Quand l'Amérique écoute le monde !


Les Etats-Unis "espionnent" la planète depuis la fin des années 80.

Le logo officiel du système d'écoute US, Prism. Sa forme n'est pas classique et certains voient dans le prisme de cristal à gauche, la représentation schématique d'un appareil volant non covnetionnel, sur un fond de ciel noir. Les Black Programs américains sont parfois dotés de logos destinés à susciter étonnement et questionnement. Peut-être le cas ici !
Le écoutes américaines de la France et de l’Europe, par les services de renseignement US, n’en finissent pas de défrayer la chronique. L’affaire Prism prend un tour judiciaire en France. Deux associations des droits de l’homme ont déposé  plainte ce début juillet 2013 à Paris, dans l’affaire d’espionnage des communications électroniques mondiales par l’agence de sécurité américaine NSA, selon l’AFP qui cite une source proche du dossier. Cette plainte, qui vise des sociétés comme Google, Yahoo ! ou Apple, va être déposée par la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH) et la Ligue des droits de l’Homme. 

Dans le même temps la Russie annonce que pour contrer certaines écoutes, ses services se rééquipent avec des machines à écrire. Après les révélations de l'informaticien américain Edward Snowden, l'un des services spéciaux russes a décidé d'acheter des machines à écrire pour taper des documents secrets, écrit jeudi 11 juillet le quotidien Izvestia. Le FSO, service fédéral de protection, issu de l'ancien KGB, a lancé un appel d'offres pour l'achat de vingt machines à écrire. Soit dit au passage il est possible « d’écouter » et de pirater des machines à écrire ! Dans les années 70 des systèmes d’écoute sophistiqués repéraient que chaque lettre frappée sur un clavier produit un son différent. Il est possible en écoutant une bande son de saisies sur un clavier, via un logiciel spécialisé, de savoir quelles lettres ont été utilisées dactylographiquement et ainsi de reconstituer les mots qui ont été composés ! La technologie permet de tout faire !

Les récentes « révélations » sur l'espionnage d'institutions de l'Union européenne et d'États européens par les États-Unis ont provoqué une réaction musclée du président de la République. La presse française, notamment, s’est offusquée de ces écoutes de la N.S.A. (National Security Agency), via le programme Prism .

Edward Snowden, ex-consultant de la NSA, a dénoncé ce programme ; les périodiques The Guardian et The Washington Post ont signalé son existence le 6 juin 2013. PRISM est utilisé en conjonction avec le Upstream Program par les autorités de sécurité américaines. 

Le monde politique et une partie du monde journalistique semble découvrir que notre allié, l’Amérique, nous « espionne » via des écoutes des conversations téléphoniques et des lectures de mails. Les faits sont connus des spécialistes depuis longtemps.

L’écrivain Jean-Claude Sidoun dénonçait la manœuvre dès 2005 dans son livre « Ovnis, guerre froide, le grand jeu ». Il écrit notamment « des sommes colossales sont allouées régulièrement au NRO (National Reconnaissance Office), à la CIA et à la NSA. Les investissements de ces trois agences se chiffrent en milliards de dollars dans le cadre de programmes classifiés ». Un peu plus loin, il rajoute : « Echelon représente à lui seul un dispositif titanesque dont la mission principale est de mettre la planète sous écoute. Rien qu’aux Etats-Unis, il accapare 38 000 personnes. Il est doté d’un confortable budget annuel de 3,6 milliards de dollars, sous l’égide de la N.S.A. De son côté le département britannique du dispositif Echelon emploi 15 000 personnes sous le sigle GCHQ (Governement Communication Headquaters). Il dispose d’un budget de 730 millions de livres sterling et d’installations ultrasecrètes fonctionnant en régime semi-automatique ». Jean-Claude Sidoun passe ensuite en revue les installations alliées au programme Echelon, implantées au Canada, en Australie et en Nouvelle Zélande. Montrant l’ampleur planétaire du système d’écoute US.  Les autorités européenne, à la fin des années 90, demandaient des explications : « Conscient et soucieux de cette désobligeante pratique, le Parlement Européen avait déjà demandé en 1998, à Duncan Campbell, - qui dès 1988 avait révélé l’existence d’un vaste réseau d’écoute et d’interception électromagnétique couvrant l’ensemble de la planète – de lui faire un rapport détaillé sur Echelon. Les révélations de ce spécialiste étaient déconcertantes. Echelon servirait essentiellement et pratiquement à espionner tous les Etats de l’Union Européenne, excepté bien sûr, le Royaume Uni ». Point essentiel, relevé par Jean-Claude Sidoun, quelques paragraphes plus bas : « Les services de renseignements américains, opérant avec un parfait ostracisme espionne les plus fidèles alliés des Etats-Unis ». 

