Dossier exclusif- Fatima : un évènement majeur dans l’histoire de l’humanité, et le "quatrième secret"




DANIEL ROBIN

 (Ovnis-Direct et les Editions du Confins)


REFLEXIONS SUR LES APPARITIONS DE FATIMA
FATIMA :

UN EVENEMENT MAJEUR DANS L'HISTOIRE DE L'HUMANITE,
et le
« QUATRIEME SECRET »

 

Ci-dessus : La foule observe le phénomène appelé abusivement la « danse du Soleil » survenu le 13 octobre 1917 à la Cova da Ria au Portugal devant près de 70 000 personnes. Mais de quoi s’agissait-il exactement ?

Parlant du phénomène ovni en général et des apparitions de Fatima en particulier, Jacques Vallée dans son fameux livre intitulé « Le Collège Invisible » (Albin Michel - 1975) estime que « nous sommes en face d’une technologie qui transcende la physique que nous connaissons et qui est capable de manipuler la réalité en engendrant chez les témoins des états de conscience variés ainsi qu’une altération de leurs émotions et de leurs croyances. Il faut donc que nous analysions de près cette morphologie du miracle, aussi soigneusement que nous analysons les roches ramenées de la Lune ou les insectes tropicaux. Nous devons démonter cyniquement les témoignages, en chercher les points faibles, et isoler les faits de base. Alors seulement, nous pourrons discuter des motifs et des effets sur la société ».
 
Ce texte est une bonne introduction à l’étude des phénomènes qui se sont déroulés à Fatima. Il date de 1975, mais il n’a pas pris une ride si je puis dire. Il résume en quelques lignes limpides la nature du phénomène auquel nous sommes confrontés (une technologie exotique), et la façon dont il faut en aborder l’étude (démonter cyniquement les témoignages). Par ailleurs, l’étude des apparitions de Fatima doit être menée aussi « soigneusement que nous analysons les roches ramenées de la Lune ou les insectes tropicaux ». Nous souscrivons pleinement à cette rigoureuse méthodologie qui est la seule voie qui nous permettra de comprendre (ou tenter de comprendre) ce qui s’est réellement passé à Fatima. Je n’ai pas la prétention dans ce dossier d’élucider tous les mystères de Fatima, mais je souhaite seulement susciter chez les « chercheurs » (et pas seulement les ufologues) l’envie de se pencher à nouveau sur ce cette affaire exceptionnelle et de poursuivre l’œuvre qui a débuté par les travaux de Jacques Vallée et de Paul Misraki (« Des signes dans le Ciel », Editions Robert Laffont, 1978), et qui a été reprise avec talent par Gilles Pinon et Christel Seval (« La Vierge et les extraterrestres », Agnières, JMG éditions, « Science-conscience », 2007). 

Ci-dessus : Jacques Vallée a été un des premiers chercheurs à étudier de près les apparitions de Fatima. Il a publié ses travaux sur l’affaire de Fatima dans son livre devenu célèbre et intitulé « Le collège Invisible », publié chez Albin Michel en 1975. Bien que son étude date de plus de 39 ans (J’écris ces lignes en août 2014), elle n’en demeure pas moins toujours d’actualité et les idées de son auteur sont toujours aussi passionnantes. Dans l’édition de1975, l’étude de Vallée occupe un chapitre entier intitulé « Vers une morphologie du miracle ». Dans le paragraphe « La physique de la « BVM » (« BVM » : « Bienheureuse Vierge Marie »), Vallée constate que « l’homme peut se comporter de façon abjecte dès qu’il est menacé par un phénomène qui dépasse son entendement. La « BVM » peut se présenter environnée d’orbes dorée, elle peut sourire aux enfants, la technologie qui lui permet de se manifester n’en est pas moins identique à celle des dieux et des déesses d’autres lieux, et elle est identique à celle des ovnis ».

1) Fatima : un phénomène ovnien et extraterrestre

Pour moi, il ne fait plus aucun doute que les événements survenus à Fatima pendant la période allant du printemps 1915 (avril) jusqu’au 13 octobre 1917, sont de nature ufologique (ce qui veut dire qu’ils relèvent de la sémiologie ovnienne) et même, je ne doute pas non plus qu’ils soient d’origine extraterrestre. Ma conviction repose d’une part sur une étude personnelle des faits extraordinaires qui se sont déroulés pendant toute cette période, et d’autre part, sur la lecture d’ouvrages très convaincants au premier plan desquels je cite « le livre clé » de Gilles Pinon intitulé « Fatima, un ovni pas comme les autres ? », publié pour la première fois en 2002 aux Editions Osmondes. Pour moi, l’ouvrage de Gilles Pinon est, sans conteste, la meilleure étude consacrée à ce sujet. C’est la mieux argumentée et la plus convaincante. Je dois avouer que la première fois que je l’ai lu, j’ai été très impressionné par sa démonstration rigoureuse et brillante. La rigueur de son raisonnement est un modèle du genre.
 
D’autres ouvrages sérieux et bien documentés, que nous évoquerons plus loin, défendent la même thèse que Pinon, mais je dois reconnaître qu’il a fait œuvre de « pionnier » en la matière, parce qu’il est le premier à avoir été aussi loin dans l’analyse des faits. Oui, nous pouvons aujourd’hui l’affirmer : Gilles Pinon avait raison ! Son analyse des apparitions de Fatima était pertinente et ses conclusions étaient justes. Tout ce que nous savons aujourd’hui de la sémiologie ovienne corrobore et renforce son étude, et il a fait preuve d’une exceptionnelle lucidité vis-à-vis de cette affaire. Il a compris que Fatima représentait un évènement exceptionnel dans toute l’histoire de l’Humanité. Il avait conscience que Fatima était une manifestation directe et « massive » si je puis dire, d’une présence étrangère qui tentait par ce biais de « communiquer » avec nous, et peut-être aussi de nous « influencer ».
 
Ceux qui étudient les ovnis ne devraient jamais l’oublier : Fatima est sans doute la plus grandiose et la plus spectaculaire apparition d’ovnis de tous les temps. Je ne vais pas reprendre ici, dans le détail, toute la chronologie des événements de Fatima qui est aujourd’hui bien connue, et qui peut être retrouvée dans les livres spécialisés ou sur Internet. A ce propos, nous conseillons tout particulièrement le site Internet partisan de la thèse religieuse, « Notre Dame de Fatima », qui est très bien fait. Il expose de façon claire et précise toute la chronologie des événements avec le détail des dialogues entres les trois enfants témoins de l’apparition et ce qu’il est convenu d’appeler la « Dame » ou l’« entité ». Lien vers le site.
 
Nous indiquons ci-dessous, au paragraphe 2, les grandes dates qu’il faut retenir avec une description non exhaustive des faits. Les « réflexions » que je propose dans ce dossier, n’ont pour objectif que d’apporter quelques éléments d’analyse, c’est-à-dire qu’elles se veulent une approche de la signification et des implications des apparitions de Fatima (« AF ») pour l’ensemble de l’Humanité. Ce travail d’analyse et de réflexion représente sans doute la partie la plus délicate et aussi la plus « périlleuse » pour le chercheur qui non seulement étudierait le « dossier Fatima » comme un historien consciencieux, mais qui aurait aussi l’intention d’aller au-delà des apparences et qui voudrait finalement percer ce que j’appelle le « quatrième secret de Fatima ». Gilles Pinon était déjà allé très loin dans ce travail de recherche du sens des « AF ». Il pensait qu’elles étaient non seulement le premier événement d’envergure de type ovnien du XXème siècle, et ceci bien avant l’observation des disques volants en juin 1947 par Kenneth Arnold, mais qu’elles étaient aussi une sorte de « bombe à retardement » dont la vraie signification ne pouvait pas être comprise à l’époque des faits (1917). Selon cette thèse, il faut aussi admettre que les « artisans » (les extraterrestres) de cette « bombe à retardement » avaient sciemment choisi le terrain religieux (la religion catholique) pour y déposer en quelque sorte la « bombe », sachant que c’était le meilleur « terreau » pour qu’elle se conserve intacte au moins pendant un demi-siècle. Ils savaient sans doute aussi que les meilleurs chercheurs de la seconde moitié du XXème siècle, et surtout du début du XXIème siècle, seraient certainement en mesure de trouver un autre sens aux « AF » grâce aux progrès de la science et à une meilleure compréhension du dossier ovni.
Ci-dessus à gauche (reconstitution) : Les trois enfants assistent à l’arrivée de l’« entité » au- dessus d’un chêne-vert. Tout d’abord, ils virent un éclair puis une « dame » toute vêtue de blanc. L’apparition répandait de la lumière autour d’elle. Elle ne semblait pas avoir de consistance matérielle car les enfants la décrivirent comme étant transparente. Ci-dessus à droite : les trois enfants témoins. En partant de la gauche, Jacinthe, François, et Lucie. François et Jacinthe, atteints de la grippe espagnole, meurent très tôt, respectivement en 1919 et 1920. Lucie entre au noviciat des sœurs Dorothée le 24 octobre 1925. Elle y prononce ses vœux en 1928. Elle a de nouvelles apparitions en 1925 et 1929. En octobre 1934, Lucie prononce ses vœux perpétuels et prend comme nom de religieuse sœur Marie des Douleurs. A partir de 1948, Lucie entre au couvent des Carmélites de Coimbra (Portugal). Elle y prend le nom de sœur Lucie du Cœur Immaculé. Elle meurt le 13 février 2005 à l’âge de 97 ans.

2)  Chronologie des « AF »

Source : le site « Notre Dame de Fatima ».
 
Printemps 1915 (apparition d’une forme humaine) : Lucie, Teresa Matias, sa sœur Maria Rosa et Maria Justino, virent comme suspendue en l’air au-dessus des arbres, une figure semblable à une « statue de neige » que les rayons du Soleil rendaient transparente. Les petites filles ne dirent pas : « Nous avons vu un ange », mais : « nous avons vu quelque chose comme un nuage qui était plus blanc que la neige » qu’elles ne savaient pas décrire. Plus tard elles diront que « cette chose avait une forme humaine ». Lucia comparera la vision à une statue de neige dont on ne voit ni les yeux, ni les mains. Cette « chose » apparaîtra deux autres fois en 1915 aux mêmes petits enfants, sans délivrer de message. Lucie n’a pas conservé en mémoire la date précise de cette première apparition.
 
Printemps 1916 (apparition de l’« Ange de la Paix ») : un an plus tard, au printemps 1916, l’être humanoïde se manifesta de nouveau à Lucie, François et sa sœur Jacinthe. Jouant depuis un certain temps aux osselets, voici qu’un vent assez fort secoua les arbres. Levant les yeux, ils virent au-dessus des oliviers une forme humaine s’approcher d’eux. Cette « chose » avait l’apparence d’un jeune garçon de 15 ans environ, son corps était d’un blanc pur que le soleil rendait transparent comme s’il était en cristal. En arrivant près des trois enfants, l’être de lumière « dit » : « Ne craignez pas, je suis l’Ange de la Paix. Priez pour moi ». Puis s’agenouillant à terre, il courba le front jusqu’au sol. François vit l’Ange mais ne l’entendit pas. Il en sera ainsi pour toutes les apparitions suivantes qu’il verra d’une façon identique à sa sœur et sa cousine, mais sans jamais entendre les paroles prononcées par l’Ange puis par la Vierge. Ce détail est étrange et pourrait s’interpréter comme une sorte de « défaut » dans la technologie mise en œuvre lors des apparitions.

Ci-dessus : Pendant l’automne 1916, les pastoureaux faisaient paître leurs troupeaux. Alors qu’ils récitaient la prière apprise par l’Ange, le visage contre terre, une lumière apparut au-dessus d’eux. Se relevant, les enfants virent à nouveau l’Ange qui cette fois tenait dans sa main gauche un calice, sur lequel était suspendue une Hostie de laquelle tombaient quelques gouttes de Sang. Le Sang tombait dans le Calice. Laissant le Calice et l’Hostie suspendus en l’air (comme en lévitation), l’Ange se prosterna près des enfants et dit une prière. Puis, se relevant, il prit de nouveau le Calice et l’Hostie dans ses mains, donna la sainte Communion à Lucie, et donna le Sang du Calice à Jacinthe et à François. Il se prosterna une dernière fois avec les enfants et répéta à nouveau trois fois une prière. Il semble évident que les trois apparitions de l’Ange aux pastoureaux en 1916, furent une sorte de préparation pour les apparitions ultérieures. Hypothèse : lors de cette phase préparatoire, il n’est pas exclu que les enfants furent enlevé à bord d’un vaisseau spatial, nous dirions aujourd’hui « abductés », et préparés à la fois physiquement (pose d’implants) et psychiquement (conditionnement psychique pour stopper la peur par exemple). Cette phase préparatoire était nécessaire pour qu’ils puissent remplir dans les meilleures conditions possibles leur mission. La première apparition eu lieu au printemps 1916, à la Loca do Cabeço. La seconde apparition, l’été de la même année eut lieu au Poço do Arneiro, près de la maison de Lucie. La troisième apparition à l’automne, de nouveau à la Loca do Cabeço.
 
Eté 1916 (L’« Ange du Portugal ») : nouvelle apparition de l’Ange qui se présente comme étant l’« Ange du Portugal ».
 
Automne 1916 (Eucharistie) : les pastoureaux faisaient paître leurs troupeaux. Après le repas, ils prièrent à l’endroit où l’Ange leur était apparu la première fois. Alors qu’ils récitaient la prière apprise par l’Ange, le visage contre terre, une lumière apparut au-dessus d’eux. Se relevant, les enfants virent de nouveau l’Ange qui cette fois tenait dans sa main gauche un calice, sur lequel était suspendue une Hostie de laquelle tombaient quelques gouttes de Sang. Le Sang tombait dans le Calice. Laissant le Calice et l’Hostie suspendus en l’air (comme en lévitation), l’Ange se prosterna près des enfants et dit une prière. Puis, se relevant, il prit de nouveau le Calice et l’Hostie dans ses mains, donna la sainte Communion à Lucie, et donna le Sang du Calice à Jacinthe et à François. Il se prosterna une dernière fois avec les enfants et répéta à nouveau trois fois une prière.

