche, ce lotus possède 16 pétales, il est en rapport avec le sens de l’ouïe et l’organe de la parole (larynx et bouche). Il contient toutes les voyelles usitées en sanskrit sur 16 pétales. Le nombre 16 représente le cube (4x4) qui contrairement à la sphère, se veut une construction purement humaine. C’est la forme la plus achevée de la matière qui, si elle ne peut se perpétuer et se renouveler, est destinée, en l’absence du spirituel à une ruine complète (mythe de la tour de Babel). La syllabe-germe centrale de ce çakra est « HAM » qui est représentée par une goutte blanche ou sur un disque blanc à l'intérieur d’un triangle reposant sur sa pointe, porté par un éléphant blanc à six défenses. C çakra est lié à l’affection, la tristesse, le respect, la dévotion, le contentement, le regret avec une référence spéciale à la vie de relation. L’énergie-mère, à hauteur des centres thyroïdiens éveillera, épanouira ensuite la conscience de l’homme « Personne ». C’est la période où s’affirme le tempérament, cette tendance à faire dominer en soi, un ou plusieurs instincts fondamentaux de la vie humaine, L’homme se révèle à lui-même et aux autres. Une personnalité nouvelle fait son entrée dans la vie.

C’est le niveau du mental. Le mental c’est la forme que nous donnons au monde. Le mental c’est la forme du monde. Lors de son incarnation, un être humain élabore (« fabrique » en quelque sorte) ses sens et le monde spécifique dans lequel il va s’incarner. Chacun vit dans son propre univers. Chaque univers est spécifique et particulier. Chacun vit dans sa « bulle ». Nous sommes tous dans notre propre « bulle » d’univers. Nous créons nos cinq sens et le monde matériel ou nous faisons l’expérience de ce que nous voyons. C’est le niveau du temps linéaire, de la voie et du chemin spirituel.

Ci-dessus : deux représentations de VISHUDDHA ou « çakra de la Gorge ». 

8) 6 ème çakra : AJNA ou « çakra du 3ème Œil ».


AJNA ou « çakra du 3ème Œil » qui correspond au sens de l’éternité, est situé au milieu des sourcils. Il correspond au plexus caverneux et serait localisé au niveau du cervelet. Il appartient au domaine du « lotus aux mille pétales », le Sahasrara et n’est pas considéré par la tradition tibétaine comme un centre séparé et ne possède que deux pétales de couleur blancargenté avec les syllabes-germes « ham » et « ksam » et comme syllabe-germe principale le « A » bref. Le chiffre 2 symbolise la gestation, la fusion, la complémentarité, ou l’opposition et la révolte. Il est le siège des facultés mentales. C’est par ce centre que le Yogi reçoit les ordres télépathiques de son maître spirituel, le Guru. La stimulation de ce centre subtil provoque des sensations lumineuses blanches puis ensuite multicolores. Ce çakra est aussi appelé « bindu », parce que là, quand le çakra est percé, apparaît une lumière intense, une flamme, qui est le « troisième œil ». C’est avec cette flamme que Shiva réduit les trois mondes (la Terre, le Ciel, et les mondes intermédiaires) en cendre. Ajna signifie « commande ». Il est situé dans ûrnâ, la pierre frontale (lapis lazulite). C’est le lieu de la foudre, du feu. Il est le siège de nâda (la vibration causale), bindu (le point limite), shakti (l’énergie). Il relie l’absolu qui se trouve dans le dernier centre, et dont il reçoit les ordres, et le phénoménal à partir du centre de la gorge. Recevant les ordres du Guru Suprême il les transmet dans notre microcosme. AJNA correspond au niveau énergétique. C’est aussi le niveau des constructions multidimensionnelles. A ce stade, l’être humain a la connaissance de l’essence et du plan divin. Il a accès aux vérités subtiles. Le temps n’est plus linéaire. L’être humain acquière le pouvoir d’être en contact toutes sortes d’entités énergétiques comme des esprits, des lutins, des elfes, des fées, et des « extraterrestres » (channeling).

