Du GEPAN au GEIPAN


En France, un organisme dénommé GEIPAN (groupe d'études et d'informations sur les phénomènes aérospatiaux non identifiés), est créé en 2005 et rattaché au CNES (centre national d'étude spatiale) de Toulouse.  Yves Sillard prend la tête du comité de pilotage. Ce qui donne plus de crédibilité au sujet. Le GEIPAN succède au SEPRA, dissous en 2004.En première mondiale, le 22 mars 2007, le CNES a mis en ligne ses archives relatives aux dossiers liés à l'étude des Ovnis et autres phénomènes aérospatiaux non identifiés (PAN). Mais avant le GEIPAN, il y avait le GEPAN (Groupe d'étude des phénomènes aérospatiaux non identifiés).

Créé en 1977 sous l'impulsion de Claude Poher (scientifique français, membre du Centre national d'études spatiales. Il est ingénieur en recherche spatiale et en électronique et détient d'un doctorat d'astronomie-astrophysique et est de plus membre de l'Académie internationale d'aéronautique), le GEPAN avait pour but de réaliser des études sur le phénomène OVNI et de coordonner les rapports de la gendarmerie nationale, de l'Aviation civile, de l'Armée de l'Air et Météo-France en la matière. Il est remplacé en 1988 par le SEPRA (Service d'Expertise des Phénomènes de Rentrées atmosphériques) qui fut à l'initiative de Jean-Jacques Velasco.

Yves Sillard est diplômé de l'Institut Polytechnique et de l'École Supérieure d'Aérotechnique Il devient plus tard ingénieur général de l'Armement au Centre d'Essais en Vol, puis nommé au Secrétariat général à l'Aviation civile comme responsable du programme Concorde.
Ensuite, il occupa le poste responsable de la construction du Centre spatial guyanais puis chargé du développement du programme du lanceur Ariane.

Il dit lors de l'une de ses interviews accordées à Radio France International en 2005 : " ils consacrent (les USA), j'en suis persuadé, des efforts d'investigation très supérieurs à ceux de tout autre pays - ils pratiquent une politique délibérée et savamment orchestrée de désinformation. C'est la désinformation totale... Alors dans quel but ? Est-ce que c'est une crainte de voir leur suprématie remise en jeu si un jour on se trouvait face à une civilisation extérieure beaucoup plus avancée... Est-ce que c'est un souci de garder pour eux un acquis potentiel de technologie... on en... ou toute autre explication, on n'en sait rien ".

Publié le 10/05/2013 par IHEDN

Un représentant de l'Armée de l'Air et un de la Gendarmerie Nationale siègent au Comité de Pilotage du GEIPAN
Xavier PASSOT est ingénieur au CNES, l'agence spatiale française. Il est responsable du GEIPAN (Groupe d'Etudes et d'Informations sur les phénomènes aérospatiaux non identifiés  depuis le 1er juillet 2011. En exclusivité il a accepté de répondre à nos questions. Propos recueillis par Jean-Pierre TROADEC, Auditeur de l'IHEDN, Chef d'escadron (RC) Gendarmerie nationale.

Interview de Xavier Passot

Q : Pouvez-vous nous présenter le GEIPAN et ses missions en quelques mots, incluant votre classification de cas ?

R : Le GEIPAN est un des très rares organismes mondiaux s'occupant de PANs qui soit public et civil (on peut citer aussi le CEFAA du Chili). Né de l'initiative de quelques ingénieurs du CNES (Claude Poher) en 1977, puis approuvé par la direction du CNES (Yves Sillard), il a eu successivement plusieurs visages : d'abord pionnier de l'ufologie (1) scientifique, mais avec des résultats jugés décevants, il a été ensuite réduit au SEPRA avec trop peu de moyens pour faire face aux enjeux. Enfin, en 2005, sa mission s'est élargie à l'information du public. C'est aujourd'hui sa principale mission : répondre aux cas d'observation étranges avec le maximum de pertinence et de transparence. La classification d'un cas nécessite l'évaluation d'une part du degré de consistance, d'autre part d'une degré d'étrangeté.
Un témoignage unique après une nuit de veille sera jugé de consistance faible ; un témoignage unique très précis sera jugé moyen, ou  fort s'il est associé à une photo de bonne qualité. Plusieurs témoins indépendants, et/ou des enregistrements photo ou vidéo, et/ou des traces au sol feront un cas très consistant.
Les PAN (Phénomènes Aérospatiaux Non identifiés) sont regroupés en 4 catégories :
    PAN de catégorie A : Observation ayant été expliquée sans aucune ambiguïté
    PAN de catégorie B : Observation pour laquelle l'hypothèse retenue par le GEIPAN est très probable
    PAN de catégorie C : Observation non exploitable faute d'informations fiables
    PAN de catégorie D : Observation inexpliquée malgré les éléments en possession du GEIPAN. La catégorie D a été scindée en 2007 en deux sous catégories :
        Les PAN D1 qui correspondent à des phénomènes étranges, mais de consistance moyenne.
        Les PAN D2 qui correspondent à des phénomènes très étranges et de consistance forte. Parmi les cas classés depuis 2007, il n'y a pas eu de cas D2.