Ci-dessus à gauche : l’Hostie et le Calice de l’Eucharistie. La communion que vivent les trois enfants à l’automne 1916 est tout à fait extraordinaire. C’est une scène impressionnante qui révèle de la part de nos « visiteurs » extraterrestres une connaissance parfaite de la doctrine et de la symbolique chrétienne. Rappelons que le terme d’Eucharistie désigne la célébration ou le mémorial de la mort et de la résurrection de Jésus à travers une action de grâce qui culmine avec le partage des éléments eucharistiques que sont le pain (Hostie) et le vin contenu dans le Calice. Pour les chrétiens, le pain est le corps du Christ, et le vin est son sang. L’Eucharistie est à la fois un sacrement et un sacrifice. Le « Discours du Pain de Vie » (Evangile selon Jean, 6, 30-40) précise la signification et l’importance de l’Eucharistie dans la vie chrétienne : Ils lui dirent alors : « Quel signe fais-tu donc, pour qu’à sa vue nous te croyions ? Quelle œuvre accomplis-tu ? Nos pères ont mangé la manne dans le désert, selon ce qui est écrit : Il leur a donné à manger du pain venu du ciel. » Jésus leur répondit : « En vérité, en vérité, je vous le dis, non, ce n’est pas Moïse qui vous a donné le pain qui vient du ciel ; mais c’est mon Père qui vous le donne, le pain qui vient du ciel, le vrai ; car le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et donne la vie au monde. » Ils lui dirent alors : « Seigneur, donne-nous toujours ce pain-là. » Jésus leur dit : « Je suis le pain de vie. Qui vient à moi n’aura jamais faim ; qui croit en moi n’aura jamais soif ». Il n’est peut-être pas inutile de s’interroger sur les raisons qui poussèrent nos « visiteurs » (ou « Agent extérieur », que j’appelle aussi le « facteur exogène »). à mettre en scène l’Eucharistie. Quelle signification a-t-elle vis-à-vis de l’ensemble des évènements de Fatima ? Que cherchent-ils à nous dire à travers elle ? Notons enfin, qu’en faisant une lecture littérale des paroles de l’institution de Eucharistie, à la lumière du « Discours du Pain de Vie », toutes les Églises chrétiennes professent la présence réelle du Christ, en son corps et son sang, sous les apparences (« espèces ») du pain et du vin. C’est la doctrine de la transsubstantiation. Cette doctrine a été élaborée au cours du Moyen Age. L’Eucharistie est à la fois le repas, commémorant la Sainte Cène du Jeudi Saint et elle anticipe aussi le « banquet des noces de l’Agneau » promis dans le livre de l’Apocalypse. Ci-dessus à droite : représentation de la Cène. Ce médaillon qui provient des médaillons du retable de la crucifixion est exposé dans la Basilique Sainte-Marie-Madeleine de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume. Ce tableau est l’œuvre d’Antoine Ronzen, peintre primitif niçois et ébéniste originaire de Venise qui résidait à Aix-en-Provence en 1508. Rappelons que la Cène (terme issu du latin cena, « repas du soir, dîner ») est le nom donné par les chrétiens au dernier repas que Jésus-Christ prit avec les douze apôtres le soir du Jeudi saint, peu de temps avant son arrestation, la veille de sa crucifixion, et trois jours avant sa résurrection. Après avoir mangé la Pâque avec ses disciples, le Christ institua l’Eucharistie en disant : « Ceci est mon corps, ceci est mon sang ». La Cène est un des événements fondateurs du christianisme.

Ci-dessus : ce document très important, souvent ignoré et passé sous silence, est une reconstitution artistique de l’« entité » telle qu’elle fut décrite initialement par Lucie. Cette représentation est assez éloignée des images pieuses de la Vierge Marie qui s’imposent aujourd’hui. En 1922, Lucie raconte qu’elle a vu un flash lumineux qui pulsait et ensuite une entité est apparue au-dessus d’un chêne-vert. Les trois enfants furent effrayés en voyant la « splendeur » (sic) ou la vive lumière éblouissante qui enveloppait l’apparition. Lucie raconta à sa mère qu’elle vit une petite et jolie dame. Le terme exact employé par Lucie est « poupée ». Elle avait les yeux noirs et sa robe était totalement blanche. Elle ne semblait pas avoir plus de 15 ans et mesurait environ un mètre ou 1,10 mètre au maximum. La robe avait des coutures dans le sens de sa longueur et aussi dans le sens de sa largeur. Comme s’il s’agissait d’une sorte de vêtement capitonné. Elle portait une cape blanche qui tombait de sa tête jusqu’au bas de sa robe. Le vêtement avait deux ou trois cordelettes aux poignets sans ruban ni ceinture. Il a semblé à Lucie qu’elle portait aussi des bas blancs mais pas dorés. La robe était courte et tombait seulement jusqu’aux genoux. Ce détail concernant la longueur de la robe est en total contradiction avec les représentations officielles de la Vierge Marie. Concernant la coiffe de l’« entité », Lucie déclara qu’elle portait un « cestinho » en or qui était d’une extraordinaire richesse et très éblouissant. Cestinho peut se traduire par « petit panier ». Lucie décrit de cette façon ce qui pourrait rappeler une sorte d’auréole de lumière autour de la tête de l’« entité ». Un autre détail étrange concerne la description par les trois enfants d’un pendentif en forme de « balle » dorée qui se trouvait à mi-corps sur le devant de la robe. Le pendentif était attaché par une corde dorée et la main gauche de l’« entité » semblait soutenir cette étrange « balle ». Nous constatons que tous ces détails curieux nous éloignent considérablement de la représentation traditionnelle de la Vierge Marie. Dans ces conditions, nous sommes bien obligés d’admettre que les représentations ultérieures officielles de l’« entité » ne sont que des adaptations destinées à rendre plus crédibles les « AF », et surtout à les rendre plus conformes à l’image que l’Eglise se fait de la Vierge Marie.
Dimanche 13 mai 1917 (« Je reviendrai encore une septième fois ») : Lucie, François et Jacinthe, allèrent avec leurs brebis jusqu’à la mare qui se trouvait en dehors du hameau, vers un endroit appelé Gouveia. Lucie décida de l’emplacement où ils iraient faire pâturer les brebis. C’était un terrain appartenant à ses parents à la Cova da Iria (considéré comme un lieu sacré) qui signifie, la tombe de Iria, en souvenir de Sainte Iria (Irène), et qui, selon la tradition, aurait préféré mourir que de perdre sa pureté. C’est là que se rendirent les trois enfants. Ils traversèrent la lande pour permettre aux brebis de brouter le long du chemin. De cette manière, et parce qu’aussi le terrain était pierreux, hérissé de genêts épineux, la route fut assez longue, et ils n’arrivèrent à l’endroit désigné que peu avant midi. Ils ouvrirent alors leurs sacs de provisions, ils se signèrent, comme ils en avaient l’habitude, récitèrent un « Notre Père » et se mirent à manger. Ils dirent ensuite les Grâces et récitèrent le chapelet. En haut de la pente de la Cova da Iria, ils construisirent, pour s’amuser, un petit mur autour d’un buisson, quand soudain ils virent comme un éclair. Ils se regardèrent tout surpris. Ils savaient qu’il n’y avait pas d’éclair sans orage. Ils levèrent les yeux vers le ciel, mais, ni du côté de l’Est, ni du côté de Santa Catarina, il n’y avait le moindre signe d’orage. Le Soleil brillait, l’atmosphère était chaude et calme.
 
Cependant, ils décidèrent de rentrer à la maison. Les enfants descendirent donc la pente, poussant les brebis en direction de la route. Arrivés à la moitié de la pente, environ à la hauteur d’un chêne-vert qui se trouvait-là, ils virent un autre éclair puis une « entité » (une « Dame ») toute vêtue de blanc. L’apparition répandait de la lumière autour d’elle. Surpris, les enfants s’arrêtèrent à environ 1,50 mètre du phénomène. Alors l’« entité » prononça ces paroles : « n’ayez pas peur, je ne vous ferai aucun mal ». « D’où venez-vous ? », demanda Lucie, « Je viens du ciel ». « Et que voulez-vous de nous ? ». « Je suis venue vous demander de venir ici pendant six mois de suite, le 13, à cette même heure. Ensuite, je vous dirai qui je suis et ce que je veux. Après, je reviendrai encore ici une septième fois (c’est nous qui soulignons) ». « Et moi, est-ce que j’irai au Ciel aussi ? ». Demanda Lucie. « Oui, tu iras ». « Et Jacinthe ? ». « Aussi ». « Et François ? ». « Aussi, mais il devra réciter beaucoup de chapelets ». Lucie demanda au sujet de deux jeunes filles mortes depuis peu : Maria, 16 ans, fille de José das Neves et Amélia, 19 ans, qui allaient chez elle apprendre à tisser. « Est-ce que Maria est déjà au Ciel ? ». « Oui, elle y est ». « Et Amélia ? ». « Elle sera au Purgatoire jusqu’à la fin du monde ».
 
Pendant qu’elle prononçait ces paroles, l’« entité » ouvrit les mains et, comme par un reflet qui émanait d’elles, une lumière intense s’en dégagea. Lucie dit plus tard que « cette lumière intense pénétra notre cœur jusqu’au plus profond de notre âme. Elle nous faisait nous voir nous-mêmes en Dieu, qui était la Lumière, plus clairement que nous nous voyons dans le meilleur des miroirs ». Les enfants se mirent à genoux en récitant une prière. Avant de partir, l’« entité » ajouta : « Récitez le chapelet tous les jours afin d’obtenir la paix pour le monde et la fin de la guerre ». « Quand arrivera la fin de la guerre ? ». « Je ne peux pas le dire encore, tant que je ne t’aurais pas dit ce que je veux ». Après ces paroles, elle s’éleva doucement, en direction de l’Est, jusqu’à disparaître dans le ciel. La lumière qui l’environnait semblait lui ouvrir un chemin vers le ciel.
Cette première apparition dura 10 minutes, et comme pour les apparitions de l’Ange, François vit la « Très Sainte Vierge », mais n’entendit aucune de ses paroles. Jacinthe, elle, voyait et entendait tout, mais n’osait pas parler. Seule Lucie eut le privilège de dialoguer avec elle. La référence à une septième venue de l’« entité » est très importante, et constitue peut-être le cœur du message. Les apparitions de Fatima, fixées selon un calendrier très précis (le 13 de chaque mois), ont été annoncées à l’avance, et l’« entité » a toujours été au rendez-vous, même lorsque les enfants ont été retenus en prison le 13 août 1917. Si nous suivons la logique des « AF », cela signifie qu’il y aura bien une septième apparition à une date qui reste indéterminée, mais qui sera forcément le 13 novembre (la sixième et dernière apparition a eu lieu le 13 octobre 1917). La question est donc : le 13 novembre de quelle année ? Notons enfin que le mois de mai est traditionnellement associé à Marie, que le 13 mai est le 133ème jour de l’année du calendrier grégorien et qu’il reste 232 jours avant la fin de l’année.

Ci-dessus : deux représentations traditionnelles de la Vierge Marie. Sur celle de gauche nous voyons nettement des rayons lumineux qui se dégagent de ses deux mains. C’est exactement ce que décrivirent les enfants lors des « AF ». Une première fois le dimanche 13 mai 1917, puis en juin 1917, ils virent L’« entité » ouvrit les mains, faisant apparaître le reflet d’une lumière immense. Dans cette lumière, les enfants se virent comme submergés dans le divin. Jacinthe et François paraissaient être dans la partie de cette lumière qui s’élevait vers le ciel, et Lucie dans celle qui se répandait sur la Terre. Devant la paume de la main droite se trouvait un Cœur entouré d’épines qui semblaient s’y enfoncer. Le 13 juillet 1917, elle ouvrit ses mains et le reflet de la lumière qui s’en dégageait parut pénétrer la Terre. Les enfants virent alors comme un océan de feu, où étaient plongés les démons et les âmes des damnés. Dans ce document de gauche nous voyons aussi que les pieds de la Vierge reposent sur la Lune et que sa tête est entourée d’étoiles. Ces deux symboles sont tirés du Livre de l’Apocalypse Chapitre 12 : « Un grand prodige apparut dans le Ciel. Une femme revêtue du Soleil et la Lune était sous ses pieds et douze étoiles couronnaient sa tête. Elle était enceinte et criait dans les douleurs et le travail de l’enfantement. Un autre prodige apparut dans le Ciel : un énorme dragon rouge-feu (roux), à sept têtes et dix cornes, chaque tête était surmontée d’un diadème. Sa queue balaya le tiers des étoiles du Ciel et les précipita sur la Terre. Et le dragon s’arrêta devant la femme qui allait enfanter afin de dévorer son fils aussitôt qu’elle en serait délivrée. Or la femme mit au monde un enfant mâle, celui qui doit mener toutes les nations avec un sceptre de fer. Et son enfant fut enlevé jusqu’auprès de Dieu et de son Trône. Et la femme s’enfuit au désert, où Dieu lui ménagea un refuge pour qu’elle y soit nourrie mille deux cent soixante jours (1260 jours) ». Dans le document de droite, nous voyons Marie comme en « lévitation » dans le ciel. Dans la tradition catholique Marie est aussi appelée « Marie Reine du Ciel ». La Vierge Marie est la médiatrice entre le Ciel et la Terre. C’est elle qui donne aux hommes des messages qui viennent du Ciel. Ces fonctions de médiatrice et de messagère du ciel ont évidemment un rapport étroit avec les  « AF ».
 