Ci-dessus : trois représentations d’AJNA ou « çakra du 3ème Œil ». 

9) 7 ème çakra : SAHASRARA ou « çakra du Sommet ».


SAHASRARA ou « çakra du Sommet » se situe juste au-dessus du sommet du crâne. Certains considèrent qu’il est hors du système des six autres çakras puisqu’il n’est pas localisé dans le corps humain. Il échappe au corps physique. Il est au delà. Ce lotus aux mille pétales possède une syllabe-germe centrale « Om », tandis que ses pétales représentent l’infinie multiplicité et la somme de toutes les syllabes-germes et de tous les çakras. Ce lotus symbolise le mariage parfait, la connaissance suprême et absolue ou encore l’illumination à laquelle parvient l’être qui a transcendé sa condition humaine. Ce « lieu » est la demeure du principe mâle incarnée dans la mystique tantrique par le dieu Shiva. C’est en cette demeure que la Kundalini, énergie féminine incarnée par la déesse Devi, s’unit avec le principe mâle. Cette énergie originelle latente, qui a été éveillée dans le Muladhara, s’est ensuite élevée par le nadi central, sushumna, à travers tous les çakras qui ont été ainsi ouverts, pour finalement fusionner avec l’Absolu. Le SAHASRARA est le « lieu » des essences pures et de l’essence de l’être. C’est aussi le « lieu » de la connexion et de la fusion avec le divin, avec le sans forme. A ce niveau, il n’y a plus de forme. C’est le niveau de la « signature » du créateur, de l’essence divine des choses. L’être humain aborde l’univers des dimensions infinies. C’est le domaine de l’Art en opposition aux « sciences » (Christophe Allain). Le 7ème et dernier çakra est en connexion avec la glande pinéale, l’épiphyse, et la partie cérébrale postérieure. Il est la « Colombe de l’Esprit ». Il transcende l’action de tous les autres çakras. Il nous ouvre les « Portes du Royaume du Tout ». Il nous relie à l’Univers et à l’Infini. Si les mantras d’éveil des çakras inférieurs sont : « lam », « vam », « ram », « yam », « ham », « om », on peut dire que le mantra associé à ce çakra est l’« Om » traditionnel qui est scandé avant les prières hindoues. « Om » est censé réveiller tout le corps et reflète le son de l’Univers. Pour certains, il n’existe pas de mantra vraiment spécifique à Sahasrāra. Lorsque la Kundalini atteint sahasrāra, l’être humain parvient au détachement complet de l’illusion et de la māyā. Il n’y a plus d’attachement corporel. Le stade ultime du samādhi est réalisé. Sahasrāra est la porte à la plus haute des consciences, la conscience divine. Une fois sahasrāra éveillé, sa propre yantra apparait ; l’éveil, l’illumination sont là. Dans la kabbale, sahasrara peut être mis en rapport avec la sephira Kether, qui représente la pure conscience et l’union avec Dieu. D’un certain point de vue, le « çakra du Sommet » ou « çakra couronne » peut être considéré comme le symétrique du çakra de la base qui nous relie à la Terre. Toutefois, tandis que l’énergie terrestre est dense, l’énergie Céleste est au contraire très subtile. Cela ne signifie pas que l’une soit meilleure que l’autre. Elles se complètent. Le çakra coronal ne peut se développer harmonieusement que si le çakra de la base est solide (ancrage dans la réalité matérielle). Le corps est le véhicule de l’énergie Céleste, qui elle-même nourrit le corps et les çakras à travers le çakra coronal. L’énergie Céleste pénètre dans la matière et donne naissance aux formes concrètes. C’est le mariage de l’énergie Céleste et de l’énergie Terrestre qui permet la création vivante.
Ci-dessus : trois représentations de SAHASRARA ou « çakra du Sommet » qui est situé juste au-dessus du sommet du crâne. 