Q : En 2013 le GEIPAN représente quel budget de fonctionnement et combien de collaborateurs directs compte-t-il ?

R : L'essentiel du budget est le coût de deux agents CNES à plein temps et de deux contractants ; les frais de déplacements de l'équipe, et depuis 2013 des enquêteurs, quelques coûts de maintenance ou opérations informatiques, quelques frais d'impression représentent le reste.

Q : Le GEIPAN s'entoure-t-il de scientifiques, de consultants ? Comment fonctionne cette collaboration ? Combien sont-ils, dans quelles disciplines ?

R : Le collège d'experts du GEIPAN est composé d'une vingtaine de bénévoles multidisciplinaires et scientifiques, qui examinent les cas d'observation les plus complexes qui leur sont soumis. Ils exercent aujourd'hui les professions suivantes :

Contrôleur aérien
Pilote Commandant de Bord
Expert Propulsion
Astronome, Physicien (électromagnétisme)
Historien, Anthropologue
Ingénieur télécom
Biologiste des hôpitaux
Psychologue
Archéologue
Sociologue
Médecin physiologiste
Expert image
Physicien des plasmas
Officier  Bureau Renseignement
Ecrivain scientifique/Physicien
Expert Biologiste
Radioastronome
Psychologue
Biologiste
Physicien : Champs électriques/magnétiques
Physicien : Etude de la foudre

Les experts scientifiques sont réunis par le GEIPAN une ou deux fois par an pour statuer définitivement sur la classification des phénomènes observés, et pour échanger diverses informations sur l'activité du GEIPAN.

Q : Quelle est la nature des accords signés entre le GEIPAN, l'armée de l'air, la gendarmerie, la police nationale et l'aviation civile ? L'armée de terre et la marine sont-elles concernées aussi ?

R : Plusieurs entités de la Défense Nationale interviennent à plusieurs niveaux dans le fonctionnement du GEIPAN, d'une part comme observateurs des phénomènes relatés en France, d'autre part comme pourvoyeurs d'information pour les enquêtes :

    Un représentant de l'Armée de l'Air et un de la Gendarmerie Nationale siègent au Comité de Pilotage. Comme tous les membres du Comité, ils sont informés du fonctionnement et des résultats du GEIPAN , et  ils peuvent donner des recommandations au responsable du GEIPAN.
    Le GEIPAN peut demander à l'Armée de l'air des traces radars au dessus des lieux d'observation de PAN.
    La Gendarmerie Nationale a renouvelé en 2011 une convention avec le GEIPAN qui prévoit une transmission des procès-verbaux signalant des PAN. L'enquête de gendarmerie, d'initiative ou initiée par le GEIPAN suite à un contact qu'il reçoit, permet de crédibiliser le témoignage recueilli et de dresser un environnement. Le GEIPAN reçoit la procédure directement et décide des suites à donner. Le GEIPAN informe la Gendarmerie des résultats de ses investigations, et de la conclusion sur le cas.
Nous préparons avec la Police Nationale un protocole qui permettra d'enregistrer les témoignages de PAN comme "mains courantes". Ni la Gendarmerie Nationale, ni l'Armée de l'Air, ni aucune entité de la Défense Nationale, n'interviennent dans les décisions de classement ou de publication des cas d'observation. Ces décisions sont prises in fine par le responsable du GEIPAN.

Q : combien de cas vous sont transmis chaque année et par quels services ?

R : Nous avons reçus en 2010 : 196 témoignages formels, en 2011 : 143, en 2012 : 185 (dont une quarantaine de PV de gendarmerie).