Mercredi 13 juin 1917 (submersion dans le divin) : le 13 juin 1917, des dizaines de curieux (50 personnes environ) étaient rassemblées à la Cova da Iria, près du chêne-vert. Les personnes réunies récitèrent le chapelet, soudain un éclair s’approcha d’eux. L’« entité » féminine apparut sur le chêne-vert. « Que veut Votre Grâce ? », demanda Lucie. « Je veux que vous veniez le 13 du mois prochain ; que vous disiez le chapelet tous les jours et que vous appreniez à lire. Ensuite, je vous dirai ce que je veux ». L’« entité » ouvrit les mains, faisant apparaître le reflet d’une lumière immense. Dans cette lumière, les enfants se virent comme submergés dans le divin. Jacinthe et François paraissaient être dans la partie de cette lumière qui s’élevait vers le ciel, et Lucie dans celle qui se répandait sur la terre. Devant la paume de la main droite se trouvait un Cœur entouré d’épines qui semblaient s’y enfoncer. Ensuite l’« entité » repartit.
 
Les branches du chêne-vert qui s’étaient inclinées lorsque la Vierge apparue, se relevèrent et se tournèrent vers l’Est comme si elles étaient attirées par un « aimant » invisible. Seuls les trois enfants avaient vu et entendu le message de l’entité et le reflet lumineux. Quelques autres personnes qui étaient là, à la Cova da Iria, disaient avoir entendu le son des réponses aux enfants, mais aucun témoin ne vit ni le reflet lumineux, ni l’« entité ». Au moment où les enfants virent l’« entité », tout le monde pu voir les petites branches du sommet de l’arbre, qui auparavant étaient droites, s’incliner comme si elles avaient été réellement pliées par le poids d’une personne. Pendant toute l’apparition, ces branches ployaient en cercle de tous les côtés, comme si un poids avait réellement porté sur elles. De même, à la fin de l’apparition, qui dura une dizaine de minutes, tous les rameaux se ramassèrent et s’infléchirent en direction de l’Est, comme si l’« entité » avait laissé traîner sa « robe » (ou un autre objet) sur la ramure. Tous purent également observer qu’il y eut, au moment du départ de l’« entité », comme le souffle d’une « fusée d’artifice » quand on l’entend monter au loin, puis ils virent un petit nuage qui s’éleva de l’arbre vers l’Est, jusqu’à disparaître complètement. Ces faits, dûment constatés par l’ensemble des témoins, ne peuvent provenir de l’imagination des enfants, ni être imputables à des phénomènes atmosphériques.

Ci-dessus : une représentation religieuse conventionnelle et populaire de l’apparition de la « Dame » aux trois enfants. Dans cette représentation naïve, les faits sont relativement bien respectés. Cependant, nous pensons que les faits qui furent jugés trop étranges (trop exotiques), ou qui « débordaient » du cadre religieux conventionnel ont été supprimés ou travestis par l’autorité religieuse.
 
Vendredi 13 juillet 1917 (la vision de l’enfer) : en ce 13 juillet, quatre mille à cinq mille personnes s’étaient déplacées à la Cova da Iria. La lumière du jour diminua, comme lors d’une éclipse. La température, qui était très chaude, diminua aussi. Il y eu la formation d’une nuée blanchâtre. Des sortes de pétales blancs et de flocons de neige tombèrent en se dissolvant dès qu’ils touchaient le sol (c’est nous qui soulignons). La teinte de la lumière se modifia et devint jaune d’or. Il se forma alors, autour des trois petits voyants, une nuée blanchâtre très agréable à voir. Lucia interrogea la « Dame » sur son identité et lui demanda de faire un miracle pour convaincre les incrédules.
 
La « Dame » répondit qu’en octobre elle dirait qui elle est, et qu’elle ferait un miracle que tous verrons pour croire. Ensuite elle ouvrit ses mains. Le reflet de la lumière qui s’en dégageait parut pénétrer la terre. Les enfants virent alors comme un océan de feu, où étaient plongés les démons et les âmes des damnés. Celles-ci étaient comme des braises transparentes, noires ou presque, ayant formes humaines. Elles flottaient dans cet océan de fumée. Les cris et les gémissements de douleur étaient horribles. Les démons se distinguaient des âmes des damnés par des formes répugnantes d’animaux effrayants et inconnus, mais transparents comme de noirs charbons embrasés.
 
Effrayés, et comme pour demander secours, les enfants levèrent les yeux vers l’« entité » qui dit : «  Vous avez vu l’enfer où vont les âmes des pauvres pécheurs. Pour les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion de mon Cœur Immaculé. Si l’on fait ce que je vais vous dire, beaucoup d’âmes se sauveront et l’on aura la paix. La guerre va finir, mais si l’on ne cesse pas d’offenser Dieu, sous le règne de Pie XI commencera une guerre pire encore.  Quand vous verrez une nuit illuminée par une lumière inconnue, sachez que c’est le grand signe (c’est nous qui soulignons) que Dieu vous donne qu’Il va punir le monde de ses crimes, par le moyen de la guerre, de la famine et des persécutions contre l’Eglise et le Saint-Père. Pour empêcher cela, je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé et la communion réparatrice des premiers samedis du mois. Si l’on écoute mes demandes, la Russie se convertira et l’on aura la paix ; sinon, elle répandra ses erreurs à travers le monde  (c’est nous qui soulignons), provoquant des guerres et des persécutions contre l’Eglise. Les bons seront martyrisés, le Saint-Père aura beaucoup à souffrir, plusieurs nations seront anéanties. A la fin, mon Cœur Immaculé triomphera. Le Saint-Père me consacrera la Russie qui se convertira, et il sera donné au monde un certain temps de paix. Au Portugal, se conservera toujours le dogme de la foi. Cela, ne le dites à personne, sauf à François ».
 
Après un instant de silence, l’« entité » s’éleva en direction de l’Est. On entendit à cet instant comme un grand coup de tonnerre avec un fort vent. Lucie s’écria, « Elle s’en va !... Elle s’en va ! ». Et l’« entité » disparut. L’annonce d’« une nuit illuminée par une lumière inconnue », fait sans doute référence à l’aurore boréale exceptionnelle survenue le 25 janvier 1938, et qui précéda seulement de quelques semaines l’invasion de l’Autriche par Hitler. Il y aurait d’ailleurs beaucoup de choses à dire sur ce phénomène céleste d’une ampleur inégalée. L’examen attentif des faits laisse supposer qu’il y a eu plus qu’une aurore boréale inhabituelle, mais peut-être aussi l’intervention de l’« Agent extérieur » (que j’appelle aussi le « facteur exogène »).
 
Sur l’Aurore boréale du 25 janvier 1938 :
Un très bon article scientifique au format PDF :
http://www.lesconfins.com/Fatima1938.pdf
Un témoignage relatif à cette aurore exceptionnelle au format PDF :
http://www.lesconfins.com/fatima34.pdf
 
Lundi 13 août 1917 (les enfants devant l’autorité laïque) : Non loin du lieu des événements, habitait un homme notoirement anticlérical. Il était administrateur du canton de Vila Nova de Ourem, dont dépendait la ville de Fatima. Ferblantier de métier, Artur de Oliveira Santos, pensait que les apparitions étaient une manœuvre des jeunes enfants sans doute manipulés par le clergé local. Membre d’une Loge maçonnique, il cumulait trois mandats (administrateur du canton, Président de la Chambre municipale et Substitut du Juge cantonal) et il était, à ce titre, la personnalité la plus redoutée du canton. Suite à l’enthousiasme de la foule et à l’annonce du « grand secret » promis par l’« entité », la presse et le pouvoir politique, dont Oliveira Santos était le représentant dans le canton, ne pouvaient rester indifférents à cette affaire.
 
Le 10 août, il convoqua Manuel Marto (père de François et Jacinthe) et Antonio dos Santos (Père de Lucie), qui reçurent l’ordre de se présenter le lendemain à midi, avec leurs enfants, devant l’administrateur à Vila Nova, ville située à 15 kilomètres environ de Fatima. Manuel Marto se présenta sans ses enfants car il ne voulait pas imposer une si longue marche à François et Jacinthe. L’administrateur interrogea Lucie seule afin de lui faire dire le « secret » et lui faire promettre de ne jamais plus retourner à la Cova da Iria. Mais Lucie resta muette. L’administrateur menaça alors la fillette en lui disant qu’il lui ferait avouer le « secret », même s’il fallait la tuer pour cela. Le 13 août vers 9h00, arrivèrent plusieurs hommes chez la famille Marto et, parmi eux, le ferblantier qui prétendit être là pour pouvoir, lui aussi, voir le miracle. Il prétexta qu’il voulait emmener les trois enfants sur le lieu des apparitions.
 
Sur ces faits, les petits pastoureaux arrivèrent des champs, mais il n’arriva pas à les convaincre de le suivre. Alors, il rusa de nouveau et proposa d’aller chez le curé en compagnie des parents, afin d’interroger les enfants. Ils arrivèrent donc à l’église, et à la demande d’Artur de Oliveira Santos, l’abbé Ferreira posa de nombreuses questions aux voyants. A la fin de cette rencontre, l’administrateur obligea les petits à monter dans sa voiture. François se mit en avant et les deux fillettes à l’arrière. Le cheval pris la direction de la Cova da Iria mais, en arrivant sur la route, il changea brusquement de direction vers Vila Nova de Ourem. Une heure plus tard, le ferblantier arrivait triomphalement chez lui avec les trois enfants et il les enferma dans une chambre en leur disant qu’ils n’en ressortiraient qu’après avoir révélé le « secret ».
 
De fatigants interrogatoires commencèrent dès le lendemain au bureau du ferblantier, mais sans résultat. C’est alors qu’on les mit dans une cellule de la prison publique, afin de les obliger à avouer publiquement que toute cette histoire n’était que des mensonges. Face au mutisme des enfants et au début de révolte de la foule qui ne comprenait pas pourquoi les petits voyants étaient en prison, les autorités décidèrent de les libérer. Le 15 août donc, l’administrateur jugeant la partie définitivement perdue, mettait les enfants dans sa voiture, et les déposait de nouveau sur le perron de l’habitation du Curé de Fatima. Néanmoins, le 13 août précédant, à la Cova da Iria, l’« entité » était venue. Ce jour-là, il y avait eu dix-huit mille personnes. Un tonnerre se fit entendre, puis le reflet d’une lumière apparut, et aussitôt la foule vit un petit nuage qui plana quelques instants au-dessus du chêne-vert, puis il s’éleva vers le ciel et disparut. Alors se déploya un arc en ciel qui semblait à hauteur d’homme, colorisant toute la nature de belles couleurs.
 
Dimanche 19 août 1917 (annonce du « miracle ») : En ce dimanche ensoleillé, Lucie, François et son frère Jean, partirent pour faire paître leurs troupeaux. Sur le chemin des Valinhos (les vallons), Lucie commença à remarquer des changements dans l’atmosphère, signes qui précédaient généralement les apparitions : rafraîchissement subit de la température et diminution de la lumière solaire avant l’éclair caractéristique. L’« entité » apparut et délivra un message : « Je veux que vous continuiez d’aller à la Cova da Iria le 13 de chaque mois et que vous continuiez à réciter le chapelet tous les jours. Le dernier mois, je ferai le miracle afin que tous croient. S’ils ne vous avaient pas emprisonnés, le miracle aurait été plus connu. Saint Joseph viendra avec l’Enfant-Jésus pour donner la paix au monde. Notre Seigneur viendra bénir le peuple. Viendra aussi Notre-Dame du Rosaire et Notre Dame des Douleurs ».
 
Avant de reprendre le chemin d’Aljustrel, François et Jacinthe cueillirent un rameau du chêne-vert sur lequel la Vierge Marie venait de poser les pieds. Ils rentraient au hameau, leur précieux rameau à la main, lorsqu’ils rencontrèrent Maria Rosa sur le pas de sa porte avec d’autres personnes. Jacinthe dit aussitôt à sa tante qu’ils avaient vu encore une fois l’ « entité » aux Valinhos, mais la mère de Lucie les traita de menteurs. La petite insista en lui montrant le rameau de chêne-vert qu’elle tenait à la main : « Voyez, ma Tante ! Notre-Dame avait un pied sur cette petite branche et un autre sur celle-ci ». Jacinthe remit le rameau à Maria Rosa qui le porta à son nez. Elle s’étonna du parfum délicat que dégageait le rameau et qui était inconnu dans la région. Tous voulurent sentir aussi le rameau, et tous trouvèrent l’odeur très agréable. Elle mit le rameau sur la table, en disant qu’elle trouverait bien quelqu’un qui saurait lui dire quelle est cette odeur, mais le soir, le rameau avait disparu. C’était Jacinthe qui l’avait repris pour le montrer à son père, le soir, dès son retour des champs. Jacinthe arriva toute joyeuse avec un rameau à la main et dit à son papa que Notre-Dame était apparue de nouveau aux Valinhos. Au moment où elle entrait, un parfum extraordinaire embauma la pièce. Il avança la main vers le rameau en demandant à sa fille qu’est-ce que ce rameau. Il le sentit, mais le parfum avait disparu.
 