Ci-dessus : position des çakras dans le corps humain. Les çakras, sont des centres subtils localisés dans certaines régions du corps humain. Ces localisations corporelles ne sont d’ailleurs que des correspondances entre différents niveaux de réalité ou de manifestation. Cela signifie que les çakras n’ont pas de consistance matérielle. Ils n’ont pas de réalité physique au sens matérialiste de l’expression. Les çakras sont au nombre de sept, mais il serait sans doute plus juste de dire qu’ils sont au nombre de six, car le septième centre de conscience, Sahasrara ou « lotus aux mille pétales », se rapporte à un état qui est au-delà de l’individualité, donc au-delà des différents centres de conscience humain. Les çakras sont disposés selon un axe vertical qui correspond à celui de la colonne vertébrale. En partant du bas vers le haut, nous avons : Muladhara ou « çakra racine » situé à la base de la colonne vertébrale dans le région du pelvis, Swadhishthana ou « çakra sacré » situé dans la région du nombril, Manipura ou çakra du « plexus solaire » situé dans la région de l’estomac, Anahata ou « çakra du cœur » situé dans la région cardiaque, Vishuddha ou « çakra de la gorge » situé dans la région antérieure du cou, Ajna ou « çakra du troisième œil » situé entre les deux yeux (chiasme optique), et enfin, situé au sommet de la tête (fontanelle), Sahasrara ou « çakra » coronal. Il importe de noter que les çakras étant localisés à l’intérieur de la colonne vertébrale, ils ne peuvent en aucun être assimilés à des centres nerveux ou à des plexus. C’est donc une erreur, par exemple, d’assimiler purement et simplement Manipura au « plexus solaire ». Les sept çakras ne sont pas seulement des centres d’énergie, se sont aussi sept « corps subtils », sept niveaux différents de vibration, sept niveaux de conscience, sept plans de réalité, sept « couches » si je puis dire situées entre la matière et l’Esprit, sept degrés de réalisation, sept potentialités de la nature humaine, sept « mondes », sept divinités, sept niveaux de perception et de manifestation.

Ci-dessus : les 7 chakras principaux, leur localisation et les glandes endocrines associées (source Alain Boudet).
Selon Alain Boudet, le système des chakras n’est pas figé une fois pour toutes. Il évolue en fonction de l’histoire et de la conscience globale de l’Humanité. Actuellement, le système des çakras serait en réorganisation. « Les çakras situés immédiatement au-dessus de la tête (8 ème , 9 ème, et 10ème çakras) prennent actuellement une grande importance car ils sont globalement en cours d’activation pour tout le monde sous l’influence des changements vibratoires de la Terre. Les 8ème, 9ème, et 10ème çakras sont en lien avec notre appartenance aux plans supérieurs de lumière. Toute l’Humanité en subit les conséquences dans ses corps, dans ses çakras, dans ses canaux subtils et dans sa conscience ». L’idée que l’Humanité traverse (et va traverser de plus en plus) une phase de bouleversements spirituels est assez répandue à notre époque. En tant que clairvoyant, Christophe Allain estime que les jeunes générations sont « appareillées » et qu’elles sont prêtes pour de nouvelles connexions psychiques et spirituelles (pas seulement des connexions Internet). Ces changements vont-ils générer l’ouverture de çakras situés au-dessus de SAHASRARA ou « çakra du Sommet » ? C’est une question à laquelle il est bien difficile de répondre pour le moment, mais si nous admettons que dans le domaine de la spiritualité rien n’est figé ou statique, c’est une perspective qui n’est pas absurde. Si comme nous l’avons démontré dans notre dossier intitulé « Kundalini et Petits Mystères » la montée de la Kundalini le long de l’échelle des 7 çakras correspond seulement à la réalisation des « petits mystères », le développement de possibilités plus élevées chez l’être humain fait indubitablement partie de son évolution future.

Rappelons que les « Petits Mystères » comprennent tout ce qui se rapporte au développement des possibilités de l’état humain envisagé dans son intégralité. Ils aboutissent à la perfection de l’état humain, c’est-à-dire à ce qui est désigné traditionnellement comme la restauration de l’état primordial ou édénique (ADAM). Les « Grands Mystères » concernent proprement la réalisation des états supra-humains. Prenant l’être au point où l’ont laissé les « Petits Mystères », et qui est le centre du domaine de l’individualité humaine, les « Grands Mystères » le conduisent au-delà de ce domaine, et à travers les états supra-individuels, mais encore conditionnés, jusqu’à l’état inconditionné qui le seul est véritable but et qui est désigné comme la « Délivrance finale » ou comme l’ « Identité Suprême » (Guénon).

