Découverte d’oxygène dans l'atmosphère de la comète Tchouri

La sonde européenne Rosetta a découvert de l’oxygène en abondance dans l’atmosphère de la comète Tchouri.
 
Les scientifiques pensent qu’il faudra peut-être revoir les modèles sur la formation du système solaire
 
Cet oxygène moléculaire (O2) pourrait être plus ancien que notre système solaire, a précisé l’étude publiée mercredi dans la revue britannique Nature.
 
C’est la première fois que l’on trouve du dioxygène - plus couramment appelé oxygène moléculaire - dans une comète, même s’il a été détecté dans d’autres corps célestes glacés comme les lunes de Jupiter ou de Saturne.
 
« C’est la découverte la plus surprenante que nous ayons faite sur la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko jusqu’à présent », s’est enthousiasmée Kathrin Altwegg, de l’université de Berne (Suisse), lors d’une conférence de presse téléphonique liée à la parution de ses derniers résultats dans Nature le 28 octobre.


« Ce qui est également particulièrement surprenant, c’est l’abondance de cet oxygène. On en trouve une grande quantité, jusqu’à 10 % de la vapeur d’eau, ce qui est dix fois plus que dans le milieu interstellaire », explique Olivier Mousis au média Le Monde, cosignataire de l’article au Laboratoire d’astrophysique de Marseille. « Et c’est la galère pour l’expliquer ! », ajoute le chercheur.

« Le problème est que les modèles chimiques ne parviennent pas à piéger autant d’oxygène que ce que l’on trouve », estime Olivier Mousis.


« Ce résultat est vraiment intéressant. Il faut sans doute reprendre des expériences de laboratoire pour mieux étudier le phénomène de radiolyse et voir si, en modifiant quelques paramètres, on ne peut pas créer de l’oxygène sans ozone par exemple, se demande Kevin Hand, du Jet Propulsion Laboratory (Californie). C’est une énigme magnifique. C’est comme cela que la science avance ! ... C’est un débat intéressant, car il concerne l’histoire de notre système solaire. Il s’agit de savoir ce qu’il reste aujourd’hui du milieu interstellaire très primitif par rapport à la phase suivante du disque protosolaire », estime Alexandre Faure, de l’Institut de planétologie et d’astrophysique de Grenoble.
 
Lors de la conférence de presse téléphonique, Kathrin Altwegg a aussi averti ceux qui recherchent de la vie extraterrestre quelque part dans l’univers en traquant l’oxygène qu’ils risquaient d’être déçus : « Cette détection inattendue d’O2 [autour d’un corps inerte] montre que cette molécule n’est peut-être pas un bon indice de la présence de vie. »