Jeudi 13 septembre 1917 : En ce 13 septembre étaient rassemblées à la Cova da Iria, entre 25 000 et 30 000 personnes toutes venues voir l’apparition. Dès l’aube, tous les chemins des environs de Fatima étaient remplis de monde. C’était pourtant la pleine période des vendanges. La plupart des pèlerins récitaient pieusement leur chapelet. Un témoin oculaire a écrit : « C’était un pèlerinage vraiment digne de ce nom, dont la vue seule faisait pleurer d’émotion. Jamais il ne m’avait été donné de voir, durant toute ma vie, une telle manifestation de foi. Sur le lieu des apparitions, les hommes se découvraient. Presque tout le monde se mettait à genoux et priait avec ferveur ». Au milieu de la foule des pèlerins, il y avait cette fois quelques prêtres et un certain nombre de séminaristes.
 
A midi, heure solaire, certaines personnes virent quelque chose dans ce ciel bleu sans nuage : un globe lumineux se déplaçant d’Est en Ouest et glissant lentement dans l’espace. Il disparut quelques secondes plus tard. Mgr Quaresma, un prélat venu spécialement pour vérifier la matérialité des faits rapportera que l’on vit « clairement et distinctement un globe lumineux se déplacer d’Est en Ouest et glisser lentement et majestueusement dans l’espace ». Le globe réapparut, et cette fois il se dirigea vers le chêne-vert. La lumière du jour diminua. L’entité dit à Lucie : « Continuez à réciter le chapelet afin d’obtenir la fin de la guerre. En octobre, Notre Seigneur viendra, ainsi que Notre-Dame des Douleurs, Notre-Dame du Carmel et Saint Joseph avec l’Enfant-Jésus. Il bénira le monde ». Lucie proposa à l’« entité » d’accepter deux lettres et un petit flacon d’eau de senteur qui lui avaient été donnés par un homme d’une paroisse voisine, mais elle répondit : « Cela ne convient pas pour le Ciel. En octobre, je ferai le miracle, pour que tous croient ». Alors elle s’éleva et disparut comme les fois précédentes. Après l’apparition, le globe lumineux se manifesta à nouveau, s’éleva à la verticale et disparu dans le ciel. Les pèlerins virent aussi tomber du ciel une pluie composée pour certains de pétales blancs, pour d’autres, de flocons de neige ronds et brillants qui s’évanouissaient en touchant le sol (c’est nous qui soulignons).

Ci-dessus : une foule de près 70 000 personnes était rassemblée à la Cova da Iria le samedi 13 octobre 1917, à midi heure solaire, pour assister au miracle annoncé par la Vierge Marie (en fait l’« entité » qui prit ce statut). Ce dernier point est un fait unique dans les annales de la sémiologie ovnienne : l’annonce faite trois mois à l’avance qu’un événement spectaculaire et de très grande envergure se produirait devant une foule considérable. Il s’agit donc bien d’une manifestation ostentatoire de l’« Agent » ou « facteur exogène », mais « déguisée », si je puis dire, en apparition religieuse. Lors de cette démonstration de type ovnien, un disque plat aux contours très nets produisit un véritable « show » de couleurs variées qui donna au paysage et aux témoins un aspect étrange et fantastique.
 
Samedi 13 octobre 1917 (« la danse du Soleil ») : En ce 13 octobre, malgré la pluie, la foule était estimée entre 50 000 et 70 000 personnes. Certains étaient venus de très loin pour assister au miracle annoncé par la « Dame » trois mois auparavant. Parmi cette masse humaine, des incroyants étaient aussi là, prêt à intervenir dans le cas où le miracle ne se produirait pas. Pour réciter le chapelet, à la demande de Lucie, la foule ferma les parapluies. Bien que la pluie fût abondante et que le terrain n’était plus que de la boue, les fidèles s’agenouillèrent. Il était déjà 13h30, et certains incroyants commençaient à exciter les gens en disant que le miracle était annoncé pour midi et qu’il ne se passait rien.
 
Pourtant, l’« entité » fut bien à l’heure. En effet, le gouvernement de l’époque, en pleine première guerre mondiale, avait imposé au pays une heure légale qui avançait de 90 minutes sur l’heure solaire. A l’heure du Soleil il était bien midi et, regardant vers l’Est, Lucie vit la lumière qui précède chaque apparition. L’« entité » apparut au-dessus du chêne-vert. S’adressant à Lucie, elle lui dit : « Je veux te demander que l’on fasse ici une chapelle en mon honneur. Je suis Notre-Dame du Rosaire. Que l’on continue toujours à réciter le chapelet tous les jours. La guerre va finir et les militaires rentreront bientôt chez eux ». Pendant que l’« entité » dialoguait avec la voyante, la foule vit par trois fois se former autour du chêne-vert une nuée (colonne de fumée), déliée, ténue et de couleur bleutée, qui s’éleva dans l’air pour finalement disparaître. Pendant que l’ « entité » s’élevait, le reflet de la lumière qui se dégageait d’elle se projeta sur le « Soleil » (le disque).
 
C’est à ce moment que la foule put contempler ce qui fut appeler de façon abusive la « danse du Soleil ». La pluie cessa de tomber et les nuages se dispersèrent, laissant apparaître un ciel clair. Les pèlerins purent alors regarder directement ce qu’ils pensaient être le Soleil sans risque de se brûler les yeux ni sans être incommodé. Devant un si grand « miracle », défiant toutes les lois de la nature, il y eut un silence général. L’astre solaire, ou l’ « engin » en forme de disque qui voulait se faire passer pour lui, se mit à trembler avec des mouvements brusques, puis il tourna sur lui-même à une vitesse vertigineuse, en lançant des gerbes de lumière dans toutes les directions et de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Il s’approcha si près du sol que la foule fut horrifiée. Le disque, conservant son mouvement rapide de rotation se détacha du ciel et avança en zigzaguant sur la foule. Il fondit littéralement sur elle. Ce fut un spectacle si terrible que plusieurs personnes s’évanouirent, mais finalement il s’arrêta au grand soulagement de tous. A la stupéfaction générale, les pèlerins constatèrent que leurs vêtements, trempés par la pluie quelques minutes auparavant, étaient complètement secs.
 
Selon tous les observateurs présents, à la fois sur le lieu même des apparitions mais aussi à plusieurs kilomètres de l’épicentre, le « Soleil » avait l’apparence d’un disque argenté aux arêtes vives et semblait matériel (métallique). Les témoins pouvaient le fixer directement sans aucune gêne ce qui est rigoureusement impossible lorsqu’une personne regarde le Soleil en face. Le disque qui tournait sur lui-même à une vitesse vertigineuse comme une roue de feu, projetait dans toutes les directions des lumières irréelles qui modifiaient l’aspect du paysage et des pèlerins. Un témoin le décrivit en ces termes : « Je pus voir le soleil, (…), semblable à un disque à bords nets, à l’arête vive, lumineux et brillant, mais n’imposant aux yeux nulle fatigue. J’entendis des gens le comparer à un disque d’argent mat ; mais cette image ne me parut pas exacte car il s’agissait d’une couleur plus claire, active et riche, avec des chatoiements comme l’orient d’une perle. Ce disque n’avait aucun lien de ressemblance avec la lune telle qu’on peut la voir par une nuit transparente et pure : il se voyait comme un astre vivant. A la différence de la lune il n’était pas sphérique ; il apparaissait comme un disque plat et poli, qu’on aurait taillé dans la nacre d’une coquille (…), et se distinguait nettement avec un bord taillé en arête comme une planche à dessin » (comme dans les deux illustrations ci-dessous). Rappelons que l’orient d’une perle de culture résulte de la décomposition de la lumière à travers des cristaux d’aragonite. Ce phénomène donne à l’observateur l’impression de regarder une boule rayonnante dont les contours seraient diaphanes. On se voit dans une belle perle comme dans un miroir. Il ne faut pas confondre l’orient, phénomène de lumière jouant en profondeur dans la matière, avec le lustre qui est la réflexion de la lumière à sa surface. La beauté d’une perle provient de la combinaison de l’orient, du lustre et de la couleur.

Il est évident, comme la magistralement démontré Gilles Pinon, que ce disque volant était bien un ovni et donc un engin d’origine extraterrestre. Ce phénomène de « danse du Soleil » qu’aucun observatoire astronomique n’a enregistré, et qui ne peut être, par conséquent, assimilé à aucun phénomène naturel, des personnes de toutes les conditions et de toutes classes sociales l’ont observé, des incroyants comme des croyants, des savants et des journalistes incrédules. Les journalistes des principaux quotidiens du Portugal qui étaient présents ce jour-là l’ont ensuite abondamment rapporté dans leurs journaux avec de nombreux détails. Même des personnes qui se trouvaient à plusieurs kilomètres de Fatima en ont été témoins, ce qui détruit l’hypothèse d’une illusion d’optique ou celle de l’hallucination collective (en admettant que le phénomène des hallucinations collectives puisse exister, ce dont nous doutons fort).
 
Pendant les dix minutes où la foule contempla le « miracle » les voyants purent admirer près du Soleil trois scènes successives qui reçurent toutes, à posteriori, une interprétation religieuse, mais qui pouvait être en réalité tout autre chose :

.1) La vision de la sainte famille : à côté du Soleil apparut Saint Joseph avec l’Enfant-Jésus et Notre-Dame, vêtue de blanc avec un manteau bleu. Saint Joseph et l’Enfant-Jésus semblait bénir le monde avec des gestes qu’ils faisaient de la main, en forme de Croix.

.2)
La vision de Notre-Dame des douleurs : après la première vision, les enfants virent Notre Seigneur Jésus-Christ et Notre-Dame des Sept Douleurs. Notre Seigneur semblait bénir le monde.

.3) La vision de Notre-Dame du Mont-Carmel : dans cette dernière vision, Notre-Dame apparut sous l’aspect de Notre-Dame du Carmel. Lucie seule vit la seconde et la dernière vision, tandis que François et Jacinthe n’eurent le privilège de n’apercevoir que la vision de la Sainte Famille. Ce fut la dernière fois que l’« entité » apparut à la Cova da Iria devant une foule aussi importante. Notons enfin que les évolutions du disque au-dessus de la foule n’était peut-être pas destinées à faire croire à une « danse du Soleil ». En masquant l’astre diurne, nos visiteurs voulaient sans doute éviter que la foule soit éblouie, et ainsi, qu’elle puisse observer sans difficulté les prouesses de l’ovni.

Ci-dessus : quatre photographies prisent le samedi 13 octobre 1917 montrant la foule lors de la fameuse « danse du Soleil ». Les personnes sont agenouillées et regardent le ciel. L’attitude des témoins est respectueuse, mais nous pouvons lire aussi sur certains visages la stupeur et la crainte. Ce qui est troublant dans cette série de documents c’est le fait que le photographe ne semble pas avoir eu l’idée de photographier le phénomène lui-même, mais uniquement la foule le regardant. Pour quelles raisons ? Nous avons la désagréable impression qu’il manque au moins la moitié des photos. Où sont-elles passées ? Les photos montrant la « danse du Soleil » furent-elles détruites, ou sont-elles conservées quelque part dans les « caves du Vatican » ? Pour expliquer cette situation étrange, la plupart des chercheurs avancent le fait que la technique photographie de l’époque ne permettait pas d’enregistrer un phénomène lumineux aussi violent. La sensibilité des émulsions utilisées était nettement insuffisante. Rappelons brièvement que la pellicule photographique (ou film) est un support souple recouvert d’une émulsion contenant des composés sensibles à la lumière, généralement à base d’halogénures et d’argent. Leur configuration (taille et forme des cristaux) détermine les caractéristiques du film comme la sensibilité et la définition. Lorsque l’émulsion est soumise à une exposition à la lumière dans un appareil photographique, il se forme une image latente, invisible. Il faut, pour obtenir une image visible, procéder au développement qui est un procédé chimique en plusieurs phases.

3) Une intervention extraterrestre minutieusement planifiée

La thèse que je défends dans ce dossier est que les « AF » sont bien d’origine extraterrestre. Tout d’abord, ce qui frappe en étudiant les événements, c’est la diversité des manifestations et le fait qu’elles sont en parfaite adéquation avec le milieu de l’époque et les personnes impliquées (enfants, témoins, foule, et tous les autres protagonistes). Tout ce passe comme si le « facteur exogène » connaissait tout du contexte dans lequel il allait opérer. Tout au long de ce dossier, j’appelle « facteur exogène », « Agent », « Agent extérieur », « nos visiteurs », l’intelligence extraterrestre (les extraterrestres) qui serait à l’origine des « AF ».
 
Le « facteur exogène » donc, semble tout connaître de nous. Il sait comment agir sur nous de façon efficace et sûre. Il sait comment fonctionne notre cerveau et notre psychisme. Il sait comment nos organes de perception peuvent être influencés et abusés. Il sait comment manipuler nos systèmes de croyances et nos valeurs, qu’il connaît très bien d’ailleurs. Il sait comment modeler notre culture et notre société. Ce dernier point est remarquable, et il est à prendre en considération dans l’analyse, l’interprétation et le sens à donner aux « AF ». En partant de cette constatation initiale, et en poursuivant notre raisonnement, il faut ensuite admettre que les « AF » font partie d’un plan minutieusement préparé.
 
