Faux scoop sur les crânes de l’antarctique


Publié 03/04/2014


Cet article a pour vocation principale de prévenir nos lecteurs sur les tentatives de pollution par des soi-disant scoops sensationnaliste dont le but est de soit réaliser un véritable BUZZ (qui rapporte parfois des sommes d’argents considérable grâce à la publicité), décrédibiliser le sujet, ou semer le trouble dans l’esprit des internautes grâce à la désinformation amplifiante (voir définition en bas de page).

Comme nous le répétons souvent, il existe déjà assez de faits extrêmement troublants qui démontrent de l’existence d’un phénomène exotique, sans avoir besoin de nous en inventer d’autres. Surtout lorsqu’ils sont le fruit d’ « esprits imaginatifs ».

Soyons sélectifs et exigeants en termes de sources ! L’étude de ce phénomène mérite mieux que toutes ces divagations que, malheureusement de nombreux autres médias reprendront pour tout simplement vendre du sensationnel.

D’après une publication du site Americanlivewire, en date du 2 avril 2014, un archéologue du Smithsonian, Damian Waters, et son équipe ont découvert trois crânes allongés dans la région de La Paille, dans l’antarctique.

L'article affirme que cette découverte monumentale aurait choqué les scientifiques étant donné que ces crânes seraient la première preuve de l'homme dans l'Antarctique.
 
« Nous n’arrivons pas à y croire ! Nous n'avons pas trouvé juste des restes humains dans l'Antarctique, mais des crânes allongés ! Je dois me pincer chaque fois que je me réveille et ne réalise toujours pas ! Cela devrait redéfinir notre vision de l'histoire de l'humanité tout entière ! », explique avec enthousiasme M. Waters
 
L’article en question ajoute : « Ces crânes allongés sont beaucoup plus grands que les crânes humains. La déformation crânienne intentionnelle peut changer la forme du crâne, mais ne peut pas augmenter son volume. En outre, ces crânes ont quelques autres caractéristiques physiques très importantes qui les rendent si particuliers ».
 
L'article conclut en posant la question de savoir si ces crânes seraient d’origine extraterrestre.
 
Avant d'explorer la possibilité d'une origine exotique du phénomène, il existe plusieurs autres MAJ de cet article qui soulèvent bien des questions. Pour commencer, environ 98% du continent de l'Antarctique est recouvert de glace, avec de nombreuses stations de recherche, situées hors des villes, et il est donc difficile de savoir où se situe La Paille. L'article ne cite jamais de source concernant cette percée scientifique majeure. En plus, il n'est pas fait mention d'une telle découverte sur la « Smithsonian Newsdesk », ni du présumé l'archéologue Damian Waters sur le site « Smithsonian ».
 
Un article avec des informations similaires a été publié sur WorldNewsDailyReport.com le 12 février 2014.
 
Les deux articles, rapportant cette découverte majeure dans l'Antarctique, possèdent la même photo des trois crânes allongés.

Trois crânes allongés trouvés en Antarctique
(Crédit: Marcin Tlustochowicz / Wikimedia Commons)


On peut lire sur la légende située sous la photo du site Americanlivewire, le descriptif "Trois crânes allongés trouvés en Antarctique."

Cependant, il est important de noter que cette image de crânes allongés, soi-disant nouvellement découverts, correspond exactement à celle du musée régional d'Ica au Pérou.
La photo a été prise par Marcin Tlustochowicz et téléchargée sur Wikipedia en 2008.
Il s’agit donc d’une incohérence flagrante.
 
Il est possible qu’une telle découverte ait été réalisée et cela est entièrement concevable. Par contre elle est, concernant ce cas, extrêmement peu probable étant donné le manque de preuves étayant les allégations formulées dans les deux petits articles.

(Selon la définition de Wikipédia, La Smithsonian Institution est une institution de recherche scientifique, créée sous l'égide de l'administration américaine en 1846. Elle a au fil des années développé ses vocations éditoriales, muséographiques, pédagogiques et éducatives. Le Smithsonian Institut est associé aujourd'hui à un vaste complexe de dix-neuf musées et neuf centres de recherche principalement situés à Washington, gérée par son organisme fondateur, le gouvernement fédéral américain.
 
Un magazine mensuel, publié par l’institution, est également appelé Smithsonian.)

Rappelons la définition de ce qu’est la désinformation amplifiante :
 
Elle présente le phénomène comme plus présent, plus affirmé, plus menaçant ou plus prometteur, qu'il ne l'est en réalité. Elle offre ou impose des visions d'ensemble facilement assimilables qui , d'une manière générale, font appel aux sentiments, à l'ignorance, au besoin de détenir des vérités et de pouvoir afficher des convictions fortes. Ce type de désinformation vise les "braves gens" avec des connaissances modestes et l'esprit critique incertain. Elle permet d'agir à grande échelle et ne trompe en fin de compte qu'une clientèle assoiffée de sensationnel et de croyances irrationnelles que la réalité des choses intéresse peu.