10) Le symbolisme du chiffre 7.


La tradition décrit sept çakras qui forment une sorte d’« échelle » spirituelle partant de la Terre et s’élevant jusqu’au Ciel. Les çakras ne sont pas de notre monde (monde matériel). Ils sont dans la réalité subtile qui n’est pas accessible à nos sens grossiers. Chaque çakra correspond à un univers à lui tout seul. L’univers d’un çakra est un plan de réalité qui communique avec tous les autres. D’un point de vue symbolique, nous trouvons de nombreuses correspondances entre les sept çakras et les réalités liées au chiffre sept. Dans la tradition judéo-chrétienne, par exemple, le chiffre « 7 » occupe une place de choix :

… La Menorah ou chandelier à sept branches.
… Le nombre des dons du Saint-Esprit.
… Le nombre de jours dans une semaine est un nombre hautement symbolique chez les juifs et les chrétiens, car c’est le nombre de jours pendant lesquels Dieu a créé le monde.
… Le nombre de sacrements dans la religion catholique.
… Les sept vertus et les sept pêchés capitaux.
… Le nombre d’Archanges de l’Apocalypse, d’« étoiles » et de « bougies » qui symbolisent respectivement les sept Archanges de Dieu, les « Sept Églises », et les lettres adressées à ces sept Eglises.
… Le nombre de têtes de la bête de l’Apocalypse.
… Les « 7 » Sceaux de l’Apocalypse.

Soulignons les étonnantes correspondances entre les çakras et l’Apocalypse de Jean qui est le dernier livre du Nouveau Testament. En effet, dans ce texte qui est une « révélation », Jean s’adresse aux sept églises d’Asie. Il invoque les sept esprits présents devant le trône. Il voit sept candélabres d’or entourant le fils de l’Homme. Il décrit celui qui tient les sept étoiles dans sa main droite et marche au milieu des sept candélabres d’or. Il évoque celui qui possède les sept esprits de Dieu et les sept étoiles, tandis que devant le trône sont sept langues de feu et sept esprits de Dieu. Devant le trône aux quatre vivants se trouve un agneau égorgé portant sept cornes et sept yeux. L’Agneau brise les sept sceaux, et à la rupture du septième sceau, règne un silence d’une demi-heure alors que sept anges et sept trompettes se font entendre. Les sept tonnerres font entendre leurs voix, sept anges portent sept fléaux, on leur remet sept coupes en or. On y trouve les sept coups de la colère de Dieu. La « prostituée » Babylone est assise sur une bête écarlate portant sept têtes et dix cornes. Les sept têtes sont les sept collines sur lesquelles elle s’est assise. L’évangile est un livre fermé par sept serrures ; c’est-à-dire que, pour accéder au sens intégral du texte (qui comporte plusieurs niveaux de lecture), il est nécessaire de trouver les sept clefs consécutives susceptibles de l’ouvrir.

Nous devons aussi évoquer la correspondance des sept çakras avec les « sept cieux » chers à l’Islam, les sept planètes, et les sept métaux alchimiques. « Les Noces Chymiques » de Christian Rosenkreutz (Strasbourg1616), un des textes fondateurs de la Rose+Croix, durent sept jours et peuvent être rapprochées des sept étapes du Grand Œuvre alchimique :

.1) Trouver la terre minérale (minerai de fer et d’antimoine),
.2) Préparer le « feu secret » (ce n’est pas un feu matériel),
.3) Séparer l’Esprit du corps (le subtil de l’épais),
.4) Réunir à nouveau le subtil et l’épais (noces alchimiques),
.5) Cuisson,
.6) Humidification,
.7) Multiplication.