Rien n’a été laissé au hasard dans cette affaire. Aucun événement n’est le résultat d’un processus aléatoire. Ce plan a été sans doute conçu depuis longtemps et il s’inscrit sur le long terme. En amont des « AF » nous avons un « Agent » qui sait exactement ce qu’il va faire, et en aval, ce même « Agent » connaît les répercutions exactes de son action. Tout semble parfaitement chronométré, ordonnée, et planifié. La question qui se pose est donc celle-ci : quelle est la finalité du plan élaboré par l’« Agent » ? Nous essaierons de répondre à cette question en ayant toujours à l’esprit que ce n’est qu’une réponse possible parmi de nombreuses autres, dont certaines nous échappent peut-être totalement. Autre déduction qui découle des présupposés précédents : un plan de cette envergure implique nécessairement    des motivations clairement formulées en vue de résultats précis et significatifs  (c’est nous qui soulignons). La complexité du plan mis en œuvre, et donc la mobilisation des moyens considérables qu’il suppose, suggère une stratégie qui pourrait avoir un caractère impérieux. Pour l’« Agent », l’exécution de ce plan aurait pu répondre à une nécessité urgente au moment de sa mise œuvre (1917). On voit mal, en effet, les raisons de mettre en branle un dispositif d’une telle ampleur et d’une telle complexité s’il n’avait pas été le résultat d’une détermination forte et motivée. Le plan suppose un but réel (impératif) et tangible. Les objectifs établis par l’« Agent » peuvent être complexes, multiples, et viser des périodes de temps différentes. Il suppose une stratégie finement élaborée et exécutée à la perfection par une technologie absolument hors de portée de l’Humanité de cette époque (1917).

Ci-dessus : la thèse que nous défendons dans ce dossier suppose que les « AF » ont été en quelque sorte « fabriquées » par une civilisation extraterrestre très évoluée. Cette civilisation a déployée une « mise en scène » grandiose et sophistiquée dans un but précis. Explication possible du « spectacle » que cette civilisation extraterrestre a offert à près de 70.000 personnes : dans un premier temps, elle a dissimulé notre astre du jour (le vrai Soleil) par un gigantesque écran bleu déployé par un ovni situé à une cinquantaine de kilomètres de la Terre, ensuite, un autre ovni lumineux en forme de disque (le faux soleil), d’une cinquantaine de mètres de diamètre environ, est intervenu au-dessus de la Cova da Iria. Cet ovni était capable de produire tous les phénomènes lumineux et thermiques observés le 13 octobre 1917 à Fatima. Grâce à ce stratagème ingénieux, nos visiteurs ont créé de toute pièce un « miracle » qui n’est rien d’autre que la mise en œuvre d’une technologie qui nous dépasse.

4) Les objectifs

Les objectifs visés peuvent être :

- immédiats, c’est-à-dire se réaliser au moment où se produisent les « AF ».
- à court terme (quelques semaines ou quelques mois après les « AF »).
- à moyen terme (quelques années après les « AF »).
- et enfin à long terme (plusieurs dizaines d’années après les « AF »).
Les objectifs des « AF » sont donc de nature complexe (multi-objectifs), c’est-à-dire qu’ils peuvent être superficiels et/ou profonds, immédiats et/ou lointains.

5) Les objectifs immédiats

Dans la catégorie des objectifs immédiats, nous pouvons supposer que le « facteur exogène » souhaitait impressionner les témoins directs des événements. Il voulait en quelque sorte « frapper » les imaginations et laisser une impression (une « empreinte ») forte et profonde sur la foule (surtout le 17 octobre 1917 avec la fameuse « danse du Soleil »). Pour parvenir à ce résultat, il devait générer un événement majeur, fort, d’une porte exceptionnelle, d’une grande ampleur et capable à la fois d’émerveiller, de subjuguer, mais aussi d’effrayer dans une certaine mesure les témoins. Son but immédiat était donc d’induire à la fois l’émerveillement et la crainte en mettant en scène un « spectacle », (aujourd’hui nous dirions un « show ») grandiose, puissant, extraordinaire, et pouvant même être considéré par les témoins comme surnaturel. Il devait montrer des phénomènes dont il était sûr qu’ils dépasseraient les possibilités de compréhension des témoins de l’époque (1917).
 
De ce point de vue, il apparaît que l’objectif immédiat décidé par l’« Agent » ait été totalement atteint. Tous les témoins directs des « AF » n’ont vraiment rien compris à ce qui se passait. Ils ont été subjugués. Certains ont même été horrifiés croyant que la fin du monde était arrivée. Ce qui est sûr en tout cas, c’est qu’aucun d’eux n’a oublié l’événement, et tous étaient capables de le restituer longtemps après. Ces innombrables témoins étaient incapables, à l’époque, de comprendre l’origine, le mode opératoire et la technologie mise en œuvre pour réaliser les « prodiges » qu’ils avaient observé. Une autre conséquence de la réalisation de l’objectif immédiat fut que les « AF » connurent un retentissement mondial. Le monde entier su ce qui était arrivé à Fatima. Nous verrons plus loin que le plan prévoyait aussi un objectif à long terme dont les répercutions n’ont été perceptibles qu’à partir du début du XXIème siècle. En ce qui concerne les objectifs à court et moyen terme, nous pouvons les repérer en analysant ce qui s’est produit entre 1917 et l’an 2000 environ. Les « AF » entraînèrent rapidement de vifs débats dans l’opinion publique, et opposèrent ceux qui admettaient leur réalité à ceux qui pensaient que tout cela n’était que des élucubrations sans fondement. Une autre faction de l’opinion envisageait même l’hypothèse selon laquelle les « AF » n’étaient qu’une supercherie orchestrée par les familles des « voyants ».

6) Qu’est-ce qui a changé depuis 1917 ? 

Gilles Pinon avait compris que les « AF » comportaient aussi, à l’état latent si je puis dire, des objectifs qui ne devaient se réaliser que sur le long terme. Ces objectifs ne pouvaient se concrétiser qu’après au moins plusieurs dizaines d’années et peut-être même un siècle. C’est justement le 13 mai 2017 (au moment où j’écris ces lignes nous sommes le jeudi 19 avril 2012) que nous fêterons le centenaire des premières apparitions à Fatima. Alors que pouvons-nous dire aujourd’hui de ces objectifs à long terme, et qu’est-ce qui a changé depuis 1917 ? Si nous commençons par la seconde partie de la question, il est facile de répondre que tout a changé. En à peine un siècle, nous avons assisté à des transformations fondamentales et même radicales dans le domaine des sciences et dans celui des technologies.
 
En quelques dizaines d’années tout s’est accéléré. Un tourbillon de découvertes a bouleversé nos modes de vie et notre façon d’appréhender le réel. L’aube du XXème siècle a été une période extrêmement féconde pour la science et la technique. Ce siècle à la fois brillant et terrible a commencé par une succession de découvertes scientifiques qui ont complètement modifier notre vision de l’Univers et du monde. De l’infiniment grand à l’infiniment petit, nos outils d’exploration nous ont offert un spectacle à la fois grandiose et mystérieux. Ce fut, en particulier avec la relativité générale et la physique quantique, la naissance de nouveaux paradigmes scientifiques. L’ère de la mécanique classique se referma lorsque fut découverte la relativité restreinte, par Albert Einstein, (Henri Poincaré avait pressenti cette théorie très peu de temps avant Einstein). La relativité restreinte, en postulant que le temps pouvait être relatif, mettait un point final aux débats sur l’existence de l’éther et permettait de constater que la mécanique de Newton n’avait qu’un domaine limité de validité.
 
Peu après, Einstein, élaborait la théorie de la relativité générale avec l’aide de David Hilbert en utilisant des connaissances mathématiques nouvelles. En 1929, Edwin Hubble annonça que les galaxies qui nous entourent s’éloignent apparemment de la nôtre en raison de leur distance. L’univers s’est alors considérablement agrandi. Cette constatation conduira à l’hypothèse du commencement de l’Univers par une incroyable explosion appelée le « Big Bang ». Au début du XXème siècle, suite aux travaux de Max Planck et d’Einstein démontrant l’existence du photon (quantum de lumière), se produisit la plus grande révolution conceptuelle de la physique : la naissance de la mécanique quantique. Cette théorie mit un terme définitif à l’âge d’or de la mécanique de Newton. On considère désormais que cette dernière ne décrit qu’une toute petite partie des phénomènes naturels, ceux qui se produisent à notre échelle. Si la radioactivité fut découverte par Henri Becquerel, Ernest Rutherford joua un rôle essentiel dans la compréhension de ce phénomène.
 
En 1913, Niels Bohr et Ernest Rutherford découvrent la structure de l’atome. En 1920, est enregistrée la première émission radiophonique. En 1923, Vladimir Zworykin invente la caméra de télévision. En 1926, John Logie Baird diffuse la première émission de télévision sur ondes hertziennes. En 1931, Ernest Lauwrence invente le cyclotron pour étudier le comportement des particules élémentaires qui subissent une forte accélération. En 1932, James Chadwick décrit la structure du noyau de l’atome et stipule l’existence de protons et de neutrons. Mais en parallèle à ces découvertes géniales qui bouleversèrent notre compréhension de l’Univers, nous assistâmes au déchaînement d’une violence extrême pendant la guerre mondiale de 1914/1918. Cette guerre horrible parfois qualifiée de « totale », a atteint un degré de violence inconnu jusqu’alors. Elle a mis en jeu plus de soldats, provoqué plus de morts et causé plus de destructions matérielles que toutes les autres guerres de l’histoire. Environ 60 millions de soldats y ont pris part. Pendant toute la durée des conflits, environ 9 millions de personnes sont mortes et 20 millions ont été blessées. D’autres évènements survenus lors de cette période comme le génocide arménien (1915-1916), la Révolution russe (1917), et la grippe surnommée la « grippe espagnole » de 1918, ont augmenté la détresse des populations et ruiné l’Europe.
 
Pour toutes ces raisons, cette époque a marqué profondément ceux qui l’ont vécue. C’est dans ce contexte quasiment « apocalyptique » que se sont déroulés les évènements de Fatima. La corrélation entre le contexte et les apparitions semble alors évidente. Bien que la corrélation soit aisée à établir, les raisons de la stratégie adoptée pas nos visiteurs est moins facile à comprendre. S’ils avaient voulu nous mettre en garde contre les excès de violence engendrés par la guerre, ils auraient peut-être pu intervenir directement sur nos champs de bataille ou au-dessus des villes des pays impliqués dans le conflit. Ecartant ce mode opératoire, sans doute trop ostentatoire, ils ont choisi comme théâtre de leurs « manœuvres », si je puis dire, une région reculée du Portugal peuplée par une classe paysanne pauvre et quasiment illettrée. Il y avait, n’en doutons pas, une raison impérieuse pour choisir cette tactique.

Ci-dessus : le 5 octobre 1923, Edwin Hubble repère une étoile brillante et variable, une céphéide, dans ce que l’on nomme encore à l’époque la « nébuleuse d’Andromède ». En fait, il s’agit une grande galaxie spirale voisine de la Voie Lactée. Les céphéides ont été étudiées par l’astronome Henrietta Leavitt. Elles constituent des étalons de luminosité. En étudiant la céphéide d’Andromède, Hubble en déduit qu’Andromède est distante de 900 000 années-lumière environ du Soleil. L’estimation est sous-estimée d’un facteur deux. Mais l’ordre de grandeur est là : dix fois plus que le diamètre de notre Galaxie, la Voie lactée, mesuré par Harlow Shapley rival de Hubble. Grâce à la découverte de Hubble, les dimensions de l’Univers « explosent » littéralement. Elles se démultiplient des milliers de fois. Au début du XXème siècle seulement, la science a compris que l’Univers était beaucoup plus vaste et aussi beaucoup plus âgé que ce que l’on pensait auparavant. Désormais, la galaxie d’Andromède (Hubble l’appelait un « univers-île ») est un objet extérieur à la Voie Lactée. Comme la nôtre, Andromède n’a rien d’exceptionnelle car l’Univers en compte des milliards (100 milliards environ). Aujourd’hui nous savons qu’Andromède est une galaxie voisine de la Voie Lactée et qu’elle est située à 2,55 millions d’années-lumière du Soleil.

7) Les objectifs à long terme

Nous devons nous rendre à l'évidence : il est très difficile de spéculer sur les objectifs à long terme qui seraient présents à l’état latent dans les « AF ». Ce que nous pouvons dire c’est qu’autant les effets à court terme étaient spectaculaires et démonstratifs, autant, et à contrario, nous pouvons penser que les effets à long terme sont probablement discrets, subtils et difficilement identifiables. Si les effets à court terme sont produits pas des causes physiques observables pas tous, nous pouvons admettre que les effets à long terme sont produits par des causes psychiques (ou psycho-spirituelles) que personne n’est capable de soupçonner. Notre raisonnement repose ainsi sur deux égalités :

.1) Court terme = causes physiques et effets physiques observables par tous les humains (danse du Soleil le 13 octobre 1917 par exemple).

.2) Long terme = causes psychiques (ou psycho-spirituelles) et effets psychiques indétectables et inconscients. C’est un premier point qui nous paraît logique.
 
Nous nous apercevons aussi qu’en spéculant sur les objectifs à long terme, nous rejoignons les hypothèses de Jacques Vallée sur l’impact socioculturel des manifestations d’ovnis. C’est la fameuse composante psychique si chère à Vallée qui n’exclue pas d’ailleurs la nature physique et matérielle du phénomène ovni. La différence avec lui, c’est qu’au lieu de seulement évoquer la dimension psychique du phénomène ovni, nous lui prêtons aussi une dimension spirituelle. Il est logique de penser que les objectifs à long terme ne peuvent être efficaces que s’ils s’inscrivent dans les couches profondes du « psychisme collectif ». Encore faudrait-il définir de façon claire ce qu’est le « psychisme collectif » qui pourrait être (ou ne pas être) confondu avec l’inconscient collectif de Jung. Il faut aussi prendre en considération que cette action en profondeur a toutes les chances de rester inconsciente, c’est-à-dire qu’aucun être humain ne serait capable de la faire remonter à sa conscience (sauf peut-être dans de rares cas). Les objectifs à long terme supposent une action subtile, efficace, durable, et presque indélébile. C’est un peu comme si nos visiteurs avaient laissé une « empreinte » profonde sur notre « psychisme collectif ». C’est comme si ils avaient voulu agir à un niveau inconscient et incruster de façon durable, mais sans que nous le sachions, un « message » ou un « déclencheur » à retardement. La question maintenant est de savoir quelle est la nature exacte de cette empreinte ou de ce message ?

