Le cas de Cagnes-sur-Mer (06/A-M), Mai 1953 ou 1954


Ou : LA CUEILLETTE INTERROMPUE
 
Enquête : Eric Zurcher et Christian Hycnar / 1976.
Personnellement (Eric Zurcher) c’est la sortie la plus désopilante dont je me souviens à cause de la personnalité extraordinairement sympathique du témoin.
Le récit de cette rencontre est paru dans la Revue des Soucoupes Volantes de Michel Moutet (N° 2, pp 37-38). Je l’avais aussi communiqué à Henri Julien, alias François Gardes, le président de l’ADEPS, une association régionale importante à l’époque, qui l’a repris (pp 223-224) dans son livre OVNI en Provence (Editions de Haute-Provence / 1993). Enfin, ce cas se trouve bien entendu dans le catalogue de Julien Gonzales : Le livre des RR3 en France, édité à compte d’auteur.
C’est à ma connaissance les trois seules sources papier où l’on puisse trouver cette relation.
Le lien nous était parvenu par une connaissance de travail de Christian, qui connaissait cet homme et l’avait entendu relater son histoire.
 
LE TEMOIN
 
Le témoin (Mr C) était un homme d’environ 65 ans qui vivait tranquillement au fond d’un vallon connu de Cagnes sur Mer. Il habitait une sorte de baraque construite de bric et de broc, avec pour environnement un terrain maraîcher où il cultivait toutes sortes de légumes (l’endroit n’existe plus, l’urbanisation étant passée par là). C’était un homme libre et très indépendant, qui pouvait passer pour un peu marginal, mais qui était très heureux de son état. Sa vie avait été fertile en rebondissements car il avait fait d’innombrables choses et s’était visiblement bien amusé à les faire. Il avait même été acteur… de second rôle : ma gueule est connue, hein ?! Peuchère ! Mais personne ne connaît mon nom !
Et c’était vrai ; son visage nous évoquait quelque chose de déjà vu, mais on ne pouvait mettre un nom sur ce personnage haut en couleur, avec une faconde toute provençale. Ce n’était pas seulement l’accent, mais aussi les expressions et les mimiques avec lesquelles il nous conta maints épisodes de sa vie.
Bref, un personnage évoquant des zestes de Fernandel, Pagnol et Blaise Cendrars, qui nous fut immédiatement sympathique, et dont le récit avait tous les accents de la sincérité.
 
LES FAITS
 
C’était au mois de Mai 1953 ou 1954 (il ne se rappelait plus très bien l’année exacte) et il rentrait chez lui son travail terminé, vers Minuit et demi. La nuit était claire et lumineuse.
Il poussait sa bicyclette et marchait le long de l’avenue Ziem (qui existe toujours, à Cagnes sur Mer) longeant des haies et des broussailles trempées de rosée, ramassant des escargots dont il raffolait.
Soudain, il remarqua devant lui et selon son estimation, à une assez courte distance, un cigare brillant dans le ciel, de couleur orange, avec des paillettes bleues tout autour. Ce cigare évoluait sur un axe Nord-sud dans un silence absolu et l’observation dura quelques secondes. Le spectacle était vraiment magnifique, d’autant qu’une queue lumineuse perdurait dans son sillage.
Interloqué, Mr C resta pétrifié quelques instants, vaguement inquiet, et décida finalement de quitter les lieux, renonçant à sa fructueuse récolte.
C’est alors qu’il eut la vague sensation de ne pas être seul et regarda autour de lui.
Finalement, il aperçut un visage au dessus d’une haie : une étrange figure d’une grande pâleur avec un crâne entièrement chauve. Le personnage le regardait avec de grands yeux amicaux et brillants et une sorte de sourire béat. Le témoin se souvient que ses lèvres étaient extrêmement minces. L’individu ne parlait pas, ne bougeait pas, n’exprimait aucune hostilité apparente et son corps était invisible, dissimulé par la haie.
Ce type avait l’air plus idiot qu’autre chose, une belle gueule d’ahuri ! nous confia Mr C.
 
Toutefois, touché par l’étrangeté de la situation et pas très rassuré, il enfourcha sa bicyclette et s’enfuit en dévalant à toute vitesse l’avenue Ziem.
Le lendemain, il revint sur les lieux de la rencontre et constata que la haie faisait 90 cm de haut.
Deux semaines plus tard, contant sa mésaventure nocturne à des amis, l’un d’eux lui précisa que la même nuit, à la même heure, d’un point d’observation différent mais voisin, il avait vu à courte distance le phénomène lumineux décrit par Mr C.
Cela rassura notre témoin et le persuada qu’il n’avait pas rêvé. En 1976, il n’avait toujours pas oublié cette face de lune et cette belle expression de « crétin du village » qui l’avait empêché de terminer sa cueillette.

Et Henri Julien d’ajouter avec son humour habituel : Probablement que cet « extra-terrestre » ignorait  qu’en Provence, on mange ces gastéropodes à la sauce tomate, avec beaucoup d’ail, de « pébrette » et des petits lardons.

REMARQUES
 
Cette affaire possède un côté hilarant, mais ce n’est pourtant pas la première fois que des « promeneurs » occupés à la cueillette de champignons, plantes (et ici des escargots) sont surpris dans leurs activités par « une intrusion de l’impossible ».
En fait la liste est longue et le portrait de l’être observé évoque les petits humanoïdes de Valensole, ainsi que bien d’autres affaires.
 
Toutefois, une méprise est toujours possible. Le passage d’un bolide – la relation du phénomène aérien y fait penser- coïncidant avec quelqu’un se trouvant accroupit derrière la haie, avec une tête un peu bizarre (ça arrive !).
Mais rien n’est sûr parce que le phénomène ovni nous a aussi habitué à des mises en scènes « limites ».
Mr C à désormais emporté avec lui son vécu, que seule cette relation fait revivre pour la postérité.
C’est la magie des mots et des belles histoires.