L’ouverture et la pénétration des 7 çakras par la Kundalini est donc à rapprocher du processus alchimique tel qu’il est décrit dans la littérature ésotérique occidentale.

Comme l’enseigne la loi de correspondance hermétique entre le microcosme et le macrocosme, chacun des sept çakras est en relation avec sept « univers » macrocosmiques. Par analogie avec le plan physique matériel, chacun de ces sept « univers » a ses lois spécifiques, ses dimensions et ses particularités propres. Quand un être humain traverse un çakra, il pénètre dans un « univers » spécifique. Quand il arrive dans cet « univers » il se trouve doté d’organes de perception et de facultés qui lui permettent de se mouvoir dans cet « univers ». Traverser un çakra c’est donc aussi réaliser une potentialité incluse dans l’Homme, et donc le doter de facultés nouvelles qui sont comme de nouveaux « organes » de perception pour sa conscience. Le chiffre « 7 » est aussi associé à d’autres réalités du monde antique et aux sciences traditionnelles :

… Les Sept sages de la Grèce, grands législateurs et philosophes grecs de l’époque archaïque, qui chacun ont laissé une maxime gravée sur le fronton du temple de Delphes.

… Le nombre traditionnel des Sept merveilles du monde.

… La Lyre à Sept Cordes d’Apollon.

… L’antique ville de Thèbes en Grèce comptait sept portes.

… Le Septentrion ou Nord. Ce terme vient de la Petite Ourse, appelée par les Romains « Septem Triones » (les sept bœufs). Cette constellation, qui contient l’Étoile Polaire, indique le Nord et contient sept étoiles. … La septième lame du Tarot est le Chariot qui est aussi le nom de la Petite Ourse (le « Petit Chariot). … Le nombre traditionnel des astres et des métaux qui leur sont liés :

.1) fer = Mars,
.2) cuivre = Vénus,
.3) plomb = Saturne, .
.4) étain = Jupiter,
.5) mercure = Mercure,
.6) argent = Lune,
.7) or = Soleil. 

Ci-dessus à gauche : l’heptagramme ou étoile à sept branches avec les correspondances planétaires. Ci-dessus à droite : gravure extraite du traité d’Alchimie de Basile Valentin intitulé : « Azoth, ou le Moyen de faire l’Or caché des Philosophes » (1624). Dans cette planche figure l’étoile à sept branches inscrite dans un cercle avec la formule : Visita Interiora Terrae, Rectificando Invenies Occultam Lapidem (V.I.T.R.I.O.L).
… La formule « V.I.T.R.I.OL » comporte 7 lettres. Cette formule signifie : Visita Interiora Terrae, Rectificando Invenies Occultam Lapidem, c’est-à-dire, visite l’intérieur de la Terre, en rectifiant, tu trouveras la pierre cachée.
… Les sept arts libéraux (ou septivium) sont regroupés en trivium : Grammaire, Rhétorique, Dialectique, et quadrivium : Arithmétique, Géométrie, Astronomie, Musique. Les sept arts libéraux formèrent pendant des siècles la base de tout enseignement. Le chiffre « 7 » est aussi très présent dans les contes et les légendes :
… Le nombre de nains dans le conte « Blanche-Neige et les Sept Nains ».
 Le nombre de lieues que l’on peut parcourir en une seule enjambée dans les contes grâce aux bottes de sept lieues (sept lieues, soit environ 30 km, une lieue faisant approximativement 4 km (7 × 4 km = 28 km), 30 km étant la distance qui séparait, en moyenne, deux relais de poste, étapes où l’on devait changer de chevaux).
… L’âge du Petit Poucet, le nombre de sa fratrie et le nombre de filles de l’Ogre.