8) Fatima : une « phase » dans un plan plus vaste

Malgré le caractère exceptionnel des apparitions de Fatima, elles ne pourraient être en définitive qu’une simple « phase » dans un vaste plan qui en comporterait de nombreuses autres. Cela ne veut pas dire d’ailleurs que les « AF » aient la même importance que les autres « phases » du plan. Au contraire, Fatima représente sans doute une « phase clé » dans l’immense et mystérieux processus mis en œuvre par nos visiteurs. Fatima se produit à une date charnière dans un monde en crise qui subit de profondes mutations tant au niveau matériel qu’intellectuel. Il ne fait aucun doute que Fatima est un événement majeur pour l’Humanité, un événement porteur d’une signification particulière. Fatima n’est pas une apparition mariale (une mariophanie) comme les autres. Fatima semble annoncer une ère nouvelle dans les relations entre les humains et les extraterrestres. Comme nous l’avons dit plus haut, nos visiteurs savent tout de nous. Ils savent donc, avec une grande exactitude, comment nous allons réagir à un stimulus qui viendrait de l’extérieur.
 
Si Fatima est un stimulus, et, reconnaissons-le, il s’agit d’un stimulus de très forte intensité, les extraterrestres ont donc déjà prévu comment nous allions réagir face à lui. Dans l’anticipation de notre réponse au stimulus, la prise de conscience de la nature extraterrestre de son origine est forcément incluse. C’est de la logique pure. Les extraterrestres savaient donc, dès le départ, que nous saurions un jour ce qu’est vraiment Fatima. Encore une fois, ils ne se sont pas trompés puisque de nombreux chercheurs aujourd’hui (et surtout des ufologues) reconnaissent que Fatima est bien d’origine extraterrestre. Mais ce qui est encore plus remarquable, c’est qu’ils savaient que nous chercherions à tirer toutes les conséquences de cet état de fait. Il ne suffit pas de dire, en effet, que la « danse du Soleil » d’octobre 1917 était la manifestation d’un disque volant semblable à ceux qui furent observés plus tard sur l’ensemble du globe (ovnis), il faut aussi que nous comprenions en profondeur l’intégralité des implications contenues, comme « en germe », dans les évènements de Fatima depuis avril 1915. Cet effort de compréhension, qu’ils avaient prévu n’en doutons pas, fait partie de notre réponse au stimulus.
 
D’autres réponses sont peut-être encore présentes à l’état latent dans les « AF », et elles ne s’actualiseront peut-être que dans quelques temps. Lorsque nous comprenons cela, nous prenons aussi conscience de l’extraordinaire subtilité de la « communication » qui s’est établie entre les extraterrestres et nous. Certes, aujourd’hui, cette « communication » ne semble aller que dans un seul sens, c’est-à-dire d’eux vers nous, mais son but est peut-être de nous faire prendre conscience, petit à petit et sans nous brusquer, de la nature véritable des liens qui pourraient être tissés entre eux et nous. Je pense que pour le moment nous n’avons pas encore la moindre idée de ce que pourraient être ces liens, car nous n’avons qu’une notion rudimentaire de ce que devrait être la « communication » entre nos deux civilisations. Ce n’est que lorsque nous aurons décrypté toutes les implications contenues dans les « AF », que nous serons alors en mesure d’être vraiment réceptifs à ce qu’ils ont à nous dire.

9) Fatima : une expérience ? 

Si Fatima n’est qu’une phase dans un plan plus vaste, nous pouvons aussi envisager la possibilité que cette phase soit une sorte d’expérience au sens où nous disons qu’un scientifique mène une expérience pour comprendre un phénomène. Avec Fatima, nos visiteurs ont peut-être voulu tester nos réactions ? Ils ont envoyé un signal fort et ils ont observé comment nous allions réagir. La méthode utilisée par nos visiteurs a consisté à « injecter » dans notre société un élément exogène dans le but de comprendre comment le corps social humain allait digérer et assimiler cet apport étranger. Les biologistes procèdent de la même façon lorsqu’ils testent des substances chimiques sur les êtres vivants. Cette « injection » était parfaitement dosée. Elle ne devait pas être « toxique » au point de désorganiser complètement le corps social, mais suffisamment puissante pour produire un effet mesurable. L’expérience leur a sans doute permis de mieux comprendre comment nos psychismes et nos sociétés fonctionnaient. Ils ont sans aucun doute tiré toutes les conséquences de leur expérimentation, et à partir des résultats quantifiés obtenus, ils ont peaufiné leur mode opératoire. Ce fut une expérience grandeur nature, in situ, mobilisant de gros moyens, et qui a généré des réactions dont certaines se font encore sentir aujourd’hui (Fatima est aujourd’hui un important lieu de culte).

10) Fatima : une manipulation ? 

Une autre hypothèse, sans doute moins flatteuse pour nous, envisage la possibilité que les « AF » ne soient en définitive qu’une vaste entreprise de manipulation de la part du « facteur exogène ». Lorsque nous disons que nous sommes manipulés cela signifie que nous sommes en quelque sorte « pris en charge » par une intelligence qui comprend et maîtrise notre comportement et l’oriente dans un sens qu’elle a défini en fonction de ses objectifs. La plupart des gens pensent que les objectifs du manipulateur ne correspondent pas forcément à un avantage pour la personne manipulée. La manipulation est presque toujours assimilée à du contrôle mentale (Mind Control) ou à de la suggestion psychologique (ou hypnotique). Si nous examinons la définition de la manipulation mentale, nous voyons qu’elle désigne un ensemble de tentatives obscures ou occultes destinées à fausser ou à orienter la perception de la réalité d’un interlocuteur en usant d’un rapport de pouvoir, de séduction, de suggestion, de persuasion de soumission non volontaire ou consentie. Quand ce pouvoir ne s’exerce pas sur un objet, mais se rapporte au contrôle psychique d’une personne, on parle de manipulation mentale (source Wikipédia).
 
Vu sous cet angle, les « AF » semblent en effet rentrer dans le cadre de cette définition. Le concept de manipulation mentale a toujours une connotation négative dans la mesure où il implique de la part du manipulateur la privation de la liberté de la personne manipulée. Nous pouvons en effet considérer que Lucie, François et Jacinthe, ont été manipulés par une intelligence extérieure. Nous pouvons penser qu’ils ont été séduits par elle et soumis à sa volonté. Même s’ils n’ont pas subi de violences physiques traumatisantes de la part de cette intelligence, il n’en reste pas moins que les enfants ont été privés, lors des apparitions de l’ « entité », de leur liberté. Cette façon de procéder pourrait être reprochée à nos visiteurs, car pour nous, la liberté d’action et de pensée est un des traits caractéristiques de notre condition d’être humain. En ce qui concerne la foule des curieux, nous pouvons admettre qu’elle était libre de venir (ou de ne pas venir) sur le lieu des apparitions et donc qu’elle avait conservé son libre arbitre.
 
A la question de savoir si Fatima fut une vaste entreprise de manipulation, nous ne pouvons pas répondre par un oui franc et massif. Plutôt qu’une manipulation, nous préférons évoquer une « influence subtile » exercée par une intelligence étrangère qui cherchait, et c’est une hypothèse qui me semble plausible, à contrebalancer les horreurs qui se produisaient sur les champs de bataille européens à cette époque. Utilisant le registre du merveilleux, du miracle et du surnaturel, elle souhaitait peut-être ouvrir une sorte de « brèche psychique » donnant sur un « ailleurs » de type religieux et spirituel au sein même d’une atmosphère générale de violence, de haine et de massacres monstrueux. Nous voyons sur la carte ci-dessous que le Portugal est situé à plus de 1000 kilomètres du front de 1917 qui représente le pôle psychique négatif de l’Europe à cette époque. En produisant les « AF » au Portugal, dans une zone relativement protégée et profondément religieuse, nos visiteurs ne tentaient-ils pas ainsi de créer un pôle positif (miraculeux, surnaturel, religieux) à l’Ouest, destiné à contrebalancer celui de la guerre totale qui régnait sur le front entre la France et l’Allemagne ? C’est sans doute une donnée dont il faut tenir compte dans les raisons qui ont motivé nos visiteurs à produire les « AF ».
 
Ci-dessus : carte de l’Europe avec les lignes de front en 1917. Après le déclenchement de la première guerre mondiale en 1914, l’armée allemande a ouvert le front de l’Ouest. Cette ligne de front est restée quasiment inchangée pendant une majeure partie du conflit mondial. Entre 1915 et 1917 il y eut plusieurs grandes offensives Allemande et françaises le long de ce front. Les attaques étaient faites de bombardements massifs d’artillerie et d’assauts d’infanterie. La combinaison de tranchées, de nids de mitrailleuse, de fils de fer barbelés, et de tirs d’artillerie, infligeait de graves pertes aux attaquants de même que les contre-attaques défensives. Dans un effort pour sortir de l’impasse, ce front a vu l’introduction de nouvelles technologies militaires, y compris les gaz toxiques, des avions et des chars. En ce sens, cette guerre fut la première guerre industrielle et technologique du XXème siècle. Elle a été celle où, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, furent utilisées des armes chimiques redoutables à grande échelle.

11) Fatima : les manifestations d’une technologie exotique

Si nous examinons de près les témoignages laissés par les témoins directs des « AF », nous  pouvons dresser un petit catalogue des manifestations de la technologie mise en œuvre par nos visiteurs. Les témoins disent par exemple qu’ils ont observé des lumières et des globes lumineux silencieux qui se déplaçaient lentement dans le ciel (souvent d’Est en Ouest). Des nuées ressemblant à de petits nuages ont entourées les trois enfants (témoins privilégiés). Des éclairs de lumière apparaissaient brutalement (souvent au début des apparitions). Lucie raconte qu’elle a vu un flash lumineux qui pulsait. Des coups de tonnerres ont été entendus alors que le ciel était dégagé. Des vents relativement forts ont traversé la Cova da ria comme si « quelque chose » d’énorme mais d’invisible se déplaçait rapidement dans l’atmosphère. Des souffles ressemblant à des départs de fusées ont été ressentis lorsque les entités disparaissaient. Des lumières étranges furent observées par de nombreux témoins. Une sorte d’arc-en-ciel situé à hauteur d’homme a colorisé l’environnement de différentes couleurs. Les témoins ont assisté à des baisses brutales de la température et de la luminosité ambiante comme lorsqu’il se produit une éclipse du Soleil ou lorsque celui-ci est caché. Des sortes de « pluies » de « pétales blancs » (d’autres témoins parlent de « globules luisants ») sont tombées du ciel. Dès que ces « pétales » touchaient le sol, ils se sublimaient sans laisser de trace. Des odeurs douces et suaves ont été perçues par différents témoins. Un immense disque plat et argenté est apparu au-dessus d’une foule composée de près de 70 000 personnes qui ont toutes été témoins d’effets thermiques importants. Le disque fut en effet capable de sécher le sol et les vêtements de la foule qui avaient été détrempés par une pluie battante. Le disque avait des mouvements qui semblaient erratiques (comme une « feuille morte » qui tombe). Un témoin dira que le disque paraissait « vivant ». Il tournoyait rapidement sur lui-même et produisait une multitude de rayons colorés. Les trois enfants ont été témoins de phénomènes particuliers. Ils ont vu des êtres de lumière qui planaient au-dessus du sol et des arbres. Ces êtres semblaient transparents comme s’ils étaient en « cristal ». La lumière passait à travers eux. Ces êtres apparaissaient et disparaissaient subitement. Ils semblaient parler et transmettaient des messages audibles. Mais ces messages n’étaient entendus que par deux des trois enfants et non par la foule environnante. Ces êtres s’exprimaient en portugais. Ils étaient capables de générer des « visions » à partir de leurs mains qui émettaient une lueur intense. Ils pouvaient montrer des visions terrifiantes (vision des enfers), ou au contraire des visions d’une beauté surnaturelle.
 
Force est de constater que ces visions avaient toutes un lien avec la religion catholique, sa doctrine et ses dogmes. Les êtres étaient capables d’induire des états de conscience modifiés comme le sentiment de ne faire qu’un avec Dieu. Un fait remarquable est la capacité prédictive de cette technologie. En effet, l’« entité » fut capable de prédire avec une parfaite exactitude la mort prématurée de François et de sa sœur Jacinthe. François et Jacinthe, atteints de la grippe espagnole, meurent respectivement en 1919 et 1920. Pour expliquer cette capacité prédictive, il est possible d’émettre deux hypothèses. La première, et c’est celle qui a été retenue par Gilles Pinon, suppose que nos visiteurs ont fait une analyse complète et approfondie de l’état de santé des enfants. A partir de cette analyse, effectuée lors de leur enlèvement (enlèvement supposé), ils ont pu établir qu’il y avait une forte probabilité pour qu’ils meurent de la grippe espagnole en raison de leur état de santé sans doute médiocre (carences alimentaires, prédispositions génétiques, etc..). La seconde hypothèse suppose que nos visiteurs étaient capables de voir dans le futur. Cette explication peut paraître osée à première vue, mais si l’on considère les différents témoignages liés au phénomène ovni et qui intègrent des déformations de l’espace et du temps, elle devient tout à fait plausible. Pour une technologie exotique de ce niveau, la manipulation de l’espace/temps est une donnée qu’il faut prendre en compte.
 