Il est donc très étonnant de voir que l’opinion découvre en 2013, comme quelque chose de nouveau, une pratique du renseignement qui dure depuis des décennies. La question est : quelle raison politique pousse maintenant nos responsables étatiques à s’offusquer ? Peut-être pensaient-ils, avant la fuite d’Edward Snowden que le gouvernement US avait cessé ces pratiques. Elles entrent dans un processus de fonctionnement qui n’émeut personne aux Etats-Unis. Depuis les attentats du 11 septembre l’Amérique a renforcé son action d’espionnage mondial. Gageons que quelques explications diplomatiques seront données par les américains, mais que le système Prism continuera pour des questions de sécurité nationale américaine et que personne ne pourra s’y opposer directement. L’affaire Snowden aura simplement permis de remplacer le nom d’Echelon par Prism, montrant que ce dernier est très sophistiqué, ayant sa propre structuration et son propre logo. Ce dernier est d’ailleurs énigmatique, par sa forme non conventionnelle et le prisme visible à l’intérieur qui semble suspendu en l’air, tel un vaisseau spatial. Les Etats-Unis possèdent 17 agences de renseignement. Même si le programme Prism devait s’arrêter, avec le bruit médiatique fait autour depuis quelques semaines, il n’y aurait aucun obstacle à remonter un autre système, vu la place que le renseignement tient dans l’organisation politique américaine.


Jean-Pierre TROADEC
Source de l'article :  Institut des Hautes Etudes de Défense Nationel Région Lyonnaise

Focus :
 
Echelon est un nom de code utilisé pendant de nombreuses années par les services de renseignements des États-Unis, pour désigner une base d'interception des satellites de télécommunications commerciaux. Par extension, le réseau Echelon désigne le système mondial d'interception des communications privées et publiques (SIGINT), élaboré par les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande dans le cadre du traité UKUSA.
 
Prism, officiellement US-984XN, est un programme de surveillance électronique américain de collecte de renseignements à partir d'Internet et d'autres fournisseurs de services électroniques. Ce programme classé, relevant de la National Security Agency (NSA), prévoit le ciblage de personnes vivant hors des États-Unis 10. PRISM est supervisé par la United States Foreign Intelligence Surveillance Court (FISC) conformément au Foreign Intelligence Surveillance Act (FISA).
 
Black Programs : il s'agit de programmes de recherches top secret du gouvernement américain touchant la recherche, l'expérimentation et la mise en service, notamment, d'avions furtifs. Le plus connu reste le F117 A, avion triangulaire, sans signature radar importante. Il fut utilisé par l'armée américaine en Iraq, pour la première fois. Ces prototypes secrets seraient testés dans la fameuse base de la zone 51. Elle est d'ailleurs mentionnée dans le très sérieuse "Encyclopédie du renseignement et des services secrets" - collection Renseignement Histoire & Géopolitique - éditions Lavauzelle, de Jacques Raud, ancien membre des services de renseignement suisses, expert en politique de sécurité. Il écrit au sujet de la zone 51 : "située près de Groom Lake au nord de Las Vegas, dans le Névada. Elle est tenue secrète par les autorités américaines. Elle sert probablement au développement de nouvelles technologies, comme les technologies furtives. Elle abriterait des restes d'objets volants non identifiés". Sic !