Deux enquêtes ratées


Ces deux enquêtes loupées de peu m’ont laissé une certaine amertume (surtout la première) mais c’est ainsi et on ne peut pas y faire grand-chose (Eric Zurcher).
 
I) LE TIR AVORTE
 
En 1975-76 J’avais un excellent ami qui tenait une librairie ésotérique pas très loin de chez moi. Jean-Michel avait vécu longtemps aux Indes et était l’élève d’un maître très connu dans son pays. C’était quelqu’un de posé et inspirant tout de suite la confiance, doté d’une forte empathie naturelle. Sa librairie était très fréquentée et j’y ai même effectué une exposition de peinture pendant un mois. Elle a fermé au début des années 80 et j’ai perdu de vue Jean-Michel qui s’est marié et est retourné aux Indes.
Un jour de 1976, il me laisse un message me demandant de passer en urgence, ce que je fais. Je le trouve très excité car il vient de discuter avec un homme qui lui a relaté une aventure vécue quelques années auparavant : une RR3. L’homme était apparemment très traumatisé et transpirait abondamment dans sa relation. Il a refusé de décliner son nom, son adresse, le lieu exact où l’observation s’est déroulée, hormis quelques indications très générales.
Voici le récit tiré de ce que m’a rapporté Jean-Michel.
 
Lieu : Sud-Ouest de la France.
Date : 1972, possiblement l’été.
Heure : nuit noire.
 
Ce Monsieur passait ses vacances dans une résidence secondaire qu’il possédait dans le Sud-Ouest. La journée avait été très pluvieuse et il était cantonné chez lui quand soudain, il entendit un grand bruit, comme une forte « éclaboussure ». Intrigué par ce bruit, il sortit de chez lui et observa et aperçut immédiatement dans un champ voisin, à une dizaine de mètres seulement, une sphère lumineuse rouge d’environ 4 mètres de diamètre.
Il ressentit alors comme un malaise, l’impression d’une « présence » et il se tourna légèrement.
Il aperçut alors trois ou quatre petits êtres chauves, barbus, aux visages « grimaçants ». Ils étaient tous revêtus de combinaisons sombres (de vêtements sombres d’un seul tenant) et présentaient un aspect général assez effrayant.
Pendant de longues secondes, ils fixèrent le témoin dans la plus parfaite immobilité. Le témoin se tenait tout aussi immobile et « fasciné » par leurs regards.
Finalement, il parvint à tourner les talons et à se précipiter chez lui, complètement paniqué.
Il s’empara alors d’un fusil et ressortit pour se ruer à l’endroit où il se trouvait précédemment. A ce moment, il vit les êtres qui se déplaçaient rapidement vers la sphère rouge à l’autre extrémité du terrain. Il épaula avec la ferme intention de tirer sur eux mais il s’en trouva subitement incapable, dans l’impossibilité de faire le moindre geste et d’appuyer sur la gâchette.
Les êtres réintégrèrent alors rapidement la sphère et  celle-ci décolla à grande vitesse.
Après sa disparition, le témoin récupéra progressivement sa motricité et rentra chez lui bouleversé. Les nuits suivantes furent très agitées et il a avoué avoir connu par la suite des sortes de « séquelles ». Ce traumatisme ne l’avait visiblement pas quitté plusieurs années après, puisque lors de sa relation il transpirait abondamment et était selon Jean-Michel d’une pâleur extrême.
Il a dit qu’il reviendrait peut-être un jour pour me rencontrer ; mais il n’est jamais revenu.
 
Remarques :
 
Cette affaire est énorme et je l’ai ratée à moins d’une heure !
Elle comporte beaucoup d’ingrédients bien connus et que je ne vais pas lister.
Beaucoup de questions intéressantes restent naturellement sans réponses.
Les être décrits me paraissent offrir des similitudes avec ceux observés à Cussac. Enfin, il me semble que quelques éléments sont également communs à l’affaire du Bois des Prannes.
En consultant la météo dans le S-O à cette époque, il y aurait une faible chance de cibler une date plus exacte, à condition que cette affaire se soit bien déroulée en été.

II) CRISE DE PANIQUE DANS LA VOITURE

Le hasard est curieux parce qu’elle est parvenue à ma connaissance exactement de la même manière, par une amie bouquiniste.
Un jour de 1991, Isabelle qui tenait une bouquinerie (Le Lutrin, rue d’Alger, à Nice) me téléphone et me raconte une drôle d’histoire.
Elle venait de discuter avec un client qui lui avait relaté un épisode effrayant survenu dans l’arrière-pays niçois quelques mois auparavant.
Le témoin qui était géologue (amateur ?) était parti faire de la randonnée dans la montagne en compagnie de son amie. Ils avaient beaucoup trainé et ne parvinrent à leur voiture, (une 4L mais je ne suis pas sûr) alors qu’il faisait déjà nuit. Celle-ci avait été laissée au bout d’une piste escarpée, à ras de la montagne et dans un lieu particulièrement désertique. Ils étaient dedans et s’apprêtaient à repartir doucement, moteur en marche, quand celui-ci s’éteignit et soudain une lueur aveuglante les illumina ainsi que les alentours.
En penchant la tête, il eut la nette impression qu’une masse se tenait au-dessus du véhicule et que la très forte lumière en provenait, comme de plusieurs phares.
Lui-même était terrorisé et n’entendait pas sortir de la voiture, d’autant que son ami faisait une véritable crise de panique, hurlait et commençait à se taper contre les vitres et le devant. Il s’employa donc à l’enlacer pour la maîtriser et quelques secondes se passèrent ainsi.
Finalement la lumière violente s’éteignit et le calme revint à l’intérieur. La voiture accepta de démarrer, et ils partirent sans se retourner.
La fille est restée visiblement marquée par l’aventure car elle a depuis refusé de retourné dans la montagne, même de jour.
La fin est la même : le témoin qui n’a pas voulu décliner son identité ne revint jamais au magasin, et tous mes efforts pour le retrouver sont restés vains à ce jour.
 
Remarques

Ce cas impressionnant est assez classique de ce genre de rencontres à haute valeur émotionnelle. On ne peut guère en dire plus faute d’enquête. Il s’agit ici d’un simple récit obtenu de seconde main.
Mais quel dommage que de telles expériences se perdent…