Ce qui est remarquable dans le cas de Fatima c’est que plusieurs faits annoncés se sont produits, et c’est ce qui nous fait dire que cette capacité prédictive est à prendre au sérieux lorsque l’« entité » a annoncé qu’elle reviendrait une septième fois. Au-delà des faits directement visibles par les témoins, les « AF » ont aussi été la source de guérisons dites miraculeuses. Fatima est d’ailleurs un lieu de pèlerinage réputé pour ses guérisons. Comme nous le voyons, les manifestations de cette technologie exotique ont été variées, mais elles peuvent se classer en trois grandes catégories :

.1) les effets physiques qui ont été perceptibles par tous les témoins (enfants et foule),

.2) les effets psychiques ou psycho-spirituels (modification des perceptions et altération des états de conscience) qui n’ont été enregistrés que par les enfants,

.3) les effets socioculturels qui correspondent à l’impact des « AF » sur les croyances et les valeurs de la société. Dans cette dernière catégorie, il est aussi possible d’inclure des effets psycho-spirituels plus larges touchant d’autres personnes que les trois enfants.

12) Un domaine de recherche à part entière : la Fatimiologie ou fatimatologie

Plus on étudie les « AF » et plus on découvre de vastes domaines à explorer. On y découvre aussi des zones d’ombre. Du moins c’est ce que j’ai moi-même vérifié au cours de mes recherches. J’ai commencé tout naturellement par étudier les témoignages et les documents qui sont disponibles aujourd’hui. Alors, je me suis rendu compte que plus je progressais, et plus j’éprouvais le besoin d’aller de l’avant pour tenter de comprendre ce qui s’était réellement passé à la Cova da Iria en 1917. Je me suis aussi aperçu d’une chose étrange : plus j’avançais dans mes investigations et plus le mystère s’épaississait. L’étude approfondie des « AF » soulève en effet de nombreuses questions qui ne surgissent pas immédiatement à l’esprit du chercheur mais qui apparaissent petit à petit au fur et à mesure qu’il creuse son sujet. Si nous estimons qu’il est tout à fait logique d’associer les « AF » au phénomène ovni et d’être ainsi en possession d’une grille de lecture satisfaisante, il faut aussi reconnaître que ce n’est pas suffisant. Cela revient en définitive à expliquer un mystère pas un autre mystère.
 
Certes on est satisfait d’avoir découvert des points communs entre les deux types de phénomènes, mais on est aussi obligé d’admettre qu’il reste encore de nombreuses questions non résolues et que nous sommes encore incapables de comprendre tous les prolongements de cette affaire. Pour moi, l’étude des « AF » devrait prendre comme modèle la sindonologie, c’est-à-dire l’étude scientifique du Linceul de Turin. L’étude de cette relique sacrée a nécessité le concours de 25 disciplines scientifiques qui regroupaient des spécialistes provenant de tous les horizons intellectuels (athées, croyants, religieux, sceptiques, simples curieux). Au « chevet » du Linceul se sont retrouvés des personnes qui avaient un haut degré d’expertise dans des disciplines comme l’étude des textiles, des pollens, des poussières, des pigments picturaux, de la photographie, de l’analyse d’image, ainsi que des biologistes, des hématologues, des médecins spécialistes en traumatologie, des historiens des religions, des historiens de l’art, des physiciens pour la datation au carbone 14, et je ne cite ici que les principales disciplines concernées par l’étude du Linceul. En ce sens, l’étude du Saint Suaire est exemplaire car elle montre qu’il est possible de convoquer autour d’un même mystère des spécialistes issus d’horizons intellectuels très divers et de parvenir à des résultats d’un très haut niveau de crédibilité. Attention, je ne dis pas que les résultats obtenus dans l’étude du Saint Suaire démontrent de façon définitive et absolue que cette relique est fausse. Les difficultés entraînées par les recherches et les méthodes à mettre en œuvre sont si complexes, qu’il ne me paraît pas possible, pour le moment, de trancher dans un sens ou dans un autre. Le seul rapprochement que nous souhaitons établir entre les « AF » et le Saint Suaire, se situe au niveau de la méthodologie mise en œuvre pour approcher ce mystère : les scientifiques devraient apporter aux « AF » la même attention que celle dont a bénéficié le Saint Suaire.
 
Rappelons ce que disait Jacques Vallée à propos de Fatima : « il faut donc que nous analysions de près cette morphologie du miracle, aussi soigneusement que nous analysons les roches ramenées de la Lune ou les insectes tropicaux. Nous devons démonter cyniquement les témoignages, en chercher les points faibles, et isoler les faits de base. Alors seulement, nous pourrons discuter des motifs et des effets sur la société ». Comme le terme de sindologie a été créé pour rassembler sous un même vocable les nombreuses recherches qui ont été menées sur le Linceul, je propose celui de fatimiologie pour désigner toutes les recherches qui ont été faites, ou qui seront réalisées dans le futur, pour tenter de résoudre le mystère des « AF ». J’en conviens, le terme de fatimiologie n’est pas très élégant, mais je n’en ai pas trouvé d’autre susceptible de rassembler autour de lui toutes les thématiques des recherches liées aux « AF ». Je ne vois que celui de fatimatologie qui aurait pu lui faire concurrence. Si des chercheurs ont d’autres propositions, qu’ils sachent qu’elles sont les bienvenues.
 
Note. J’ai publié sur mon site un dossier intitulé « Matière, énergie, information, et la physique des civilisations extraterrestres » dans lequel je développe l’idée selon laquelle la civilisation extraterrestre responsable des « AF » aurait pu utiliser une technologie dérivée de la physique de l’information. Cette extraordinaire et peut-être future physique, différente de celle qui est développée par les terriens depuis l’apparition des premières civilisations ne serait pas basée sur la compréhension du couple matière/énergie mais sur celui d’énergie/information. Jacques Vallée à fait une conférence sur ce thème à Bruxelles en novembre 2011. Cet exemple montre que l’étude des « AF » pourrait faire naître de nouvelles idées dans le domaine de la physique.

Consultez le dossier sur la physique de l'information.

13) Fatima : les secrets

L’un des épisodes à la fois étrange et déconcertant des « AF », est celui qui concerne les secrets de Fatima, et plus particulièrement le fameux « troisième secret » qui a fait couler beaucoup d’encre et suscité de nombreuses polémiques depuis les apparitions, même encore aujourd’hui.

Les secrets de Fatima sont trois révélations qui ont été adressées le vendredi 13 juillet 1917 (ci-dessus : le paragraphe 2, Chronologie des « AF ») à Lucia dos Santos et ses cousins, Jacinta et Francisco Marto par une « entité » assimilée par la suite à la Vierge Marie. On a coutume d’évoquer les trois secrets de Fatima, mais il s’agit en réalité des trois parties d’une même révélation dont la dernière devait rester secrète un certain temps. Cette troisième partie ne devait être divulguée qu’en 1960 selon Lucia.
 
Rappelons brièvement que le premier secret est une vision de l’enfer, le deuxième secret enseigne le moyen de sauver les âmes de l’enfer et comment obtenir la paix. Il y est aussi question d’un possible conflit (plus terrible encore que celui de 1914/1918) sous le pontificat de Pie XI (Le pontificat de Pie XI dura du 6 février 1922 jusqu’au 10 février 1939 jour de sa mort), d’une nuit illuminée par une lumière inconnue (aurore boréale de 1938 ?), et d’une demande de consécration de la Russie au Cœur immaculé de la « Dame ». Le contenu du troisième secret est beaucoup plus hypothétique et se trouve être le centre de vives controverses. En effet, même s’il a été officiellement divulgué en 2000 par le pape Jean-Paul II, de nombreux exégètes estiment que c’est un faux. Nous n’allons pas dans ce modeste dossier examiner en détail le contenu des secrets et ajouter de nouveaux commentaires aux débats houleux qu’ils suscitent. Ce sera peut-être le sujet d’un autre dossier.
 
Contentons-nous pour le moment de proposer quelques réflexions sur un fait qui ne manque pas de surprendre le chercheur attentif si l’on admet la thèse que nous défendons ici : le contraste étonnant entre le contenu des secrets et le statut de la source sensée en être l’auteur. Ce fait remarquable et apparemment déroutant entre le contenu des secrets et l’extraordinaire prodige de la fausse « danse du Soleil » du 13 octobre, doit interpeler le chercheur. En effet, si comme nous le pensons, les « AF » ont été induites par une civilisation extraterrestre très évoluée, alors comment admettre que cette dernière se soit contentée de délivrer aux enfants des messages moralisateurs d’un si faible niveau dont le contenu se révèle relativement pauvres en informations ? L’évocation des punitions réservées aux pécheurs et les visions infernales semblent inspirées directement des représentations du Moyen Age. Ce décalage paraît choquant et il est source de confusions.
 
Malgré tout, comme nous l’avons noté plus haut, nous admettons que les « AF » font partie d’un plan minutieusement préparé. Rien n’a été laissé au hasard dans cette affaire. Aucune de ses phases n’est le résultat d’un processus aléatoire. Ce plan a été conçu depuis longtemps et il s’inscrit sur le long terme. Il implique des motivations précises en vue de résultats préalablement définis et significatifs. En conséquence, nous devons considérer que le contenu des messages (et donc celui des « secrets ») a lui aussi été minutieusement préparé et que ses implications avait été anticipées. D’un autre côté, il faut aussi envisager la possibilité que le contenu initial des secrets n’était peut-être pas tout à fait le même que celui que nous connaissons aujourd’hui. Des modifications plus ou moins importantes y ont peut-être été apportées par les censeurs de l’époque dans le but de l’« harmoniser » avec les dogmes, les principes et les croyances de l’Eglise Catholique. Même si la personnalité de Lucia, le témoin principal de toute cette affaire, laisse supposer qu’elle n’a pas pu travestir ou altérer le message initial de façon volontaire, il est en revanche possible qu’elle ait été influencée, et je n’ose pas dire « manipulée », par son entourage pour y apporter quelques aménagements. Nous ne saurons donc jamais avec certitude si ce que nous connaissons aujourd’hui des « secrets » est en tout point conforme à la réalité initiale. Si nous admettons cependant que les modifications ultérieures doivent être minimisées et que nous disposons aujourd’hui d’un texte relativement proche du contenu initial, alors se pose la question de savoir pourquoi l’auteur des « AF » a décidé de transmettre ces secrets ?
 
Une réponse possible à cette question envisage une adaptation du message aux mentalités du lieu (région reculée du Portugal) et de l’époque (début du XXème siècle). Le message devait avoir un contenu compréhensible par tous et ne pas paraître anachronique. Un message purement scientifique ou technique n’aurait eu aucune chance d’être entendu et compris par les témoins. Ce qui semble certain en revanche, c’est que l’« Agent » avait bien compris que le message devait imprégner certaines « strates » du psychisme humain autres que celles de la compréhension logique et rationnelle pour avoir toutes ses chances d’être compris, intégré, enregistré et par la suite transmis. Il semble que la tactique adoptée fut la bonne puisque presque un siècle après les « AF », le message suscite toujours l’intérêt du public et des commentateurs (des ouvrages paraissent régulièrement sur ce sujet). Enfin, notons que l’utilisation d’un « secret » qui ne doit pas être dévoilé avant une certaine date fait partie de la stratégie adoptée par l’intelligence extraterrestre. Maintenir le secret, c’est maintenir l’attente, le « suspens », et l’intérêt du public sur une longue période de temps. Il ne fait aucun doute que sans ce fameux « troisième secret », les « AF » n’auraient pas connu la notoriété mondiale qu’elles ont aujourd’hui. La tactique du secret était délibérée et faisait partie intégrante du plan. C’était, de la part de nos visiteurs, une subtile ruse psychique destinée à camoufler et à « enrober » un autre secret situé à un niveau qui ne pouvait être décodé que beaucoup plus tard.

14) Conclusion provisoire : le « quatrième secret » et la dimension spirituelle 

Comme nous l’avons constaté tout au long de ce dossier, les apparitions de Fatima posent de nombreuses questions et elles nous invitent à réfléchir sur la nature et les intentions de ce mystérieux « facteur exogène » qui en est responsable. Dans le paragraphe précédent, nous avons brièvement évoqué la question des « secrets » en montrant qu’il existait une sorte de contradiction presque choquante entre la médiocre qualité des informations délivrées par les « entités » aux trois enfants témoins et la mise en scène grandiose déployée devant une foule considérable. Que signifie ce hiatus ? Plus nous y réfléchissons et plus nous nous demandons en quoi consistent vraiment les « secrets » de Fatima ? Les vrais secrets sont-ils bien ceux qui nous sont présentés depuis dès le début comme tels ? Au-delà du troisième secret de Fatima sur lequel se sont focalisés tous les esprits jusqu’à présent, et qui n’offre pas selon nous un intérêt supérieur, n’y aurait-il pas un « quatrième secret », plus profond et plus mystérieux que tous les autres ? A cette question nous répondons par l’affirmative. En effet, il me semble que nous ne regardons pas dans la bonne direction lorsqu’il est question des secrets de Fatima. Les vrais secrets sont certainement ailleurs. Mais où sont-ils alors ?
 
La première chose qu’il est nécessaire de prendre en considération est le fait que Fatima offre plusieurs niveaux de lecture et d’interprétation. Comme pour les textes religieux et les livres sacrés en général (Bible, Coran, etc..), il existe une lecture littérale extérieure de niveau 1, mais plus profondément encore, nous avons des lectures intérieures de niveau 2, 3 et même de niveau 4 dans certains cas. En ce qui concerne Fatima, nous y décelons pour le moment au moins trois niveaux de lecture.
 