Q : Les rapports privés des ufologues sont-ils pris en compte ? Pourquoi ?

R : Afin de ne traiter que de l'information sûre, le GEIPAN ne traite que des témoignages "de première main" et exige que ce soit le témoin lui-même qui soit à l'initiative du témoignage.

Q : Quel est le cas le plus étrange, sans explication trouvée à ce jour, sur lequel le GEIPAN a enquêté depuis sa création ?
R : Ce sont encore les cas emblématiques de Trans-en-Provence (2), du cas "L'amarante" (3) qui restent de mon point de vue les plus étranges, bien que n'étant finalement pas si consistants, du fait de l'unicité des témoignages.

Q : En octobre 2007, dans l'Ain, à Chatillon-sur-Chalaronne se déroule en plein jour et à basse altitude un cas d'observation de PAN, avec plusieurs témoins et une série de clichés. Aucune explication rationnelle ne semble présente. Pouvez-vous nous parler de ce cas et des conclusions des experts ?

R : Ce cas fait partie des centaines de cas non clos qui ont constitué mon "héritage" laissé par mes prédécesseurs, héritage que je m'active à réduire petit à petit. Compte tenu des informations disponibles, l'enquête réalisée conforte l'hypothèse d'un ballon dont le type, l'origine et la provenance restent à déterminer. On note une bonne similitude de forme avec le modèle de ballons créé par le brésilien Tura. Un de ces ballons, récupéré le 21 aout, aurait pu avoir été lâché dans la région le 2 octobre. Mais la couleur, les reflets, et surtout la durée du vol conviennent mieux avec l'hypothèse d'une grappe de petits ballons de foire en mylar, qui aurait échappé à son propriétaire.

Q : Aujourd'hui plusieurs informations circulent, sans sources précises, indiquant qu'il existe en France un service de renseignement officiel qui enquête sur le sujet des PAN, soit à l'insu du GEIPAN, soit en parallèle. Quel est votre avis sur cet aspect des choses ? Qu'en est-il exactement ? Y aurait-il des informations/rapports officiels qui pourraient ne pas vous parvenir ? Pourquoi ?
R : Ceux qui avancent ce type d'information devraient pouvoir prouver ce qu'ils avancent ! Par contre, je ne peux évidemment pas prouver que certains dossiers ne m'arrivent pas ! Bien que le sujet des PAN soit relativement pris au sérieux par la Défense nationale en France, je pense toutefois qu'il n'est pas considéré par la Défense comme un sujet sensible, ni soumis au secret. Il l'a été dans les années 50, avec plus ou moins de rigueur, mais ce temps est révolu. De plus, dans la société actuelle, avec les moyens du web, j'imagine mal comment le gouvernement pourrait cacher une information qu'un individu quelconque cherche à diffuser ! Les révélations périodiques de Wikileaks ou autre sont une preuve éclatante de cette affirmation.

Q : Certains auteurs avancent que l'Elysée, certains Ministères comme l'Intérieur ou la Défense, voire certains services de renseignements comme la DGSE ou la DCRI pourraient avoir des informations sur les PAN sous l'angle de la Défense nationale. Que répondez-vous et quel est votre avis ? Un département de ces organismes pourrait-il se pencher sur les PAN si certaines données pouvaient avoir un lien avec une menace des intérêts français ?

R : Je n'ai aucune raison de penser que ces services accordent un très grand intérêt au sujet des PAN : si c'était le cas, je devrais, au minimum, recevoir de leur part des demandes périodiques d'informations sur les cas en cours, ce qui n'est pas le cas.

Q : En 2013 comment expliquer au public qu'au sein du CNES un groupe étudie les sujet des PAN ?

R : Il s'agit essentiellement de répondre aux interrogations de la population, et de tenter de comprendre ces phénomènes étranges : c'est une mission régalienne à laquelle le CNES a mission de répondre.

Q : Quelle est votre hypothèse sur la nature exacte des PAN, et en particulier sur les cas n'ayant reçu aucune explication ?
R : Beaucoup de cas inexpliqués sont en fait peu consistants, dépendants le plus souvent d'un seul témoignage humain ; ceci laisse la porte ouverte à de multiples hypothèses de nature psychosociologique. Il reste toutefois quelques cas troublants. Le scientifique ne peut qu'acter l'énigme. Les hypothèses non consolidées sont multiples, l'hypothèse extra-terrestre en est une parmi d'autres.
Source :
IHEDN