L’heptagramme est une représentation de l’Univers basé sur les planètes, il représente les sept planètes classiques de l’Alchimie, c’est-à-dire la Lune, le Soleil, Mercure, Saturne, Jupiter, Mars et Vénus. L’heptagramme est une représentation qui associe traditionnellement les éléments suivants :

- les sept couleurs de l’arc-en ciel (ou 5 couleur plus le blanc et le noir suivant les auteurs) soit rouge, orange, jaune, vert, bleu, indigo, violet).
- les sept planètes de l’Alchimie.
- les sept anges de la face (ou archanges).
- les sept métaux classiques de l’Alchimie : or, argent, mercure, plomb, fer, cuivre, étain). - les sept notes de musique (do, ré, mi, fa sol, la, si).
- les sept jours de la semaine. 
Ci-dessus : les constellations de la Grande Ourse à gauche, et de la Petite Ourse à droite. Chacune de ces deux constellations est formées de sept étoiles. L’étoile Alpha Ursae Minoris (α UMi en abrégé) de la Petite Ourse est l’Etoile Polaire. Elle est située dans l’axe de rotation de la Terre et paraît fixe aux observateurs de l’hémisphère nord. Elle est aussi l’étoile la plus brillante de cette constellation. L’Etoile Polaire indique le Septentrion ou le Nord céleste. Le terme septentrion vient de la Petite Ourse qui était appelée par les Romains « Septem Triones » (les sept bœufs). Notons aussi que le swastika, ce signe que l’on trouve répandu partout, de l’Extrême-Orient à l’Extrême-Occident, est « le signe du Pôle ». Le swastika symbolise le mouvement de rotation qui s’accomplit autour d’un centre ou d’un axe immuable. D’une certaine façon, les çakras forment un axe vertical dans la physiologie subtile de l’être humain. Cet axe est orienté vers le « pôle » spirituel qui est notre centre intérieur immobile.

Ci-dessus : trois représentations de la Ménorah ou chandelier à 7 branches dans la religion juive. La Ménorah située à l’extrême droite est une variante en « Y » dessinée par Maïmonide dans l’un de ses traités midrashiques : trois branches droites à l’est, trois à l’ouest et une au centre. Le nom Ménorah signifie « de la Flamme » ou « qui provient de la Flamme », cette dernière étant la Schékhinah ou présence de Dieu. Sa fonction première était d’apporter la lumière divine dans le Temple. Le prophète Zacharie nous indique que : « ces sept lampes sont les yeux de Dieu. Ils vont par toute la Terre ». On peut trouver diverses autres significations, la Menorah pouvant aussi représenter le buisson ardent que l’on retrouve dans la Bible. Les 7 branches et les 3 pieds où les branches rencontrent l’axe central de la Ménorah représenteraient les 10 Sephiroth (forces de la volonté Divine) de l’Arbre de Vie de la Kabbale.

Ci-dessus : Il est aussi possible d’établir une correspondance fructueuse entre les çakras et les Sephiroth de la Kabbale qui est la tradition ésotérique du judaïsme.
Comme les çakras, et d’un certain point de vue, les Sephiroth sont des centres subtils situés dans l’être humain. Bien que les Sephiroth de la Kabbale soient au nombre de dix et les çakras au nombre de sept, la correspondance reste cependant parfaite. En effet, dans l’Arbre Sephirotique ou « Arbre de Vie », il y a trois couples placés symétriquement sur les « colonnes » de droite et de gauche : Binah/Chokhmah, Geburah/Chesed, Hod/Netzach. Ces couples ne forment donc que trois centres, et ajoutés à Malkuth, Yesod, Tiphareth et Kether, nous avons bien sept centres majeurs comme pour les çakras. L’axe central correspond à sushumna et les deux « colonnes » latérales sont en correspondance avec Ida et Pingala. En commençant par le haut, les correspondances suivantes peuvent être établies :

1 : Kether (la Couronne) = Sahasrara ou « lotus aux mille pétales »,
3 et 2 : Binah/Chokhmah = Ajna, le « troisième œil » ou « œil de la connaissance »,
5 et 4 : Geburah/Chesed = Vishuddha, « çakra de la gorges ».
6 : Tiphareth (qui occupe une position centrale) = Anahata ou « çakra du cœur »,
8 et 7 : Hod/Netzach = Manipura, « çakra du cœur ».
9 : Yesod = Swadhishthana, « çakra sacré ».
10 : Malkuth = Muladhara, « çakra racine ».

Daniel ROBIN