Le niveau 1  correspond à une lecture littérale des « AF ». Ce niveau suppose une lecture au premier degré, c’est-à-dire celle qui correspond à une interprétation religieuse extérieure, superficielle, et même primaire. La lecture est celle qui est proposée par l’Eglise Catholique aujourd’hui : c’est la Vierge Marie (la « Dame ») qui a délivré des messages à caractère religieux aux enfants. Ces messages étaient plus ou moins conformes aux dogmes de l’Eglise et étaient très moralisateurs (punitions sévères pour les athées, enfers). C’est le niveau immédiat qui fait coller les « AF » avec le contexte initial (Portugal du début du XXème siècle). C’est peut-être d’ailleurs la lecture que le phénomène espérait. C’était le « niveau d’entrée » si je puis dire. En tout cas, c’est le niveau 1 qui s’est vite imposé à tout le monde et qui a prévalu jusqu’à présent.
 
La reconnaissance du niveau 2  est très récente (fin du XXème siècle), et ce niveau interprète les « AF » comme étant la manifestation dans notre environnement d’une intelligence extraterrestre utilisant une technologie très supérieure à la nôtre. C’est le niveau de lecture retenu par Gilles Pinon par exemple et qui suppose que l’intelligence extraterrestre responsable des « AF » cherche à influencer ou à communiquer avec les sociétés humaines. A ce niveau de lecture, le message religieux extérieur devient très secondaire (insignifiant presque) et la problématique se déplace vers des questions plus rationnelles : origine de l’intelligence extraterrestre, type de technologie employée, avance technologique, stratégie utilisée, niveau de civilisation, contact éventuel avec cette civilisation, intentions et buts. A notre connaissance, le niveau 1 et le niveau 2 sont les deux seuls qui ont été proposés jusqu’à présent comme grilles de lecture des « AF ».
 
Cependant nous pouvons aller plus loin, et au-delà du niveau 2, il pourrait bien exister un   niveau 3 de lecture. A ce niveau, la notion de message est réintroduite, mais il ne s’agit plus d’un message religieux classique conforme aux seuls dogmes de la religion catholique (ni d’aucune autre religion d’ailleurs). Gilles Pinon avait pressenti ce troisième niveau de lecture lorsqu’il parlait de véritable « bombe à retardement » à propos des événements de Fatima. Cette « bombe » était selon lui le message implicite contenu dans les « AF ». Ce message ne pouvait être compris qu’à la fin du XXème siècle et il comportait la possibilité d’un contact avec l’intelligence extraterrestre responsable des « AF ». Gilles Pinon avait compris que l’intelligence extraterrestre savait dès le départ qu’un jour ou l’autre nous découvririons que c’est elle la vraie cause des « AF ». Partant de là, elle savait aussi que nous rechercherions l’« autre message » contenu dans ces « AF ». L’« autre message » c’est ce que j’appelle aussi le « quatrième secret », et ce secret comporte selon moi une dimension spirituelle.

15) Le quatrième secret : démonstration

Voici la démonstration que nous proposons et qui se décompose en cinq étapes :

a)  Pour comprendre l’« autre message », le « quatrième secret », ou le « niveau 3 » de lecture, qui sont finalement des expressions différentes qui désignent la même chose, il faut admettre tout d’abord que la lecture religieuse extérieure n’est pas la bonne et que les « AF » sont bien d’origine extraterrestre. Il faut aussi considérer le fait qu’en 1917, seule la lecture religieuse au premier degré pouvait s’imposer et qu’elle était même souhaitable. La lecture de niveau 2 était inimaginable à l’époque car l’étude de phénomène ovni était inexistante. Ceci est le premier point.

b)  Ensuite, si nous reconsidérons l’ensemble du dossier, nous voyons bien que l’intelligence extraterrestre cherche à nous attirer, d’une façon ou d’une, autre vers le domaine religieux et spirituel. Un constat évident : les « entités » (« Dame » ou « Ange ») ne délivrent jamais de messages ayant un caractère rationnel, scientifique, ou technique. Au contraire, l’atmosphère générale des apparitions et le contenu des messages sont largement imprégnés de religiosité, de spiritualité, et même de surnaturel. N’oublions pas aussi que Fatima est un sanctuaire réputé pour ses guérisons miraculeuses même encore aujourd’hui. Ces guérisons ont été observées dès les premières apparitions à la Cova da Iria qui a toujours été considéré comme un lieu sacré. Les guérisons sont à la fois physiques et spirituelles. Par ailleurs, la « Vierge Marie » stigmatise dans ses messages le régime communiste qui vient de prendre le pouvoir en Russie. Ses messages ne relèvent pas d’un anticommuniste primaire, mais sont au contraire une mise en garde vigoureuse contre le matérialisme et l’idéologie « anti-sacré » et « anti-spirituelle » qui sont les fondements du communisme. Le matérialisme dialectique et le matérialisme historique constituent les fondements théoriques de l’idéologie communiste. Tout montre dans cette affaire que c’est bien sur le terrain du spirituel que nos visiteurs souhaitent que nous tournions notre attention.

c) Les deux points précédents étant admis, force est de constater que si nous restons sur le terrain spirituel et que nous écartons d’emblée l’interprétation religieuse extérieure (« profane » en quelque sorte), nous parvenons à la conclusion que seule une lecture spirituelle plus élevée est possible. L’interprétation religieuse littérale n’étant vraiment pas satisfaisante et convaincante (choquante même à certains égards), elle est donc écartée. Elle devient inutile et elle contredit de toute façon le fait que nous sommes en présence d’une intelligence extraterrestre très évoluée. Cependant, même si elle est écartée, l’interprétation religieuse littérale a eu une fonction et un rôle précis à jouer dans toute cette affaire, et nous comprenons mieux maintenant le caractère délibérément pauvre et indigent des messages. C’était ce que nous appellerions aujourd’hui une sorte de « couverture ». Rappelons aussi que le contenu des messages qui sont parvenus jusqu’à nous et qui ont été délivrés par les « entités », est suspect. L’Eglise Catholique, très embarrassée par les « AF », s’est sûrement arrangée pour faire cadrer le contenu des messages avec les dogmes qu’elle professe. Le vocabulaire théologique relativement sophistiqué qui est employé dans les messages est peu compatible avec le très faible niveau d’instruction (ils étaient illettrés) des trois enfants témoins. Ils étaient incapables de le comprendre.

d) Donc, nous savons que nous devons rester sur le terrain spirituel, mais qu’il faut dépasser l’interprétation religieuse littérale qui a été créée de toute pièce pour « enrober » en quelque  sorte et préserver intact jusqu’à aujourd’hui un autre message (le « quatrième secret »). De cette façon, l’intelligence extraterrestre a voulu nous indiquer la direction dans laquelle nous devions chercher. Par ailleurs, n’oublions jamais que l’intelligence extraterrestre sait toujours que nous savons. Elle sait que nous savons. Elle connaît parfaitement nos capacités cognitives et d’analyse. Elle sait donc de façon certaine quelles sont les informations que nous pourrons décoder à un moment donné de notre analyse des faits.

e) La direction indiquée est celle d’une lecture de niveau 3. A ce niveau, il est admis que l’intelligence extraterrestre maîtrise non seulement une technologie qui est très supérieure à la nôtre, mais qu’elle a aussi atteint un haut niveau spirituel qui n’a rien à voir avec ce que nous appelons « religion » sur Terre. Cette spiritualité est directement liée au niveau de conscience atteint et n’est pas figée dans des dogmes et des rituels extérieurs. La spiritualité de l’intelligence extraterrestre n’est pas en contradiction avec son avance scientifique et technique. A ce niveau, science et spiritualité marchent « main dans la main ». Elles sont complémentaires et contribuent l’une et l’autre à l’évolution de la conscience et de la connaissance. La lecture de niveau 3 permet aussi de donner un sens général aux « AF ». Si nous nous contentons des deux premiers niveaux de lecture, on éprouve le vague sentiment qu’« il manque quelque chose » et que ce qui est présenté n’est pas le « fin mot de l’histoire » si je puis dire. On se dit confusément : « tout ça pour ça ? ». Ils veulent en venir où les extraterrestres ? C’est du moins ce que j’ai ressenti.
 
Donc, ce n’est pas suffisant de dire que les « AF » sont d’origine extraterrestre, cette constatation n’est dans le fond que la première étape vers une compréhension plus profonde. Elle est nécessaire mais pas suffisante. Le sous-titre de la nouvelle édition du livre de Gilles Pinon publiée aux Editions Interkeltia en avril 2010, est : « La plus grande opération de communication extraterrestre des temps modernes ». Cette annonce très accrocheuse (contraintes éditoriales exigent), semble toucher du doigt la réalité profonde des apparitions de Fatima. Nos visiteurs ont bien tenté de nous transmettre un message. La question est : s’ils ont voulu communiquer avec nous, qu’ont-ils cherchés à nous transmettre ? Pour nous, ce message a une portée universelle qui dépasse le simple cadre de la Religion Catholique. Il s’adresse à tous les hommes de cette planète.
Voici quelques-uns des thèmes qu’il pourrait contenir : ne gaspillez pas vos richesses, votre énergie, votre temps et vos vies dans des guerres meurtrières inutiles. Le matérialisme est une grossière erreur. Vous n’êtes pas les seuls êtres intelligents et conscients dans l’Univers. Nous connaissons les êtres humains mieux qu’ils se connaissent eux-mêmes et nous avons toujours été présents depuis qu’ils sont apparus sur la Terre. Nous sommes plus impliqués dans les affaires humaines que vous ne le pensez. Nous disposons d’une technologie qui est très supérieure à celle des humains et nous sommes capables d’accomplir ce qu’ils appellent des « miracles ». Nous sommes près de vous, et élevez-vous jusqu’à nous.
 
La conclusion finale (mais qui n’est pas la conclusion définitive) à laquelle nous sommes parvenus est que plus on étudie les faits et plus ce troisième niveau de lecture apparaît clairement et prend forme. Le plus étonnant dans le fond c’est que cette lecture de niveau 3 est logique et se déduit sans difficulté des deux précédents niveaux. En définitive, l’« autre message » est qu’il faut dépasser l’interprétation religieuse extérieure dogmatique et rigide (primaire), qui correspond à un niveau humain, pour accéder à une lecture spirituelle supérieure libre de tout dogme qui correspond au niveau « cosmique », c’est-à-dire le niveau où se situe l’intelligence extraterrestre. Ajoutons enfin que notre conclusion est provisoire. Nous sommes convaincus que d’autres informations, non encore décodées, sont dissimulées quelque part dans les extraordinaires manifestations de Fatima. Un de nos souhaits est que ce dossier ne soit pas seulement étudié par des ufologues qui sont déjà ouverts à toutes les idées qu’il expose, mais qu’il « tombe » entre les mains de chercheurs et de scientifiques qui pourraient y puiser de nouvelles sources d’inspirations et qui pourraient peut-être trouvez là l’occasion d’ouvrir leur esprit à d’autres dimensions de la réalité.

16) Documents complémentaires

- « Orthodromie et apparitions religieuses », juin 2008. Une étude scientifique de Monsieur Jean Noailly consacrée au Grand Cercle (GC) qui relierait les sites d’apparitions mariales de Fatima, Lourdes, et La Salette : http://www.lesconfins.com/FATIMA..pdf
 
- Sœur Lucie, « Les mémoires de Sœur Lucie », textes édités par le Père Louis Kondor, Introduction et notes du Père Joaquín M. Alonso. Téléchargeable au format PDF à l’adresse suivante : http://www.lesconfins.com/FATIMALUCIE..pdf
 
- Iconographie de la Vierge Marie en correspondance avec certains lieux d’apparitions :
http://www.lesconfins.com/ViergeMarie..pdf
 
- Un court dossier sur l’ « Ange de la Paix » qui se présenta devant les trois enfants au printemps 1916 et leur dit : « Ne craignez pas, je suis l’Ange de la Paix. Priez pour moi ». L’Ange avait l’apparence d’un jeune garçon de 15 ans environ, son corps était d’un blanc pur que le soleil rendait transparent comme s’il était en cristal :
http://www.lesconfins.com/AngePaix..pdf
 
- Les 24 première pages du livre de Louis Picard intitulé « Les photos des miracles de Notre Dame de Fatima », publié aux éditions Le Jardin des Livres. Ce fichier PDF est offert par Le Jardin des Livres : http://www.lesconfins.com/photosfatima.pdf
 
17) Les principales études en langue française sur Fatima.
Les principales études accessibles en langue française qui associent les « AF » au phénomène ovni et à une intervention extraterrestre :
 
Paul Misraki, « Les extraterrestres, Des Signes dans le Ciel », Editions Robert Laffont, collection « Les Portes de l’Etrange ». Cette publication est la reprise d’un ouvrage précédent intitulé « Les extraterrestres » et qui avait été publié chez Plon en 1962 sous le pseudonyme de Paul Thomas.
 
Jacques Vallée, « Le collège invisible », préface d’Aimé Michel, Editions Albin Michel, publié en 1975 et ensuite réédité en livre de poche chez « J’ai lu », n°A387, collection L’Aventure mystérieuse.
 
Gilles Pinon, « Fatima, un ovni pas comme les autres ? », Editions Osmondes, publié en octobre 2002. « Fatima, un ovni pas comme les autres ? » a été réédité sous le titre « Le Miracle de Fatima, la plus grande opération de communication extraterrestre des temps modernes », publiée aux Editions Interkeltia en avril  2010.
 
Christel Seval, « La Vierge et les extraterrestres, ufologie et théologie », publié en septembre 2007 aux Editions JMG, collection Science Conscience.
Fina d’Armada et Joaquim Fernandes (auteurs), « Fatima, ce qui se cache derrière les apparitions », préface de Jacques Vallée, Edition le Mercure Dauphinois, publié en mai 2010.
 
- Nous conseillons le site Internet partisan de la thèse religieuse, « Notre Dame de Fatima », qui est très bien fait. Il expose de façon claire et précise toute la chronologie des événements avec le détail des dialogues entres les trois enfants et la « Dame » ou l’« entité » : http://www.fatima.be/fr/fatima/index.html